Derik Queen : des promesses, mais le lourd symbole du « projet » Joe Dumars

Le 25 sept. 2026 à 12:17 par Robin Wolff

Derik Queen 23 septembre 2026
Source image : YouTube

Puisque plus grand monde ne croit en Zion Williamson, le nouvel espoir bien en chair dans la raquette des New Orleans Pelicans s’appelle Derik Queen. En un an le pivot a montré de très belles choses, mais conserve sur ses épaules le poids d’une des premières décisions contestées de Joe Dumars.

Au moment de la Draft 2025, Derik Queen était le chouchou d’une grande partie des observateurs. Un intérieur à l’ancienne, pas spécialement grand, pas spécialement athlétique, mais avec des mains sublimes et un jeu au poste à montrer dans les écoles de basket. Malheureusement l’excitation a vite laissé place à la peur lorsqu’il s’est retrouvé aux New Orleans Pelicans après un trade difficilement compréhensible orchestré par Joe Dumars. Alors un an plus tard, où en est la progression de l’ancien du Maryland ?

Une saison rookie alléchante

Après 12 matchs, l’évidence se dégage déjà. Derik Queen a passé sept fois la barre des 10 points et en a même collé 26 à Portland. Le rookie devient titulaire et le visage de la franchise. Il n’en faut parfois pas beaucoup pour l’être dans la Nouvelle-Orléans.

Mais ce nouveau statut ne l’effraie pas, bien au contraire. 30 unités et 9 rebonds sur la tête de Nikola Jokic avant de réussir un double-double points – passes décisives face à Dallas deux jours plus tard, sa polyvalence est une évidence. Bien sûr en défense c’est plus compliqué, mais son intelligence de jeu et sa vision de l’attaque charme les plus grands.

Derik Queen 30 PTS (12/18 FG), 9 REBS, 4 ASTS, 2 STLS, 2 BLKS on 70% TS vs Nuggets

15 in the 4th 👀 https://t.co/4oV39IWR6A pic.twitter.com/hno8NCqjjO

— NBA Performances (@NBARewinds) November 20, 2025

Après un triple-double fracassant face aux Spurs (33 points, 10 rebonds et 10 assists), c’est carrément l’ailier-fort le plus mythique de l’histoire de la NBA qui est sous le charme.

« Mec, j’aime vraiment bien ce Derik Queen » – SMS envoyé par Tim Duncan à Antonio Daniels

Antonio Daniels during the broadcast: « Tim Duncan just sent me a text… he said ‘man I really like that [Derik] Queen guy’ pic.twitter.com/LRJbwjbku2

— MrBuckBuck (@MrBuckBuckNBA) November 9, 2025

Son mois de décembre est excellent, digne d’un titre de Rookie of the Month si Cooper Flagg n’existait pas. 15 points, 8,4 rebonds et 5,0 passes décisives de moyenne, c’est très fort et ça donne de l’espoir à toute la Louisiane.

La deuxième partie de saison est plus compliquée. Derik Queen heurte le rookie wall et ne s’en relève jamais véritablement. Il sort du cinq majeur et perd en régularité même si certains flashs restent assez exceptionnels comme en témoigne Karl-Anthony Towns :

« Tu (Derik Queen) est déjà superbement talentueux. J’ai été aux premières loges pour le constater. »

Derik Queen asked Karl-Anthony Towns for advice after Game 1 of the NBA Finals:

“You are already superbly talented, I’ve seen it firsthand.” pic.twitter.com/rCwnqCedbp

— NBARetweet (@RTNBA) June 4, 2026

Les deux derniers matchs de la saison régulière agissent comme des rappels avec 25 points et 11 rebonds à Boston avant d’enchaîner sur un énorme 30-22 dans le Minnesota. Comme pour assurer la NBA All-Rookie Second Team qui lui était déjà destinée.

