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Les Sacramento Kings restent sur treize années sans Playoffs : pire série en cours, faut dire qu’il s’en est passé des horreurs depuis 2006

George Karl

C’est vrai qu’ça joue, l’avenir est à nous, qu’il soit plus question d’parler d’Playoffs taboo, ça joue partout, dans les salles comme dans les halls, j’amène du rêve pour les mômes, et des highlights pour les gros.

Treize ans. Treize ans sans Playoffs, treize ans Treize années qui succédaient ainsi à une parenthèse enchantée de huit printemps considérés comme les plus beaux de l’histoire de la franchise, du moins depuis qu’elle porte le sceau des Kings. Car avant les années 2000 ? De nouveau une disette de… seize ans, et un bilan global de 38 saisons sur 50 en dessous des 50% de victoires. Qu’on se le dise, les Kings sont une franchise de losers. Mais qu’on se le dise également, la collection automne-hiver 2019-2020 a tout pour changer la tendance.

Lorsqu’en avril 2018… les Wolves ont gagné en tapant les Nuggets le droit de disputer leure première postseason depuis 2004 et l’époque bénie d’un Kevin Garnett MVP, les Kings récupéraient alors l’étiquette pas vraiment glorieuse de la franchise possédant la plus longue série de saisons sans Playoffs. Génial. Treize ans de Reggie Theus, de Kenny Natt, d’Eric Musselman, de George Karl, de Keith Smart, de Paul Westphal, de Mike Malone, de Tyrone Corbin ou encore de Dave Jorger, neuf coaches en treize saisons donc, chiffre parmi tant d’autres confirmant le bordel ambiant à Sacramento et ce depuis beaucoup trop longtemps. Le scoring inutile de Kevin Martin, l’arrivée de DeMarcus Cousins, la promesse Tyreke Evans, les années DeMarcus Cousins, le leader Marcus Thornton, la boulimie de DeMarcus Cousins, le raté Isaiah Thomas, les perfs de DeMarcus Cousins, les solos de Rudy Gay, le départ de DeMarcus Cousins, l’arrivée d’une nouvelle génération et le fantôme de… qui vous savez, bref treize ans de galères sans nom, gérées le plus souvent d’une manière catastrophique par un board et un staff dépassés, dans une Conférence Ouest qui faisait de surcroît sa révolution. C’est long, c’est très long, assez long pour que le sujet de conversation le plus abordé par les Kings soit resté durant tout ce temps… ce fameux Game 6 de 2002 face aux Lakers et à un Dick Bavetta validant la technique du coup de coude  un certain Kobe Bryant. Bah alors Mike Bibby, comme ça on fait faute avec son nez ? Aujourd’hui, l’action qui est presque devenue un fait divers fait toujours causer, évidemment, mais depuis un an la Kings Nation peut enfin regarder le présent et l’avenir avec une once de sourire, et se permettre de ne pas penser à 2002 pendant – parfois – plus de 48h, un exploit quand on sait à quel point ce souvenir est tatoué au plus profond de leur cœur.

C’est donc ce défi, cet immense défi qui fait face à ces Kings new generation. Les De’Aaron Fox, Marvin Bagley III, Harry Giles ou Buddy Hield pour les plus jeunes, les Bogdan Bogdanovic, Nemanja Bjelica, Cory Joseph, Trevor Ariza ou Dewayne Dedmon, tous ces mecs qui ont l’occasion de tirer un trait sur 162 mois sans Playoffs, 4864 jours sans l’once d’un frisson printanier. La saison passée ? Disons que le step one a été franchi, les Kings atteignant avec 39 wins leur meilleur bilan – et de loin – depuis cette fameuse saison 2005-06 lors de laquelle Mike Bibby et Peja Stojakovic entretenaient encore un bout de flamme en poussant les Spurs en six matchs au premier tour. 39 wins donc la saison dernière, et des Playoffs dans la lunette pendant une grosse partie de la régulière, les hommes de Dave Joerger s’inclinant finalement face à… la longueur de la saison mais surtout face à des Clippers absolument héroïques. Parce qu’il y a de ça aussi, assurer pendant six mois ne suffit plus pour forcer une place dans le Top 8 de l’Ouest, la Conférence de gauche étant devenue au fil des ans une jungle atroce qui peut vous laisser à l’entrée de la boîte malgré un bilan positif ou presque. Pour cette saison qui s’annonce ? Un paquet d’observateurs s’accordent à dire que le Wild Wild West possède déjà ses huit spots locked : Clippers, Lakers, Rockets, Jazz, Nuggets, Warriors, Blazers, Spurs. En devenant d’atroces conclueurs hâtifs ? On peut aussi placer les Suns et les Grizzlies dans un espèce de chapeau bas, les Wolves, le Thunder, les Mavs ou les Pels un peu plus haut, et donc… les Kings, que tout le monde ou presque voit bien se coltiner une fois de plus la place du con. Simple rappel, les Clippers 2019 étaient projetés par la plupart des spécialistes entre la douzième et la quatorzième place de l’Ouest, CQFD. Il est donc là l’immense défi des Kings. Rayer de la carte treize ans de disette, et ce au sein d’une Conférence qui ne leur pardonnera rien. 39 wins la saison passée, peut-être bien quelques unes en plus en 2020, mais toujours pas de garantie de retrouver la saveur des Playoffs en avril. Le processus est long, très long, mais au moins la franchise californienne a franchi un premier pas, celui de se dire en fin de saison que le maximum a été fait et que la concu était de toute manière trop forte. Ça change de la douzaine de régulières consécutives où les mecs avaient à peine le niveau d’une franchise de G League, et les plus fervents fans des Rois savent de quoi on parle…

L’objectif cette saison ? Le Top 8, évidemment, mais ça c’est pour les grands discours habituels. Car l’objectif sera surtout d’amorcer l’étape suivante d’un retour parmi les franchises qui comptent, si possible en gagnant un peu plus de matchs que la saison dernière. Y’a peut-être treize ans de galères à effacer, mais y’a surtout une conférence qui peut vous fermer la porte au nez malgré 43 wins en régulière. Buddy, De’Aaron, Marvin… prenez donc les matchs les uns après les autres et dîtes-vous, déjà, que le pire est derrière vous. C’est vrai qu’ça joue, l’avenir est à nous, qu’il soit plus question d’parler d’Playoffs taboo, ça joue partout, dans les salles comme dans les halls, j’amène du rêve pour les mômes, et des highlights pour les gros.

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