One-on-One

Devin Booker qui plante 70 points dans une défaite : flashback sur une soirée tellement raccord avec la décennie des Suns

Devin Booker 6 décembre 2019 2

Quitte à perdre, autant le faire en laissant un souvenir.

Source image : Instagram @NBA

On s’en souvient tous. Tous. Ceux qui étaient là, en direct, estomaqués devant cette performance psychédélique, ou même ceux qui découvrirent l’incroyable ligne de stats au réveil, parce qu’entre nous on comprend très bien que ce Celtics-Suns de fin de saison n’avait pas ce jour-là rassemblé les foules à une heure où dormir est quand même la plus raisonnable des idées. Deux ans et demi plus tard ce match est encore dans toutes les têtes, sa place au rayon des performances all-time est réservée pour un paquet d’années, même si ce coup de chaud monumental restera comme un coup dans l’eau de plus pour une franchise ayant perdu 450 de ses 722 matchs depuis octobre 2011…

Car si l’on parle aujourd’hui de cette soirée magique pour Devin Booker, on parlera surtout d’une soirée magique… au cœur d’une saison à 24 victoires, « heureux » épicentre donc d’une nouvelle année galère pour des Suns dans le positif à une seule reprise (2014) depuis leur dernier baroud d’honneur printanier (une finale de conférence perdue face aux Lakers en avril 2010). L’avantage d’une telle performance pour Booker ? Les livres d’histoire ne mentionneront que très peu l’inutilité de ce match à 70 pions, légère bonne nouvelle pour ceux qui n’aiment que très peu la perspective. Les livres d’histoire d’ailleurs parlons-en, et guettez un peu à quel genre de table est assis Devin Booker depuis ce fameux 24 mars 2017…

stats Booker

D’un pur côté statistique ? De la pure folie. Plus jeune joueur à atteindre les 70 et même les 60 pions, record de franchise puisque la précédente marque était détenue par Tom Chambers, une pointe à 60 validée 27 ans plus tôt (jour pour jour !), plus grand nombre de points jamais marqués face à Boston, et le tout à… 20 ans et 145 jours, ce qui en fait évidemment une anomalie all-time puisque l’on vous rappelle qu’à 20 ans, 95% des gamins mangent encore leurs crottes de nez. Journée historique donc mais pas si incroyable que ça puisque l’on parle quand même d’un homme qui n’a pas traîné pour montrer à la NBA qu’il pouvait devenir très vite l’un des principaux artificiers. Plus de 6 300 points déjà, à 23 ans à peine, une facilité à scorer de près comme de loin, mais des performances notables et répétées réalisées jusque-là au cœur de saisons compliquées, détail qui tend – peut-être – à changer cette saison après le bon début d’exercice des Suns.

Ce soir de mars 2017 en tout cas, c’est dans une galaxie bien lointaine que Devin Booker nous emmenait. Souvenir…

Nous sommes le 24 mars 2017 donc, et les Suns terminent en mocheté leur saison en se déplaçant au TD Garden, en plein coeur d’une série de onze défaites consécutives. Bail habituel, rien de surprenant. En face les Celtics s’apprêtent à vivre grâce à Isaiah Thomas un printemps assez hallucinant et n’ont probablement pas coché le match du soir comme l’une des soirées les plus importantes de leur saison. Et les bougres avaient raison car dès l’entame, c’est à un match logiquement déséquilibré auquel on assiste. 22-3 au bout de six minutes après un 14-0 infligé à la vitesse de l’éclair, encore une soirée compliquée qui s’annonce pour Devin Booker et ses teammates. Bookie ? Dix points déjà, sur les seize de son équipe. Marcus Smart, Kelly Olynyk, Gerald Green et Terry Rozier enverront ensuite très vite du bois from the bench pour donner jusqu’à 25 points d’avance aux locaux et nous, c’est décidé, on dégage de Boston et on va voir un autre match. Parce que même si le jeune arrière sophomore des Suns en est déjà à 19 points, rien de bien exceptionnel finalement à déclarer si ce n’est que le garçon continue à faire des stats malgré la nullité de son équipe. Sauf que vingt minutes plus tard… on va quand même peut-être retourner du côté du Massachusetts, parce que les Suns sont – un peu – revenus (à -17) mais parce que – surtout – Devin Booker en a planté 23 de plus au troisième quart et en est désormais à 42 points avec encore un quart-temps à jouer. Allez, double-écran hein, au cas où.

Et ce sera une très bonne idée. Très bonne idée car c’est un pan de l’histoire qui va s’écrire sous les yeux des opportunistes présents. Car si le score ne laissera jamais présager un retour des Suns dans ce match, Devin Booker décida d’un coup d’un seul que ce soir allait être son soir. Barre des 50 passées, barre des 60 dans la foulée, Tom Chambers dans le rétro et un banc de Phoenix qui oublie la défaite pour fêter l’évènement en train de se dérouler sous ses yeux. Bonne poire, les Celtics laisseront plus ou moins Booker faire son chaud et se rapprocher tranquillement de ce qui s’avèrera devenir quelques minutes cette marque exceptionnelle : 70 points. Soixante-dix. Fuck*n. Points. La performance reste mythique même si on aurait clairement préféré la même avec un peu de suspense en fin de match, mais que voulez-vous on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le cul du Booker.

Une soirée comme vous n’en vivrez que peu d’autres dans votre vie de fans, même si James Harden, entre autres, tend de plus en plus à banaliser ce genre de performance à soixante points ou plus. Devin Booker ce sont en tout cas les 70 qu’il sera allé chercher ce soir-là, dans une défaite, comme pour symboliser cette décennie qui se termine à Phoenix et partout ailleurs. Une équipe qui nous aura parfois enthousiasmé mais qui, globalement, nous aura déçu chaque année et depuis trop longtemps. Et on se pose d’ailleurs cette question : si Devin n’avait pas scoré 70 points ce soir-là, de quoi est-ce qu’on aurait bien pu parler..?

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