L’histoire des World Series of Basketball

Parmi les contributeurs qui ont fait bouger les choses au basketball, Abe Saperstein tient une place de choix. Promoteur de génie qui a hissé les Harlem Globetrotters au sommet, il n’a jamais été en manque d’idées pour faire grossir l’impact médiatique des siens et de la balle orange. Dans l’énorme liste de ses accomplissements on trouve les World Series of Basketball, une tournée de plusieurs semaines où ses Trotters se frottent à une sélection des meilleurs universitaires du pays, sur tout le territoire américain.

Aussi connu sous le nom de College All-Star tour (tournée), cette série de rencontres lancée en avril 1950 représente un challenge logistique dingue à sa création. Alors que les vols commerciaux intérieurs sont loin d’être monnaie courante, c’est bien par la voie aérienne que l’ensemble des joueurs – Harlem Globetrotters et universitaires – vont de ville en ville, de New York à Los Angeles. Si on ajoute à ces trajets les déplacements sur place, l’hôtel, la bouffe, les salaires, la location des salles, les assurances et tellement d’autres sources de dépenses, on obtient une ardoise faramineuse.

Alors pourquoi se lancer dans ce projet fou des World Series of Basketball ? Tout simplement pour rapporter encore plus d’argent. Après une défaite des Trotters contre une sélection d’universitaires devant une salle bien garnie, Saperstein se rend compte du potentiel commercial de telles confrontations. Avec la renommée de ses joueurs – qui sortent de deux victoires sur les Lakers les deux dernières années – et la popularité du basketball à la fac, les fans seront prêts à se déplacer en masse pour voir les jeunes idoles locales se frotter aux Trotters.

Les dates des World Series of Basketball sont choisies pour coïncider avec le spring break des étudiants, après le tournoi NCAA. De ce fait, les jeunes hommes ne ratent pas de cours et ne perdent pas leur éligibilité pour le sport au sein de la fac en touchant de l’argent au cours de la saison. Bien entendu, c’est pour cela que seuls ceux en fin de cursus sont concernés par la sélection. Une fois les choix faits, c’est parti pour trois semaines à sillonner le pays en jouant quasiment tous les soirs.

Afin de maximiser les audiences, l’organisation prend bien soin de sélectionner des joueurs de différents coins des USA. Ainsi, chaque soir ils disposent d’un lascar qui peut être considéré comme le régional de l’étape, ce qui attire d’autant plus de monde. Dès le départ, les World Series of Basketball sont un carton. La première année, 13 matchs sur 18 se jouent à guichets fermés. Six villes enregistrent leur record d’affluence. Et ce n’est que le début. 

En 1951, les World Series of Basketball se posent au Rose Bowl et inscrivent la tournée au Guinness Book comme plus grande affluence de l’histoire pour un match de basket avec 31 648 fans massés dans les tribunes (ce record ne va tenir que cinq mois, les Globetrotters vont exploser ce chiffre à Berlin au cours de l’été avec une affluence de 75 000 personnes). Au fil des années, d’autres records tombent, la tournée s’élargit et certains des plus grands noms de l’histoire du basket passent par la sélection College All-Star : Paul Arizin, Bob Cousy, Bill Ramsey, Cliff Hagan, Gene Shue, Tom Gola, Jack Twyman, K.C. Jones, Walt Bellamy ou encore Tom Heinsohn.

Après une pause en 1959 pour cause de jeux pan-américains et en 1960 pour les Jeux Olympiques, le College All-Star tour reprend ses droits en 1961. Avant de disparaître brusquement l’année suivante suite aux manœuvres de l’Amateur Athletic Union en froid avec Saperstein et qui retire les droits à la bourse pour tous les universitaires participant à l’événement. Alors qu’il reste encore quelques mois de classes pour ces jeunes gens, ils ne peuvent pas prendre ce risque.

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