One-on-One

L’escroquerie du dossier Chris Paul pour le All-Star Game : les chiffres derrière sa “belle” saison…

On ne pouvait pas y échapper. Chaque année, les sélections pour le ASG créent des montagnes de polémiques, les débats les plus envenimés prenant place jusqu’à la mi-février. Cependant, le bruit semble résonner de la même façon chez les passionnés cette saison  : mais que fait Chris Paul devant Damian Lillard ? 

Que CP3 soit un grand joueur de basket, à la fois techniquement comme statistiquement, peu de monde peut le nier. Le meneur des Clippers réalise une nouvelle campagne des plus solides sous les ordres de Doc Rivers, offrant près de 18 points, 5 rebonds, 10 passes et 2 interceptions de moyenne pour une équipe placée dans le Top 4 de sa conférence. Jusque là, c’est du propre. On peut également ajouter le fait que son PER (Player Efficiency Rating) est placé dans le Top 10 de la Ligue, son ratio de passes décisives réussies par balles perdues reste exceptionnel, et ses moyennes actuelles lui permettraient de rejoindre Magic Johnson, Isiah Thomas, Terry Porter et Rod Strickland dans l’histoire s’il garde le même rythme jusqu’en avril. De plus, s’il existe encore des aspects de son jeu qui laissent à désirer, comme ses performances à l’arrivée du printemps et une défense individuelle qui pourrait clairement s’améliorer, il faut vraisemblablement posséder les qualités optiques de Gilbert Montagné pour affirmer que CP3 est mauvais. Non, on ne peut pas dire que le sourire le plus brillant de Los Angeles soit un cancre de la balle orange, ou ne mérite pas d’aller à New York. Cependant, dans le cadre du All-Star Game et donc des remplaçants qui ont été nommés hier soir, un vrai débat peut être ouvert autour de sa sélection, renvoyant certains meneurs d’élite dans leur canapé alors que les cases étaient toutes plus ou moins cochées.

On pense notamment à Damian Lillard et Mike Conley en premier lieu, deux sergents dont les statistiques sont aussi impressionnantes, et qui arrivent à mener leur franchise devant celle de Steve Ballmer. Jugez plutôt : 22 points, 5 rebonds et 6 passes pour le premier, 17 points, 3 rebonds et 6 passes pour le second. Si Paul propose une meilleure défense que Damian et des statistiques plus gonflées que Mike, comment concevoir que deux membres des Clippers devraient représenter leur franchise à New York (Blake est dans le cinq) alors que leur bilan est moins bon que celui de Memphis et Portland ? C’est un des points qui a été immédiatement souligné par Marc Gasol, le géant des Grizzlies affirmant que le bilan collectif devrait être davantage récompensé que l’individuel, comme pour ces Hawks dont les chiffres ne briseront aucune rétine mais qui enverront trois membres de leur armée au match des étoiles. Certes, Kevin Love et Derrick Rose ont probablement suffisamment d’arguments numériques pour contrer Paul Millsap et Jeff Teague, mais comment ne pas déprimer au réveil si vous êtes Damian Lillard ? Le plus intéressant, concernant le dossier CP3, c’est la façon dont ses statistiques sont produites -elles qui sont en baisse par rapport à la saison dernière, sauf au tir. En effet, reniflant l’odeur du sang lorsque des petites équipes sont dans son viseur, Paul n’hésite pas à faire péter la feuille de match contre le poubelles avant de s’écrouler face à la crème de la NBA. La preuve par les chiffres : face aux 5 meilleures équipes de l’Est et de l’Ouest, Chris tourne à 16.6 points, 4.7 rebonds et 8.5 passes à 40.7% au tir. Le bilan de sa franchise ? 4 victoires pour 8 défaites… Pas vraiment le type d’argument à laisser de côté, surtout quand on voit le numéro 3 claquer des triple-doubles face à Utah ou dominer sa matchup dans des endroits extrêmement hostiles comme Indiana ou Charlotte. Dominer les petits, c’est bien, mais tenir debout face aux grands, c’est mieux.

On va peut-être devoir ouvrir une enquête sur le vol dont Damian Lillard de nos Blazers a été victime en étant oublié pour le All-Star Game.

Et c’est justement dans ce registre-là que d’immenses zones d’ombres sont à pointer du doigt, notamment dans les performances lâchées par certains meneurs cette saison lorsqu’ils ont vu Chris en face. Qui ne se souvient pas du récital offert par Kyle Lowry (25), par Kyrie Irving (37), par Tony Parker (26), par Jeff Teague (20) et même Brandon Knight (22) cette saison, des meneurs qui -tiens tiens- font tous partie du haut de tableau dans leur conférence et se sont régalés contre les Clippers ? Certes, le tableau n’est pas tout noir ou tout blanc : Lillard est loin d’être un exemple en défense, il y a également eu des rencontres durant lesquelles Paul a offert du bon boulot dans sa propre moitié de terrain et a permis aux siens de s’imposer, mais la non-sélection de Damian Lillard a créé un tel bombardement sur les réseaux sociaux qu’il fallait bien se poser dessus une demi-seconde. Est-ce le fait d’avoir perdu à deux reprises contre CP3 ? Malheureusement, ce dossier sera probablement enterré à la vitesse de la lumière par Doc Rivers, avocat spécialiste depuis plus de 10 ans et réputé aux quatre coins de la Ligue dans l’usurpation d’identité. Le coach de Los Angeles a réalisé un tel boulot de publicité pour ses joueurs, sa passion chaque hiver, qu’on se demande si des traces illicites n’ont pas été trouvées dans son bureau. Un véritable harcèlement médiatique, vu et revu au quotidien, pour faire en sorte que ses petits poussins soient récompensés dans le match le plus inutile de la saison. Après tout, quoi de plus étonnant pour un ‘stratège’ qui recrute son fils en cachant le tout derrière une décision ‘purement sportive’ ? Dans son coin, Lillard espérera secrètement que la NBA l’enverra à la place de Kobe chez les remplaçants, une maigre consolation après avoir été viré de la Team USA cet été. Le genre de rêve que Mike Conley ne peut même pas imaginer, lui qui possède pourtant les statistiques de Jeff Teague et se positionne sur le podium de la Conférence Ouest…

Tous les ans, le débat fait rage. Et tous les ans, des déceptions ont lieu. Cependant, le fait de voir Lillard laissé sur le bas-côté a créé un sentiment collectif de frustration, pointant automatiquement le doigt sur les autres meneurs qui ont été préférés devant lui. Curry et Westbrook ? Non. Chris Paul, certes auteur d’une belle saison statistique, mais qui aura probablement droit au symbole de sa carrière dans quelques jours : participer à un match plein de paillettes, avant de se vautrer dans un contexte nettement plus sérieux… Rendez-vous au printemps, comme dirait Damian.

 Source image : ESPN

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