Flashback : le jour où Bob Pettit a marqué 50 points dans un match décisif de Finales NBA

Le 25 sept. 2026 à 16:13 par Baptiste Hay-Lemétais

J'dois rentrer dans la légende
Source Image : Youtube

Il y a des nouvelles qui vous arrêtent net. Ce mercredi 23 septembre 2026, le monde du basket a perdu l’un de ses tout premiers géants. Bob Pettit s’est éteint à 93 ans, et avec lui disparaît le tout premier MVP de l’histoire de la NBA, distingué en 1956. Aujourd’hui, on va revivre la nuit où il est devenu immortel. Direction Kiel Auditorium, à St. Louis, un certain 12 avril 1958.

Pour comprendre l’ampleur de cette soirée, il faut remonter à l’année précédente. En 1957, les Hawks de St. Louis avaient déjà croisé le fer avec les Boston Celtics en Finale NBA, et cette série s’était achevée de la pire des manières : un match 7 à rallonge, perdu en double prolongation 125-123. Une désillusion totale pour Pettit et ses coéquipiers, qui voyaient déjà Bill Russell, quintuple MVP et Bob Cousy, lauréat de 1957, poser les fondations d’un empire.

Un an plus tard, la revanche se profile. Les ennemis jurés se retrouvent en Finales, et cette fois St. Louis ne veut pas laisser filer sa chance. La série est disputée, à l’image de la rivalité qui oppose ces deux équipes : victoire des Hawks au match 1, réponse cinglante de Boston au match 2 (136-112), puis une entorse à la cheville qui prive Russell d’une bonne partie de la suite de la série. Les deux équipes se rendent coups pour coups aux matchs 3 et 4 avant que St. Louis en profite et prenne l’avantage au match 5. Ils débarquent au match 6 avec, pour la première fois de son histoire, l’occasion de soulever le trophée à domicile (3-2 dans la série).

Légende du basketball, Bob Pettit est décédé à l’âge de 93 anshttps://t.co/FyojEsRmHz

— TrashTalk (@TrashTalk_fr) September 24, 2026

Ce soir-là, devant 10 216 spectateurs entassés dans le Kiel Auditorium de Saint Louis pour assister à un moment d’histoire, Bob Pettit va livrer l’un des matchs les plus complets qu’un joueur ait jamais offert un soir de titre. Pendant trois quart-temps, l’intérieur des Hawks fait le travail : 31 points au compteur, solide, omniprésent, et dominant, comme d’habitude mais rien qui ne présage encore de la folie à venir. Du coté vert, Bill Russel est diminué, il n’inscrira que 8 petits points en seulement 20 minutes de jeu. Malgré tout les Celtics restent à un point de leurs adversaires.

Puis vient le quatrième quart-temps. Et là, quelque chose bascule. Pettit va tout simplement devenir intouchable en inscrivant 19 des 21 points de son équipe. Dix-neuf points sur vingt-et-un. Quand les Hawks ont besoin d’un panier, c’est vers lui, et seulement vers lui, que tout le monde se tourne. Le tout en allant chercher 19 rebonds. Le geste qui scelle définitivement la rencontre intervient à 15 secondes du buzzer final : un tir de Pettit qui redonne trois points d’avance à St. Louis. Malgré tout Boston tentera bien de refaire son retard avec un panier à deux points dans la foulée, mais il est trop tard. C’est fini, il l’a fait Bob Pettit fait tomber Bill Russell et Bob Cousy. Le score final s’arrête à 110-109 en faveur des Hawks, qui décrochent ainsi le tout premier et l’unique titre NBA de l’histoire de la franchise. Il était le meilleur Bob sur le terrain, le meilleur tout court.

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Tego dnia w 1958 roku, St. Louis Hawks (teraz Atlanta Hawks) wygrali swoje jedyne dotychczas mistrzostwo NBA 🏆

W finale pokonali Boston Celtics 4:2 pic.twitter.com/gRkyT92Wuj

— NBA Poland (@NBAPolska23) April 12, 2024

Quand on regarde la feuille de match a posteriori, on comprend mieux pourquoi cette soirée est restée gravée dans le marbre. En 42 minutes, Bob Pettit termine à 50 points, à une adresse hallucinante de 19/34 aux tirs et 12/15 aux lancers-francs, le tout accompagné de 19 rebonds. Une seule faute personnelle en 42 minutes d’un combat de tous les instants sous le cercle. Ce soir là il marque deux fois plus de points que les deux stars d’en face. Ces 50 points sont alors un record NBA pour un match décisif de Finale. Il faudra ensuite attendre 2021 et un certain Giannis Antetokounmpo pour revoir un joueur planter 50 points dans un match qui offre le trophée à sa franchise. Entre Pettit et Antetokounmpo, plus de six décennies de basket, et une seule autre performance capable de tutoyer ce sommet. Léger avantage à Pettit, il a accroché la première bannière de sa franchise, Giannis en a rajouté une.

Alors aujourd’hui, en apprenant sa disparition, difficile de ne pas repenser à ce quatrième quart-temps de folie, à ce dernier tir à 15 secondes de la fin, à cette unique bague arrachée dans la douleur face à la plus grande dynastie de l’histoire du sport américain. Bob Pettit n’aura été champion qu’une seule fois. Mais ce soir-là, à St. Louis, il a inscrit son nom pour toujours dans l’histoire de ce jeu qu’il aura façonné dès ses tout premiers instants.


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