Les Nets face au défi de la création d’identité
Le 23 sept. 2026 à 12:43 par Nicolas Vrignaud

Un peu dans le ventre mou, un peu dans le fond du classement. Depuis la fin de l’ère Kevin Durant – James Harden – James Harden chez les Nets, les résultats sportifs oscillent entre l’oubliable et le risible. Cette année doit être la continuité d’un projet qui – a défaut de gagner – peut exister autrement que par les railleries sur la carte NBA.
Le propos introductif de ce papier est une déclaration de Sean Marks, datée de l’intersaison 2023 (propos via le New York Post).
« Je pense que notre culture évolue continuellement. Je suis confiant sur le fait d’avoir les bonnes personnes pour développer cette culture. Ça part de là et ça continuera d’avancer. Et avec les joueurs qui sont dans l’équipe comme ceux que nous avons acquis (via transfert). »
Après avoir frôlé une énorme chance de titre NBA à une pointure près en 2021, les Nets n’ont toujours pas trouvé, à l’aube de la saison 2026-27, la route qui les mènera de nouveau au succès. Pourtant, des pas importants ont été faits en ce sens, enfin un, tout du moins : le recrutement de Jordi Fernandez, à l’été 2024. Depuis ? Un développement assez intéressant… sans brûler les étapes.
Des jeunes plutôt prometteurs sont également arrivés, avec Egor Demin drafté en 2025, et Mikel Brown Jr, qui va faire ses débuts en NBA cet automne. Brooklyn n’a également pas eu la chance que son classement aurait pu lui prédire lors de la Lottery. Un 8e choix en 2025, un 5e choix en 2026.
L’identité, moyen d’exister à côté d’un champion NBA
Malheureusement pour les Nets, vivre à côté des Knicks n’est déjà pas une mince affaire. C’est d’autant plus le cas que les voisins sont champions NBA en titre, avec une équipe qui comporte notamment l’ancien joueur majeur de Brooklyn, avec une superstar – Jalen Brunson – qui a accepté une ristourne sur son contrat pour faire vivre financièrement le projet.
Une franchise au sommet, l’autre pas loin d’être au fond du seau. Et pour les joueurs NBA comme pour les fans, l’image compte énormément. Les Nets ont besoin d’un repère sportif comme D’Angelo Russell, dans un autre contexte certes (voir plus bas) a pu l’être. Julius Randle, un retour à New York pour une rédemption ? Le scénario serait beau. Reste à voir comment prétendre à quoi que ce soit dans une Conférence Est qui s’annonce… compétitive cette saison.
L’identité sert aussi à fédérer. Malgré un positionnement géographique plus qu’enviable, les Nets n’ont attiré « que » 713 896 personnes en 2025-26. La 22e affluence de la ligue. Dans la ville la plus peuplée des États-Unis. Dur.
La recette, les Nets la connaissent
La franchise a montré avec brio par le passé comment faire de très belles étincelles avec pas grand chose. Et par « pas grand chose », on veut surtout dire rien du tout. Un projet Big 3 vieillissant autour de Deron Williams, Kevin Garnett et Paul Pierce qui ne donne rien, et des premiers tours de Draft envoyés à Boston qui laissent Brooklyn comme un tas de cendres fumantes à l’heure d’aborder la suite.
Et pourtant, quelle suite. Des recrutements malins, un coach, Kenny Atkinson, qui a la main et l’esprit sur un groupe qui s’exécute. Et voilà, fédérée sur le terrain autour d’un D’Angelo Russell transformé et All-Star, une bande qui émerveille les fans par sa joie de vivre, et qui surprend la ligue sur le terrain par sa mentalité d’underdog, ne lâchant jamais rien. Ci-gît la dernière identité purement « Nets », qui s’est même exportée en Playoffs le temps d’un premier tour.
every member of the 2018/19 Nets are no longer on the team pic.twitter.com/XLlLIwACGA
— Netszn (@Netszn) June 30, 2023
Une identité qui a été jusqu’à séduire Kevin Durant et Kyrie Irving, qui ont choisi d’élire domicile à l’Est de Manhattan à l’intersaison 2019. Le début de la fin, la fin du début ? Sans doute que ce groupe n’aurait pas été plus haut sans l’arrivée de grands noms. Il n’a en tout cas pas réussi à laisser les bases de ce qui faisait sa force : son collectif, son envie, son plaisir.
À l’époque, Sean Marks est déjà celui qui est aux manettes du volet sportif de l’équipe. Celui qui a recruté. Sean Marks n’est d’ailleurs plus un néophyte, à l’heure où ces lignes sont écrites. L’assemblage de stars, il sait faire. L’assemblage d’un groupe cohérent, il sait faire aussi.
Michael Porter Jr, une star… encombrante
Aujourd’hui, les Nets prennent le temps, mais certains choix interrogent. Le passé s’apprécie, ne se ressasse pas. N’empêche que dans ses propres archives, Brooklyn tient la recette qui gagne, avec aujourd’hui l’ingrédient en plus : des jeunes issus de la Draft. Mais la franchise s’est peut-être entourée avec des joueurs qui empêchent de créer quelque chose d’humainement sain. Michael Porter Jr, en tête. L’avis est tant personnel que basé sur une observation objective de faits.
MPJ, c’est 24,2 points de moyenne en 2025-26. Il faut bien laisser le temps au basketteur, car les Nets, en 2027, n’ont pas de contrôle sur leur pick de Draft et pourraient se reposer sur lui pour être compétitifs.
Cependant, on parle d’un joueur qui sort chaque été dans les médias pour parler de tout sauf de basket – et de sujets qui le dévaluent fortement en tant qu’humain – n’est pas un bon point quand on suppose que l’ensemble des jeunes bourrés qui débarquent via la Draft le regardent comme le patron au quotidien. Restera t-il un Net jusqu’au bout de la saison ? La réponse est impossible à donner, bien que le sens du développement de la franchise penche plus – par bon sens – vers le non que vers le oui. On en parle d’ailleurs ici.
