Barfight

Un barfight désigne, dans le jargon basket, un match tellement physique et intense qu’il commence à ressembler davantage à une bagarre de bar qu’à une sympathique partie entre amis. Les contacts se durcissent, chaque rebond devient une bataille, les écrans commencent à laisser des souvenirs et pénétrer dans la raquette demande parfois autant de courage que de technique. Ce n’est évidemment pas un terme officiel du règlement NBA : plutôt une manière imagée de décrire ces rencontres où personne ne repart vraiment avec le maillot parfaitement repassé.
Le terme est particulièrement associé à Kevin Garnett, qui considérait déjà un match de basket comme une activité légèrement plus proche de la guerre que du yoga. Après une remontée des Celtics contre Orlando en janvier 2012, KG demande ainsi à Craig Sager s’il a déjà participé à une bar fight pour décrire l’intensité de la rencontre. Garnett avait déjà utilisé la même comparaison pour parler d’un match très disputé contre Chicago. Chez lui, le barfight était donc autant un état d’esprit qu’une description du jeu.
Le barfight expliqué par Kevin Garnett :
Barfight ne veut pas forcément dire bagarre
Un véritable barfight peut parfaitement se terminer sans qu’un seul coup de poing soit échangé. Le mot décrit d’abord la combativité, la dureté des contacts et cette impression que chaque centimètre de parquet doit être conquis. Des joueurs comme Bill Laimbeer, Charles Oakley, Dennis Rodman, Karl Malone, Charles Barkley ou Alonzo Mourning ont évolué à des époques où ce genre d’ambiance était nettement plus fréquent et où certaines rencontres auraient aujourd’hui obligé les arbitres à passer une bonne partie de leur soirée devant l’écran vidéo.
Mais il arrive aussi que le barfight passe du figuré au premier degré. En 1998, la rivalité entre les Knicks et le Heat produit ainsi une vraie bagarre entre Larry Johnson et Alonzo Mourning en Playoffs, avec Jeff Van Gundy accroché à la jambe de Mourning au milieu du chaos. À ce stade-là, le système offensif devient assez secondaire.
Alonzo Mourning et Larry Johnson appliquent une interprétation assez littérale du concept :
Et puis il existe le niveau au-dessus : le fameux Malice at the Palace du 19 novembre 2004 entre les Pacers et les Pistons. Après une altercation entre Ben Wallace et Ron Artest, un spectateur lance un gobelet sur Artest, qui monte dans les tribunes et déclenche l’une des scènes les plus chaotiques de l’histoire de la NBA. Neuf joueurs seront suspendus et Artest, futur Metta World Peace, écopera d’une suspension pour tout le reste de la saison. Là, on n’est plus vraiment dans le barfight comme métaphore basket : le bar entier vient de traverser le parquet.
Pacers – Pistons 2004 : quand tout part beaucoup trop loin :
Bref, parler de barfight ne signifie pas nécessairement souhaiter voir des joueurs distribuer des coups de coude ou collectionner les fautes flagrantes. C’est surtout une façon très KG de dire qu’un match est devenu une bataille physique où personne n’a l’intention de reculer.
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