Spurs

Le maillot de Tim Duncan retiré : une cérémonie d’exception, entre humains d’exception

Tim Duncan
Source image : NBA League Pass

C’était le moment le plus attendu de la soirée autour de la planète basket, la cérémonie qui devait hisser le numéro 21 de Tim Duncan jusqu’au plafond et célébrer son immense carrière. Mais au final, bien plus de choses se sont passées, et la tournée d’applaudissements initiale s’est en fait transformée en véritable messe en l’honneur de l’ailier-fort.

Match plié face aux Pelicans, victoire assurée par les cadres, tout le monde s’impatientait devant le programme qui allait suivre, et les interrogations qui en découlaient. Est-ce que Duncan allait se ramener en jogging, est-ce que Tony et Manu tiendraient sans craquer, comment tout ce beau monde allait réagir et honorer le sportif le plus important de l’histoire de San Antonio ? Après un premier tifos tenté en fin de troisième quart-temps et qui remerciait Timmy pour ses nombreuses années de services, les fans se bouffaient les doigts en voyant la star de la soirée arriver. Duncan, sapé comme jamais, petit costard et chemise violette au menu, s’asseyait à côté de sa famille et voyait un sacré septuor s’installer face à lui : Dave Odom, ancien-coach à Wake Forest, David Robinson et Bruce Bowen, anciens coéquipiers chez les Spurs, R.C. Buford et Gregg Popovich, actuels stratèges de la maison texane, et la paire Ginobili-Parker pour conclure, anciens compagnons des plus grandes batailles. Premier à prendre la parole ? Tony, qui via son humour naturel et son aisance micro en main, calmait les émotions de chacun en envoyant bonne vanne sur bonne vanne. Des compliments, évidemment, envers son coéquipier de toujours et mentor éternel, mais aussi quelques belles punchlines, sur les fringues de Duncan ou les fameux regards qu’il envoyait à Tony pour avoir la balle : TP était parfait dans son rôle, décompressait  tout le monde d’entrée afin de mieux apprécier la suite.


Après le frenchie, venait bien évidemment l’Argentin. Et à son tour, Manu Ginobili y allait de sa petite tirade bourrée d’anecdotes, sur ce grand frère capable de l’harceler par téléphone, afin de le traîner dans un restaurant et parler bagnole. Tout ça pour quoi ? Ne pas penser au dernier match raté, et passer au suivant avec sérénité. Son esprit de compétition, sa façon de mener par actions plutôt que par blabla, Duncan était évidemment touché par les mots de son arrière qui lui aussi avait du mal à retenir ses larmes. Ginobili, portant une sélection et un pays sur son dos, qui a déjà réalisé des dizaines et des dizaines de speechs, lui-même avouait que l’épreuve de ce soir était plus dure qu’il ne l’imaginait, car elle devait rassembler tant de moments et de qualités partagées pendant tant d’années dans un seul discours. Et forcément, Manu devait finir par la plus belle des notes : remercier Timmy pour avoir rendu chaque coéquipier meilleur, lui comme Tony ou Bruce, un dernier au revoir à cet ami qui l’a tant aidé sur les parquets comme dans la vie.

Next ? Popovich, le plat principal. Et, pour de nombreux fans suivant la cérémonie en direct, le breaking point émotionnel, connaissant évidemment le lien si fort unissant l’entraîneur et son ancien joueur. Habituellement si confiant, sûr de lui, le volant entre ses mains et sûr de pouvoir contrôler la situation, Coach Pop se retrouvait pour une rare fois tout simplement désarçonné. Durant son speech, comme imaginé, des pauses nécessaires pour ne pas craquer devant le public, pour ne pas casser le rythme et aller jusqu’au bout de la mission accordée. Des parts de carotte cake laissées à l’hôtel aux premiers matchs joués avec Ginobili, en passant par sa capacité à laisser Gregg coacher l’équipe comme bon lui semblait, de son arrivée chez les Spurs au plus beau des compliments offert aux parents défunts de Duncan, Popovich montrait sa classe habituelle et cet humour si particulier, tout en dévoilant un côté plus intime et touchant. Un nouveau signe de plus, montrant l’impact unique de Timmy sur ceux qui ont partagé sa route.

Et pour finir, l’homme de la soirée lui-même. Qui, ô surprise, avait l’air de n’avoir rien préparé, car il avait tout donné dans le speech de sa vidéo. Remerciant chacun pour leur soutien, leur amour et leur foi en lui, Duncan en profitait évidemment pour chambrer ceux qui le voyaient ne parler que 20 secondes, ou porter un pull de grand-père pour une telle cérémonie. Sa façon à lui de partir sur un sourire, un dernier, avant que les larmes ne montent et ne finissent par couler, en témoignant à Popovich que son impact allait bien au-delà du coaching puisqu’il était comme un père pour lui.

Et ainsi se terminait cette magnifique cérémonie, symbolisant tant cette façon de faire à la Spurs et à la Duncan, sortant du modèle habituel. Le maillot du meilleur ailier-fort de l’histoire, retiré un dimanche soir, loin des plus grandes chaînes télévisées, des invités les plus connus et des discours les plus répétés ? Cette soirée n’avait pas été organisée pour élever le numéro 21 de Tim Duncan au plafond et dérouler son CV. Cette soirée avait été conçue pour célébrer l’excellence sportive et humaine, la vraie chaleur unissant des amis de toute une vie et des coéquipiers, après une des plus belles aventures partagées pendant des années. Mission accomplie, on se souviendra pendant longtemps de cette magnifique cérémonie.

1 Comment

1 Comment

  1. Kreis

    19 décembre 2016 à 9 h 22 min at 9 h 22 min

    P****, mais c’est que Tony nous fait un discours d’exception là! Il s’est ramassé dans le rap, mais il pourrait faire du stand-up le gars!
    Drôle et émouvant, c’est classe de se dire que ce type que j’ai rencontré quand il était gamin a maintenant cette place là quand il faut rendre hommage au plus grand 4 de l’histoire…

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top