Dossiers NBA

Charles Oakley, le soldat

Charles Oakley

Charles Oakley, qui fête aujourd’hui ses 50 ans, est le profil type du joueur pas flashy, collectif et dur sur l’homme. Le genre de joueur qui ne paie pas de mine sur un parquet mais qui est d’une importance vitale à son équipe. Le genre de soldat que tout coach adore pouvoir mettre dans son 5.

En 19 saisons en NBA dont plus de la moitié (10) aux Knicks, « The Oak » a joué sa partition faite principalement de rebonds, de prises de positions musclées au poste bas, de défense rugueuse sur l’homme et de points même s’il n’a jamais été l’option offensive n°1 des équipes dont il a fait le bonheur. Avant de débarquer à New York pendant l’été 1988, Oakley venait de passer 3 saison chez les Bulls aux côtés de Michael Jordan et d’y envoyer des lignes de stats tout à fait dans son style : 12,2 points, 11,6 rebonds, 3 passes décisives et un contre par match (241 matchs). Mais, la montée en puissance d’Horace Grant poussa les Taureaux à échanger Oakley.
Au sein de ces Knicks – où il a formé avec Pat Ewing une paire d’intérieurs dure au mal et reconnue pour son intransigeance défensive tout au long des années 90 – Charles Oakley a tout donné. Puissant, rugueux et très intelligent dans son placement, il était un pion essentiel de l’organisation tactique de Pat Riley. Malheureusement pour lui et pour toute cette équipe des Knicks, il y a toujours eu une équipe pour leur barrer la route vers le titre (les Pistons, les Bulls, les Rockets…).

Sur ses 10 saisons à New York, soit plus de 700 matchs (727 exactement), Oakley tourne en double double de moyenne avec 10,4 points et 10,2 rebonds par rencontre. Jamais étincelant mais toujours là. Jamais à réclamer la balle en attaque mais toujours là pour planter à mi-distance s’il le ballon lui arrive. Pas le genre à contrer tout ce qui bouge (plutôt le boulot du grand Pat ça) mais toujours sur la route de l’attaquant prêt à donner son corps pour provoquer un passage en force ou pour empêcher l’ennemi de prendre position sous SON cercle. Du travail de l’ombre donc, de basses besognes mais des tâches qui comptent tellement dans un sport comme le basket. Quand on parle de « cols bleus » aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de penser à Mister Charles Oakley qui en est l’exemple type.

« Je ne saute pas très haut mais aucun gars ne peut m’intimider ou me battre facilement au poste bas. J’ai trop de coeur et de fierté pour ça.   Charles Oakley en 1994 à propos de sa défense impressionnante. »

Et puis, comme tout bon soldat, Oak’ n’hésitait jamais à aller au combat. Le vrai combat, le combat de rue à main nue. Il n’était pas question pour lui de ne pas répondre à quelque provocation que ce soit, quelque soit le joueur en face ou la situation. S’attaquer au soldat Oakley était une aventure risquée qui se finissait souvent aux vestiaires voire à l’infirmerie. Des gars comme Xavier McDaniel ou Charles Barkley ont pu s’en rendre compte : Bons comme mauvais, Oakley ne retenait jamais ses coups…

« Ce gars est un avocat pas un General Manager. Vous ne pouvez pas dépenser 200 Millions en contrats et ne pas faire les playoffs. C’est la mère de Vince Carter qui dirige cette équipe. »  Chales Oakley en mai 2002 à propos du GM des Raptors de l’époque, Glen Grunwald

Effectivement, Charles Oakley n’avait pas la langue dans sa poche et, après ces 13 saisons entre Chicago et New York, quand il commença à errer pendant 6 années, de Toronto à Houston en passant par Washington, « The Oak » multiplia les sorties amicales comme celle-ci. Il faisait toujours le boulot malgré son âge qui avançait mais le cœur n’y était plus. On sentait qu’il avait fait son temps. Il raccrocha définitivement les sneakers en 2004 après 2 saison indignes de son rang (aux Wizards et aux Rokets). Oakley était allé au bout du bout comme tout bon soldat qui se respecte…

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