Du quadruplé historique à la Nationale 1… comment Monaco s’est retrouvé dans un tel désastre ?
Le 31 août 2026 à 15:51 par Jules Bousquet

Cette fois c’est officiel : l’AS Monaco est exclue du basket professionnel français. Après l’avis défavorable du CNOSF vendredi, la FFBB a refusé dimanche de rouvrir le dossier du champion de France en urgence. La Roca Team est donc toujours refusée en Betclic ÉLITE comme en ÉLITE 2 et devrait désormais repartir en Nationale 1. Comment Monaco a-t-il pu passer du sommet du basket français à la porte de la troisième division ? On rembobine.
Il faut remonter à 2013 pour comprendre l’ascension complètement folle de Monaco. À l’époque, l’ASM évolue encore en Nationale 1. L’homme d’affaires ukrainien Sergey Dyadechko prend alors les commandes et accompagne une montée en puissance express : la Roca Team grimpe en Pro A dès 2015, puis découvre rapidement la scène européenne.
Dans les bureaux, Oleksiy Yefimov devient lui aussi l’un des hommes forts du projet. Le directeur exécutif puis manager général participe à la construction d’une équipe qui ne veut plus simplement exister dans le basket français, mais s’installer durablement parmi les meilleurs.
En 2022, nouvelle étape : Aleksej Fedorycsev devient actionnaire majoritaire après avoir racheté 46,4 % des parts et prend la présidence du club.
🏆 On this date, last year, AS Monaco Basket won @EuroCup title 🤩 Unforgettable ! Following our own path ⏩ @EuroLeague pic.twitter.com/9qs2I2Ux9U
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Avec lui, Monaco accélère encore : les stars débarquent, les salaires explosent et l’ambition devient grande, très grande. Mike James, Donatas Motiejunas ou Nikola Mirotic : Monaco construit un effectif digne des plus grosses écuries d’Euroligue et les résultats suivent (trois titres de champion de France, plusieurs Final Four et surtout une finale d’Euroligue en 2025).
Le problème, c’est que cette machine coûte extrêmement cher.
MONACO JOUERA LE FINAL FOUR DE L’EUROLEAGUE 👏👏👏👏👏👏 https://t.co/7UMd8M5rD6
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Un modèle économique sous perfusion
Monaco veut vivre comme un cador européen, mais ses ressources propres sont loin d’être comparables à celles des géants du continent.
La salle Gaston-Médecin, limitée à environ 5 000 places, ne permet pas de générer les mêmes recettes de billetterie que les grandes arenas européennes. Le club dépend donc largement des apports de ses actionnaires.
Et la saison 2025-26 symbolise parfaitement cette fuite en avant : Monaco présente un budget prévisionnel proche de 39 millions d’euros, dont environ 20 millions consacrés à la masse salariale.
The real AS Monaco budget for the 2025-26 season got revealed 🤑
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Et puis, ce qui devait arriver, arriva… des impayés apparaissent, certaines factures et rémunérations prennent du retard et le club accumule les difficultés financières. L’Euroligue et la LNB interviennent également dans ce dossier.
Printemps 2026 : l’alerte rouge
Le tribunal de première instance de Monaco est saisi à plusieurs reprises au sujet de la situation financière du club. La société qui porte l’équipe professionnelle se retrouve en grande difficulté.
La Principauté intervient alors comme pompier de luxe : plus de 16 millions d’euros sont prêtés via la Société Nationale de Financement, notamment pour permettre au club de terminer la saison et assurer les salaires. Oui, oui, pour payer les joueurs carrément (certains joueurs n’auraient même pas été payés pendant plus de 2 mois).
Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer comme si j’étais un enfant de 5 ans ? https://t.co/RA91OOReer
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Une énorme bouée de sauvetage, mais pas une solution durable. Monaco doit désormais trouver de nouveaux financements et surtout un repreneur capable de remettre les comptes à flot. Pendant ce temps, l’équipe continue de jouer… et pas qu’un peu.
Juin 2026 : le quadruplé au milieu de la tempête
Le 23 juin, Monaco devient champion de France après avoir déjà remporté la Supercoupe, la Leaders Cup et la Coupe de France… le fameux quadruplé historique. Le paradoxe est total : jamais Monaco n’a été aussi haut sportivement, alors que le club n’a jamais semblé aussi fragile financièrement.
Quelques jours plus tard, l’Euroligue confirme même que la Roca Team ne disputera plus la compétition la saison suivante et sera reversée en EuroCup. Il faut maintenant trouver un repreneur… et c’est là que Jamal Mashburn entre en scène.
🚨 MONACO’S EUROLEAGUE FUTURE LOOKING BRIGHTER THAN EVER 🚨
Important developments are unfolding around AS Monaco Basket just hours before a crucial EuroLeague Board meeting.
