Équipe de France : ce qu’il faut retenir de la conférence de presse post-Mondial
Le 15 sept. 2026 à 12:11 par Robin Wolff

Ce lundi avait lieu la Conférence de Presse de l’Équipe de France, moins de vingt heures après la cruelle défaite face aux États-Unis en finale de la Coupe du Monde. Entre fierté, déception et projection vers l’avenir, récit de deux heures dans une ambiance particulière, mais avec des réponses fortes de sens pour les prochaines compétitions.
Le rythme des joueuses de basket-ball est d’une intensité impressionnante. Entre championnat européen, américain et compétitions internationales, elles ne s’arrêtent jamais. Cette conférence de presse au lendemain de la Coupe du Monde le symbolise parfaitement. Dimanche, les Bleues s’inclinaient en Finale, hier elles prenaient l’avion pour rentrer en France et se présenter devant les journalistes, aujourd’hui la plupart d’entre elles repartent vers les États-Unis pour la suite de leur saison WNBA.
Alors pas de surprise si, dans ce bel hôtel parisien, l’ambiance est particulière, comme dans un entre-deux. Les joueuses sont extrêmement professionnelles, veulent dégager un sentiment de fierté, mais il est aisé de ressentir, fort logiquement, qu’elles n’ont pas très envie d’être là. Pour les journalistes, l’exercice est également compliqué. Il y a de la bienveillance dans les questions et interactions, tous ont adoré le parcours de cette équipe. Personne n’ose vraiment se lancer sur les sujets qui fâchent, comme si cela ne ferait que remettre un coup de couteau dans une plaie pas encore refermée.
Marine Johannès sur la difficulté de se tourner immédiatement vers la WNBA :
« J’avoue que ce n’est pas évident. De reprendre l’avion demain pour l’autre bout du monde. Il y en a qui jouent ce vendredi. » pic.twitter.com/i6KMQDeRog
— Robin Wolff (TrashTalk) (@robinwolff12) September 14, 2026
Entre fierté et déception
Mais deux mots se dégagent des discours tenus par l’ensemble du staff et des joueuses : fierté et déception. Ils sont répétés dans chaque prise de parole et parfois l’un est mis plus en avance que l’autre. Marième Badiane est une des rares qui arrive à véritablement sourire et blaguer devant la presse :
« Cette médaille reste une vraie fierté. Hier, la défaite a entaché un petit peu tout, mais avec le recul et une nuit de repos, on réalise qu’on a fait quelque chose d’historique. »
La première médaille d’argent au mondial de l’histoire de la sélection est un événement. Pourtant, pour Dominique Malonga, la balance penche davantage vers le négatif.
« C’est très dur de se remettre de cette défaite. Je suis encore sur le coup de la déception, je déteste perdre. Peut-être que je réaliserai dans quelques jours. »
Mais la déception de cette fin sportive n’enlève rien à l’aventure humaine vécue par les joueuses.
Un groupe soudé et confiant
Toutes ont insisté sur la quinzaine géniale passée ensemble. Elles ont affirmé vouloir à nouveau porter le maillot bleu lors des prochaines fenêtres internationales et lors de l’EuroBasket l’an prochain. Une envie partagée par Jean-Aimé Toupane qui a répété à plusieurs reprises vouloir continuer avec ce même groupe et que le premier besoin pour progresser était la continuité :
Jean-Aimé Toupane que ce qu’il manque pour aller chercher l’or :
« Les ingrédients qui nous manquent sont liés à plusieurs facteurs. Du vécu en commun, un groupe qui travaille et qui a des expériences communes de ces matchs-là. » pic.twitter.com/WNKQaUe9Ef
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Le mot fort de cette campagne des Bleues est la confiance. Une valeur évoquée à nouveau par Gabby Williams devant les micros, mais encore plus développée par Pauline Astier qui a, notamment, rendu hommage à sa capitaine :
« La confiance, c’est ce qui ressortait de ce groupe. Gabby (Williams) l’a beaucoup amené. Son message, c’est qu’elle croyait en toutes les filles de cette équipe. C’est super de jouer dans ces conditions-là »
Mais c’est peut-être la perte de cette foi qui a fait dérailler l’Équipe de France en deuxième mi-temps face à Team USA.
