One-on-One

Tony Parker qui prend sa retraite ? L’occasion parfaite pour vous offrir les quelques mots d’un fan… qui ne serait pas là sans lui

enfant

Lève la main si tu te reconnais.

Source image : educanimando.com

C’est donc le 10 juin 2019 que la nouvelle est tombée, mettant dans l’embarras un bon paquet de petits fans de la NBA des années 2000. Un peu comme si votre maîtresse de CM2 tirait un trait sur 40 années d’enseignement, laissant derrière elle des centaines d’élèves s’étant construits grâce à sa douce voix et son sens de la pédagogie. Tony Parker ne symbolise pas la NBA en France, Tony Parker EST la NBA en France, et si vous êtes nés entre 1980 et 1990 notamment, les quelques lignes ci-dessous vous parleront forcément.

C’est l’histoire d’un ado de 16 ans, installé un peu à la hâte au deuxième rang d’une salle de sport de province. Notre gamin a la NBA dans un coin de sa tête depuis l’acquisition six ans plus tôt d’un album Panini faisant la part belle à la Grande Ligue, un paquet d’années avant de développer une addiction terrible à un autre genre de paninis. Nous sommes en 2000 et ce soir-là un meneur de jeu de 19 ans débarque dans sa ville pour y disputer un match de Pro A, ancêtre de la Jeep Elite, et ce petit gars est ni plus ni moins annoncé comme l’étoile montante du basket français, à l’heure où seuls Olivier Saint-Jean – futur Tariq Abdul-Wahad – et Jérôme Moïso ont jusque-là réussi l’exploit d’être draftés puis d’enfiler un jersey NBA. Supporterisme oblige, ce soir-là Tony Parker sera copieusement sifflé par votre serviteur, pas question de laisser ce gosse au melon énorme dominer sur SON territoire. 19 ans plus tard, il est l’heure de remettre les choses à leur place : cette futur star s’appelait Tony Parker, ce fan un peu zélé c’était moi, et aujourd’hui… it’s time to rendre hommage à celui qui à fait basculer ma vie de fan de basket.

Si j’avais 50 ans, je pourrais dire que Tony c’est mon dada. Si j’en avais 17 ? On partirait sur du Tony c’est l’sang. J’en ai 35, alors disons simplement que, Tony, tu m’as fait kiffer. Tellement d’eau a coulé depuis ce tout début de millénaire, un flot de flotte qui t’as transformé d’ennemi d’un soir à idole générationnel ultime. J’aimais la NBA et disons que depuis toi, je me suis mis à la suivre. A la suivre tout en continuant de te suivre toi, malgré ton empressement à exploser tous les record de précocité. Pas le temps de profiter de tes grands débuts que tu étais déjà l’un des chouchous à San Antonio, pas le temps de parler de toi à maman qu’elle te voyait déjà chez Claire Chazal. T’as vu le Français là en NBA ? Tony Parker ? Mais il est Français d’ailleurs ? Il est naturalisé ? Parce que oui, il faudra quelques années tout de même pour que ton nom résonne de la bonne manière dans la tête des Français. Dans la mienne en tout cas c’est parti, il y a des jerseys de toi de chaque couleur dans la maison familiale et si mon attrait pour les Spurs avait émergé en 1999 à l’arrivée d’un autre homme immense, c’est désormais officiel : je suis un Spurs fan, je suis un fan boy, je suis fan de toi. Tim Duncan est mon modèle en terme de basket ? Manu Ginobili l’artiste le plus à même de me faire frissonner ? Toi tu es celui… qui a rendu tout ça possible. Première nouvelle, quand on est fan de NBA en France on est… déconnecté, et ma vie un peu alternative peut donc commencer. Heureusement que les forfaits YouTube n’existent pas.

Comme toute relation intime, tu m’excuseras du terme, arrivera ensuite le jour de la révélation. La révélation de cet amour pour le sportif que tu es et pour ce que tu représentes. Une soirée psychédélique en juin 2003 me fera dire dès le lendemain que j’ai vécu la plus belle nuit de ma vie, sorte de nuit de noce vécue en solo, décidément cette vie est vraiment alternative, car personne ne veut me comprendre. Passons toutes les considérations statistiques car on y reviendra très vite, mais toutes les années qui suivront ne feront qu’amplifier mes sentiments basketballistiques. 2005, 2007, foutues années paires qui « nous » échappent. Je t’aime toi, plus que les autres, autant pour tes exploits sur les parquets que pour ce spirit tellement américain dans lequel je me retrouve. Entrepreneur sur et en dehors des terrains, toujours dans un souci de progresser, de faire progresser les autres, de faire la promotion de ton sport par tous les biais, putain qu’est-ce que j’aime ça. Tu es ce qui manquait à notre sport, ce que l’on n’avait… jamais eu avant toi. Grâce à toi la NBA n’avait plus aucun secret pour moi dès la fin des années 2000, merci Internet aussi, et, grâce à toi, parler des exploits de tes contemporains m’a fait découvrir une véritable vocation puisque c’est aujourd’hui… mon quotidien.

Grâce à toi, grâce à toi, grâce à toi.

Mais te faire adopter par les États-Unis ne te suffisait pas, et il a fallu que ta rage de vaincre traverse des dizaines de fois l’Atlantique pour, finalement, hisser le drapeau tricolore là où il n’avait jamais pu être hissé auparavant. Décidément, bonjour le pionnier. L’équipe de France donc, et là encore, toujours grâce à toi, des souvenirs. Parce que ce soir de 2013 est lui aussi gravé dans un coin de ma tête, comme dix ans plus tôt. On passe donc du noir et blanc au bleu-blanc-rouge, changement de teint mais crédo identique : la win avec toi Tony. 2013 tout en haut, 2014 on enchaîne, 2015 on Gasole, 2016 on oublie, mais quatre années passées à suivre l’EDF de la balle orange comme si c’était une bande de potes, enfin fier d’être Français grâce à un homme au blase de… cainri.

L’histoire est belle et se finit aujourd’hui après une dernière danse au Texas et une pré-retraite quand même très active dans les bras d’une dénommée Charlotte, et dire que je pensais que tu ne me tromperais jamais. Aujourd’hui j’ai perdu tous mes idoles de jeunesse. Tim Duncan d’abord, puis Manu Ginobili ensuite, sans oublier un grand blond from la ville voisine, un peu. Mais aujourd’hui j’ai surtout perdu celui sans qui je ne me serais peut-être… jamais intéressé aux autres. Tony t’es plus qu’une idole, t’es celui qui m’a enfanté en tant que fan de NBA, t’es celui qui m’a fait comme je suis aujourd’hui. Pfiou, ça fait bizarre.

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