Flashback Paris 2024 : quand le pied de Gabby Williams était un peu trop grand
Le 13 sept. 2026 à 11:13 par Giovanni Marriette

Ce soir l’Equipe de France est face à un défi immense. Taper des Américaines invaincues en Coupe du Monde depuis vingt ans. Il y a deux ans, en finale des Jeux olympiques de Paris 2024, tout s’était joué à… quelques centimètres. Retour sur une fin d’après-midi bien trop déchirante.
Nous sommes le 11 août 2024. Les Jeux olympiques de Paris 2024 touchent à leur fin. Teddy Riner, Léon Marchand, Pauline Ferrand-Prévot et bien d’autres ont fait battre nos cœurs quinze jours durant, et en cette soirée étrange aux airs de soirée de bal de fin de promo, l’Equipe de France affronte la terrible équipe américaine en finale du tournoi de basket-ball féminin. La veille c’est la même affiche qui avait conclu le tournoi masculin et Stephen Curry avait tordu en deux les espoirs de tout un pays, mais ce soir-là c’est tout autre chose. Une grande fête nationale, un match de basket certes, mais un match qui vient surtout conclure – si possible en beauté – deux semaines d’un spectacle grandiose.
En restant un minimum censé, pas grand monde ne croit à une victoire française. Le parcours est certes stylé, avec des victoires face à l’Allemagne et la Belgique pour accéder à la finale, mais ces Avengers américaines sont trop fortes. A’Ja Wilson est la meilleure intérieure du monde, Sabrina Ionescu, Jackie Young, Breanna Stewart, Napheesa Collier ou Kelsey Plum sont des top joueuses mondiales, Diana Taurasi est encore là pour parfaire son palmarès de légende… bref cette Team USA a beaucoup trop de matos pour douter, même face à des Bleues en confiance et à domicile.
Mais en ce 11 août, la magie va opérer. Cette même poudre invisible qui a fait de Paris 2024 une réussite totale se répand sur l’Accor Arena et, moment de flex ultime, nous sommes présents dans la salle pour vivre ce moment suspendu, cet instant où vous rentrez à l’intérieur d’un livre pour en devenir l’un des personnages.
La salle est évidemment pleine à craquer, nos yeux prêts à déverser des litres de larme, nos pores prêtes à transpirer comme jamais. La France tient tête à l’ogre. Dans un premier quart défensif, les Américaines sont gênées comme jamais, et au terme d’une première mi-temps assez inimaginable une heure plus tôt, le score est de 25-25. Marine Fauthoux a fait exploser Paris sur un shoot deux bon mètres derrière la ligne à 3-points, Team USA domine dessous mais les Françaises défendent comme si leur vie en dépendait. En tribunes mon acolyte et moi-même nous regardons l’air hébété, un peu comme chaque jour depuis une semaine. Tout est trop beau, chaque scénario est trop parfait.
En deuxième mi-temps la France tient bon. A’ja Wilson appuie là où ça fait mal mais Gabby Williams lui répond et rentre dans le cœur des Français. Deux petits points de retard à l’entame du dernier quart, l’heure des petits détails qui feront au final la différence. A’Ja Wilson découpe par deux fois Janelle Salaün et Marine Johannes mais n’est pas sanctionnée, on ne dit pas que l’arbitre est fautif, on dit juste que ça se joue à des détails.
Saut dans le temps, dernière minute de jeu. La France est menée 67-64, il reste quelques secondes à jouer et la balle est française. Marine Johannes n’a pas fait le meilleur match de sa carrière mais c’est elle qui remonte le ballon, alors qu’en tribune de presse on a arrêté de respirer depuis quelques minutes déjà. Un dribble, une passe, Marine trouve Gabby Williams à 3-points, plein axe, et le shoot rentre avec la planche. Victoire française d’un point, au buzzer, les Bleues sont championnes olympiques, on vous l’a dit, Paris 2024 se conjugue au plus que parfait.
Oui mais non.
Ceux qui qui ont l’œil le savent déjà, et les autres ne vont pas tarder à le découvrir : Gabby Williams a mordu la ligne, d’un bon demi pied, et le ralenti est formel. Score final 66-67, les Américaines sont championnes olympiques pour la 456è fois de suite et les larmes coulent par tonneau sur le parquet, dans toute la salle et dans toute la France du basket.
🇫🇷🥈🏀 « Qu’est-ce qu’on est fier d’être français ! » : jusqu’au bout, les Bleues ont embêté les Américaines, sacrées championnes olympiques pour un petit point (67-66) #Paris2024 #FRAUSA pic.twitter.com/lU09MlJuJ1
— Eurosport France (@Eurosport_FR) August 11, 2024
La suite ? Un podium, des larmes, une cérémonie de clôture, des larmes, une soirée en équipe dans Paris, au pied de la Tour Eiffel qui s’allume une dernière fois, les larmes, un selfie iconique, les larmes putain, les larmes. Un fin cruelle mais d’un niveau émotionnel équivalent à tout ce qu’on a vécu sur la quinzaine, et c’est donc ce souvenir douloureux que les Françaises tenteront d’effacer ce soir pour une revanche immanquable. Quelque chose nous dit que nos Bleues sont beaucoup plus détendues qu’il y a deux ans, nous aussi tiens, alors envoyez nous ces Américaines, qu’on en finisse avec les larmes de tristesse pour pleurer encore, mais de joie cette fois-ci.