Les axes d’amélioration
C’est en tout cas ce qu’à évoqué Gabby Williams. Après de nombreuses questions sur les Américaines, l’ailière a admis, dans l’ordre, qu’elles avaient peut-être « plus d’expérience ». Que les Bleues étaient sans doute fatiguées même si ça « n’était pas une excuse » puis a mis les pieds dans le plat.
« On a perdu notre confiance quand elles nous sont rentrées dedans. On doit continuer à travailler cette confiance. »
Il a ensuite été demandé à Jean-Aimé Toupane comment faire en sorte que ça n’arrive plus :
« Le premier pas c’est d’en prendre conscience. Pour les prochaines fois avoir le signal d’alerte plus vite et enrayer cette dynamique. On dit qu’on apprend plus dans les défaites, il faudra apprendre. »
Le besoin d’apprendre, c’est aussi la notion utilisée par Pauline Astier au moment d’évoquer la différence de performance entre le back-court Français et Américain en finale.
« Elles ont joué beaucoup plus intensément que nous à certains moments du match et ça nous a causé du tord. C’est bien qu’on vive ça. C’est une expérience à prendre. On en revient au dicton qui dit qu’on apprend dans la défaite, mais je pense que c’est vrai. »
Mais d’autres axes de progression plus visibles et tangibles ont rapidement été évoqués. Jean-Aimé Toupane pense que les joueuses gagnent à encore mieux savoir ce qu’elles doivent faire.
Jean-Aimé Toupane sur les zones d’amélioration des Bleues :
« On peut clarifier encore les rôles, leur dire que ça ne les définit pas. En Équipe de France, on a pas beaucoup de temps. Il faut vite définir les responsabilités. » pic.twitter.com/pHXPDqYYs7
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Interrogée sur sa belle finale, Dominique Malonga pense pouvoir apporter encore plus dans le futur et aider à apporter de la variation dans le jeu de l’Équipe de France.
« On se repose beaucoup sur notre jeu extérieur car on a des talents incroyables. Maintenant on veut amener une arme en plus, avec le jeu intérieur. Après hier, c’est le résultat collectif qui reste en tête. Mais bien sûr, ça donne confiance (sa performance individuelle). C’est bien de savoir que j’en suis capable, que je peux amener un danger, j’aurais aimé le faire plus tôt ! »
All-Star WNBA à 20 ans, l’avenir des Bleues passe beaucoup par elle.
La suite
Pour passer à autre chose et revenir encore plus fort, le plus important, selon Gabby Williams est de ne pas se concentrer que sur les Américaines :
« La question, c’est de gagner, contre n’importe qui, il ne faut pas être bloquées que sur elles. La revanche face à Team USA, c’est une histoire de médias. »
Il est clair que toutes les joueuses se projettent déjà vers la prochaine compétition avec les Bleues et semblent avoir raison de la faire. Si elles sont disponibles, il y a de grandes chances pour qu’elles soient sélectionnées. Jean-Aimé Toupane a martelé son envie de garder ce même groupe. Pour prendre une place dans ce groupe, les « nouvelles » devront réaliser de grandes, grandes performances.
Mais en attendant l’Équipe de France, la réalité est un retour à la WNBA pour les Playoffs et la fin de saison. Une bascule pas évidente à faire selon Marine Johannès :
Marine Johannès sur la difficulté de se tourner immédiatement vers la WNBA :
« J’avoue que ce n’est pas évident. De reprendre l’avion demain pour l’autre bout du monde. Il y en a qui jouent ce vendredi. » pic.twitter.com/i6KMQDeRog
— Robin Wolff (TrashTalk) (@robinwolff12) September 14, 2026
Pauline Astier confirme en disant qu’elle n’aurait pas été contre quelques jours de vacances. Mais ainsi est la dur loi du basket féminin. Un rythme intense et des grandes émotions, comme lors de cette Coupe du monde 2026.
