Milwaukee Bucks : quels jeunes vont profiter du vide laissé par Giannis Antetokounmpo ?

Le 24 sept. 2026 à 12:18 par Baptiste Hay-Lemétais

Kel'El Ware, Brayden Burries et Kasparov Jakucionis, Milwaukee Bucks
Source image : Montage via YouTube

Le trade qui a fait trembler la Conférence Est : Giannis Antetokounmpo, visage de Milwaukee depuis 2013, envoyé à Miami la veille de la Draft 2026. En retour, les Bucks ont récupéré Tyler Herro, Kel’el Ware, Jaime Jaquez Jr, Kasparas Jakučionis et trois picks. De quoi reconstruire, mais plus personne capable de dunker sur trois mecs en transition.

Le vrai trou laissé par Giannis Antetokounmpo, c’est dans la peinture. Milwaukee récupère Kel’el Ware, un poste 4-5 de 22 ans qui n’attendait qu’une chose : de l’espace. Coincé derrière Bam à Miami, Ware tournait quand même à 11,1 points et 9,0 rebonds en 22 minutes, à 53 % au tir dont 39,5 % à 3-points. La raquette est désormais un peu plus ouverte à Milwaukee : mobile, capable d’étirer le terrain, il a le profil parfait pour améliorer ses statistiques cette saison. Il faudra néanmoins bousculer la hiérarchie pour passer devant Myles Turner ou se développer sur le poste 4.

Y’a des soirs comme ça… où Kel’el Ware c’est Anthony Davis. pic.twitter.com/48fciMDnkE

— TrashTalk (@TrashTalk_fr) October 9, 2025

Les autres prétendants

Kasparas Jakučionis, 20 ans, pourrait surprendre son monde. Planqué derrière une rotation blindée à Miami, le Lituanien a quand même trouvé le temps de shooter à 42,3 % à 3 points en tant que rookie. À Milwaukee, personne pour lui piquer les tirs ouverts, du moins, s’il obtient enfin son quota de minutes. Il pourrait devenir le genre de joueur qui fait chauffer le Fiserv Forum un soir de novembre sans que personne ne l’ait vu venir. Un sniper silencieux qui débarque par la petite porte et repart en sortant le champagne.

Kasparas Jakučionis pic.twitter.com/uxiuJb8yKg

— Uncle Buck (@braydenflurries) September 11, 2026

Ryan Rollins, lui, n’a plus besoin qu’on le présente. La saison passée, le meneur de jeu a littéralement explosé : 17,3 points, 5,6 passes et 4,6 rebonds de moyenne en 32 minutes, avec une pointe à 32 points contre Golden State. Un an après avoir hérité des clés du camion suite au départ de Damian Lillard, le meneur de 24 ans a prouvé qu’il pouvait porter une attaque à lui tout seul. Avec l’arrivée de Tyler Herro, le Gérard d’Or d’Alex l’an passé ne sera pas l’option numéro 1 mais aura bien plus de ballons pour montrer de quoi il est capable. Si la mayonnaise prend bien avec l’enfant du pays, on pourrait avoir un backcourt plutôt « sexy ».

Ryan Rollins vs Warriors

32 pts / 3 reb / 8 ast / 5-7 3p pic.twitter.com/F0LGSbEG0c

— A Walking Highlight (@11AWH) October 31, 2025

Jaime Jaquez Jr, le couteau suisse increvable venu de Miami, a lui aussi passé un cap la saison dernière : 15,4 points, 5 rebonds et 4,7 passes de moyenne, avec un joli 50,7 % au tir. Le genre de joueur qui ne fait jamais la Une mais qui gagne des matchs en silence, à coups de paniers malins et d’impact dans les secteurs qui ne se voient pas. Dans un vestiaire encore en pleine reconstruction, ce profil-là vaut de l’or : ni superstar, ni role player jetable, juste le mec qui fait tourner la boutique pendant que les autres apprennent le métier. À 25 ans, le mexicain sera peut-être dans le 5 majeur de Taylor Jenkins, qui apprécie tout particulièrement ce profil de joueur.

JAIME JAZQUEZ JR 🔨🔨🔨pic.twitter.com/sSVHRtSjiu

— Camisa 23 (@camisa_23) November 4, 2023

Ousmane Dieng, le Français de la bande. Débarqué à Milwaukee en février 2026 via un chassé-croisé de trades à rallonge, l’ailier de 23 ans a fini la saison en trombe : 11 points, 4,6 rebonds et 3,6 passes de moyenne en 27 minutes, avec un pic à 36 points et 10 assists face à Houston, du jamais-vu pour lui en carrière. Bon porteur de balle, gabarit de forward, vision de meneur : sur le papier, il coche pas mal de cases pour devenir un rôle player précieux du nouveau projet Bucks. De quoi faire chauffer les rubriques tricolores un peu plus tôt le matin, et donner une bonne excuse aux fans français de mettre leur réveil à 2h du mat’ pour un Bucks-Nets. Cocorico.

Ousmane Dieng vs. Houston Rockets 4/1/2026

36 PTS | 15-31 FG | L 113-119 pic.twitter.com/Qon6mnhYFd

— NBA Shooting Audit (@NBAShotAudit) April 2, 2026

Brayden Burries, impossible de parler de reconstruction sans citer le 10e pick de cette Draft 2026. L’arrière d’Arizona n’a pas mis longtemps à faire taire, pour le moment, les sceptiques qui le voyaient cantonné à un rôle de role player. En Summer League, il a tout simplement explosé le compteur, avec 23,5 points, 4,5 rebonds et 4,3 passes de moyenne à 50 % au tir, décrochant au passage une place dans le All-Summer League First Team, une première pour un joueur des Bucks depuis Sandro Mamukelashvili en 2022. Un scoreur sur les trois niveaux, capable de créer pour lui-même comme pour les autres, avec en prime un vrai instinct défensif, huit contres en quatre matchs pour un arrière de 6’4, ça ne s’invente pas. Face à une rotation backcourt déjà dense entre Rollins, Herro et Jakučionis, les minutes ne tomberont pas toutes seules, mais si la Summer League n’était pas un mirage, Milwaukee tient peut-être son arrière pour le long-terme.

Nate Ament, le fameux pick numéro 13 récupéré dans le deal Giannis, celui-là même que Miami avait sélectionné avant de le refiler aussitôt à Milwaukee. Ancien freshman de Tennessee à 16,7 points et 6,3 rebonds de moyenne, l’ailier de 19 ans, 2m08 sous la toise, débarque avec l’étiquette de projet plus que de produit fini. La Summer League a plutôt confirmé cette lecture : des débuts poussifs à six points, avant une montée en régime crescendo jusqu’à une sortie à 23 pions contre Charlotte, pour finir à 11,2 points et 4,8 rebonds de moyenne sur cinq matchs à 38,9 % à 3-points. Encore un peu tendre à la finition et discret au rebond pour son gabarit, mais avec des attributs qui donnent envie de patienter : de l’envergure, un shoot extérieur qui progresse et une vraie capacité à provoquer la faute. Un chantier à ciel ouvert, littéralement né du départ de Giannis, que Milwaukee compte bien prendre le temps de sculpter.

Les Bucks ne cherche pas un nouveau Giannis, ce serait peine perdue. La franchise cherche plutôt cinq ou six jeunes prêts à se partager un gâteau qui appartenait à un seul homme depuis treize ans. Ils sont plusieurs et il y a de la place pour tout le monde. 


Voir toutes les News