👀 According to reports, the Roca Team is closer than ever to securing its place in the competition for… pic.twitter.com/keajGZMycT
— SKWEEK (@SkweekSports) June 9, 2026
Juillet-août 2026 : le feuilleton devient complètement fou
L’ancien All-Star NBA porte un projet de reprise via Helen Holdings. L’objectif : injecter de nouveaux capitaux, réduire le train de vie du club et repartir avec un budget beaucoup plus raisonnable. Sur le papier, ça fonctionne… dans les faits, les garanties ne convainquent pas.
Le 3 juillet, la DNCCG refuse l’engagement de Monaco en Betclic ÉLITE pour la saison 2026-27. Et même en ÉLITE 2, ça ne passe pas. Le passif est alors estimé à environ 24 millions d’euros, dont 8 millions de dettes et 16 millions correspondant au prêt de la Principauté.
Monaco fait appel mais le 1er août, la Chambre d’Appel de la FFBB confirme le refus.
Communiqué : Point de situation au 10 août 2026
La Chambre d’appel de la FFBB a confirmé, samedi 1er août, le non-engagement de l’AS Monaco Basket en Betclic Élite pour la saison 2026-2027.
Le communiqué entier : https://t.co/WIxZdU3lTo#RocaTeam #DagheMunegu pic.twitter.com/cj53tn3tsZ
— AS Monaco Basket 🇲🇨 (@ASMonaco_Basket) August 10, 2026
Le projet Mashburn ne présente pas suffisamment de garanties financières. Et alors que Philippe Ausseur, président de la LNB, affichait encore son optimisme quelques heures auparavant, le château s’écroule.
Commence alors un véritable feuilleton : Mashburn, Clayton Sport, Ronaldinho (oui, oui, c’est pas une blague), un nouvel investisseur issu du secteur agroalimentaire capable d’apporter environ 10 millions d’euros… les projets se succèdent, les budgets changent, mais le problème reste toujours le même : les instances veulent des garanties concrètes, elles veulent voir le cash… pas seulement des promesses.
🇧🇷 Ronaldinho has officially entered the race to take over AS Monaco Basket, according to L’Équipe.
The Brazilian legend is backed by Andorran investment fund Clayton Sport, with a project reportedly including:
• €2.5M EuroLeague debt repayment
• €5M bank guarantee
•… pic.twitter.com/iAAYCuYbNF
— SKWEEK (@SkweekSports) August 11, 2026
28-30 août : le dernier espoir disparaît
Monaco saisit alors le CNOSF, mais celui-ci rend un avis défavorable le 28 août.
Le problème est notamment juridique : le Comité ne peut pas simplement intégrer tous les nouveaux éléments apparus après l’audience de la Chambre d’Appel de la FFBB du 20 juillet. Monaco tente donc une dernière manœuvre et demande à la Fédération de rouvrir son dossier en urgence après l’arrivée d’un nouvel investisseur.
L’AS Monaco Basketball sollicite le réexamen en urgence de son engagement en Betclic Elite
🔗 Le communiqué 👇https://t.co/J13d9hQG6T pic.twitter.com/gaMf6sXmUS
— AS Monaco Basket 🇲🇨 (@ASMonaco_Basket) August 28, 2026
Mais hier, le dimanche 30 août, un nouveau refus sonne comme le coup de grâce, un dernier coup de couteau pour entériner les espoirs. Cette fois, la FFBB ne veut plus rouvrir le dossier et Monaco est donc exclu des championnats professionnels français.
Théoriquement, il reste un recours : le tribunal administratif. Mais, selon les informations de Nice Matin, le club monégasque a indiqué ne pas envisager, pour l’instant, de saisir cette juridiction.
Et maintenant ?
La perspective la plus crédible est donc la Nationale 1… oui, la troisième division. Une solution qui permettrait à la Roca Team de conserver une activité de haut niveau avec un effectif et des moyens bien plus réduits.
La FFBB aurait déjà évoqué cette possibilité avec les dirigeants, mais à défaut d’une place en Nationale 1, le club pourrait devoir repartir dans le monde amateur.
Son avenir en EuroCup est également compromis (en l’état, impossible pour le club de la principauté d’y participer) et, selon Sport Klub, Monaco chercherait même une porte de sortie vers la Ligue Adriatique… le club serait prêt à payer 500 000 € pour obtenir une wild-card négociée en urgence.
🚨 Monaco wants to join the ABA League! 🇲🇨🏀
According to Sport Klub sources, Monaco management contacted the ABA League office to express interest in joining the regional competition this very season! Despite knowing it’s late, they are reportedly ready to pay half a million… pic.twitter.com/qxAZBPBe1K
— Basketball Sphere (@BSphere_) August 31, 2026
Des réunions sont prévues lundi et mardi pour définir les contours de la refondation, tandis que Saint-Quentin et Fos-sur-Mer attendent les éventuels repêchages en Betclic ÉLITE et ÉLITE 2.
En 2025, Monaco disputait la finale de l’Euroligue. En juin 2026, la Roca Team remportait les quatre trophées nationaux. Fin août, elle est exclue du monde professionnel et risque de repartir en troisième division. Cette chute raconte surtout les limites d’un modèle loin d’être viable… la Roca Team avait conquis la France, elle devra désormais tout recommencer.