Le pivot est talentueux en attaque, c’est une évidence. Pour le moment il manque de régularité et d’efforts de l’autre côté du parquet pour assurer un rôle de bon titulaire dans la Grande Ligue. Il n’est pas aidé, aussi, par un entourage qui change de jours en jours entre l’ancienne présence de Kevon Looney, les allées et venus de Zion Williamson et la concurrence d’Yves Missi. Pour exploser cette saison, Derik Queen a besoin d’un cap clair et d’une stabilité dans son rôle et entourage.

Une étiquette difficile à enlever

Surtout que l’intérieur du Maryland est plus attendu qu’un 13e pick habituel, la faute à Joe Dumars. Après avoir fait le choix étonnant d’aller chercher le contrat sur deux ans de Jordan Poole contre le finissant de C.J. McCollum, le Président des Opérations basket-ball a pris, comme deuxième décision après son intronisation, un énorme pari.

Monter de dix places à la Draft 2025 pour aller chercher Derik Queen en laissant à Atlanta le choix non-protégé en 2026. Un an après les Pels s’en sont presque bien sortis en ne lâchant « qu’un » 8e pick aux Hawks, mais si Kingston Flemings brille, Derik Queen viendra forcément dans le débat. Et même s’il se rate, ce choix insensé reste encore aujourd’hui une énorme marque sur le C.V du nouveau Front Office. Une forme de discrédit qui s’est installée dans une franchise qui n’avait pas besoin de ça.

The Hawks’ front office “could not believe” the Pelicans were including next year’s unprotected 1st-round pick in their draft day trade, per @FearTheBrown

They even called Joe Dumars directly to triple check, and the Pelicans GM confirmed his interest. (h/t @YourManDevine) pic.twitter.com/3Svy37aP27

— Legion Hoops (@LegionHoops) July 3, 2025

Donc imaginons que la deuxième saison du pivot soit dans la même lignée que son début d’année 2026. Un joueur qui n’a pas assez d’impact en attaque pour faire oublier sa faiblesse en défense au point que James Borrego choisisse régulièrement d’aligner un Frontcourt avec Zion Williamson en 5. Les critiques seraient probablement très dures.

Surtout que désormais Jamahl Mosley, très à cheval sur ses principes défensifs, arrive en ville et pourrait sûrement tomber amoureux d’un profil comme celui d’Yves Missi. Toutes les options sont encore ouvertes pour les Pelicans, ce qui n’est pas forcément rassurant.

Le meilleur scénario

Derik Queen montre directement qu’il a passé un cap cet été et devient le fer de lance offensif de New Orleans. Zion Williamson avec qui la connexion sur le parquet n’est pas évidente, ne brille toujours pas et se fait transférer à la Trade Deadline. Le pivot devient le référent dans la raquette, sans pression de victoires et une vraie base se forme chez les Pels autour de son tandem avec Jeramiah Fears.

Jeremiah Fears & Derik Queen

21-3-5, 7/13 FG; 21-8-6, 8/15 FG pic.twitter.com/r2jAD1WXpC

— Brett Usher (@UsherNBA) December 3, 2025

Trey Murphy III devient une pièce importante, qu’il reste ou qu’il parte. Il peut être le shooteur qui permet au duo de fonctionner ou devenir une base de transfert parfait pour ramener d’autres jeunes intéressants dans l’effectif. Une timeline (et une seule) se dessine : attention, la franchise pourrait être très intéressante dans deux ou trois ans.

Le pire scénario

Jamahl Mosley voit autant les défauts de Derik Queen que ses qualités et décide de titulariser Yves Missi, plus complémentaire de Zion Williamson. Le duo est la seule source de satisfaction des Pelicans pendant que la franchise peine, encore et toujours à progresser.

Pendant ce temps Kingston Flemings s’éclate à Atlanta et son potentiel ne fait aucun doute. Pour laver « l’affront », Joe Dumars tente d’autres moves qui font lever les sourcils des observateurs…

On ne leur souhaite pas.


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