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Augmentation du Salary Cap moindre et beaucoup de contrats moisis : l’été 2018 pourrait être glacial pour les agents-libres

Poches vides - Salary cap - NBA

Mauvais timing les gars.
Y’a plus rien dans les caisses.

Source image : pixabay

Jusuf Nurkic, Marcus Smart, Avery Bradley, Isaiah Thomas, DeAndre Jordan, J.J. Redick, Kentavious Caldwell-Pope ou encore Will Barton, Jabari Parker, Derrick Favors, Julius Randle et Aaron Gordon pour ne citer qu’eux font partie de la longue liste des agents-libres qui risquent d’avoir une mauvaise surprise cet été quand ils vont « tester le marché ». Car les franchises NBA vont être bien plus calmes qu’en 2016 et en 2017 en ce qui concerne la distribution de contrats juteux. Et ce, pour une raison simple : le salary cap ne va augmenter que de 2 millions (de 99 à 101 millions) pour l’exercice 2018-19, ne laissant à beaucoup de dirigeants qu’une marge manœuvre très réduite voire inexistante. Explications.

A l’été 2016, l’augmentation du salary cap a été plus vertigineuse que jamais elle ne l’avait été dans l’histoire de la NBA – de 70 à 94 millions – si bien que les dirigeants se sont bien laissés aller et ont dégainé des contrats monstrueux dans tous les sens. Nous avions alors parlé ici même des dangers d’un tel emballement. A l’époque, plus d’un milliard de dollars de contrats ont été envoyés dans les premières 24 heures du marché d’été. Et au bout de 10 jours, on ne comptait même plus le nombre de contrats tout aussi juteux que longs avaient été signés entre la plupart des franchises et un paquet de joueurs. Pour prendre un exemple parmi plein d’autres, un gars comme Evan Turner a eu le bonheur de signer la bagatelle 17,5 millions l’année sur 4 ans au mois de juillet 2016. Evan Turner est un role player dans n’importe quelle équipe, au mieux un sixième homme. Il n’est pas sûr du tout, voire impossible diront les plus pessimistes, que des gars comme Marcus Smart et tous les autres cités en intro puissent toucher autant et sur une aussi longue durée, mis à part quand même DeAndre Jordan dont le statut de All-Star lui donne une valeur plus « certaine ». De toute façon, le pivot des Clippers a une player option (1) sur la dernière année de son contrat. Celle-ci s’élève à plus de 24 millions et il serait tout à fait logique de le voir la lever pour rester encore un an chez les Clippers si jamais le marché semble bien trop bouché. Sauf qu’il va lui falloir prendre cette décision au plus tard le 29 juin prochain, soit avant de vraiment savoir ce que le marché lui réserve. Il va falloir la jouer fine. Tout le monde va devoir la jouer fine en ce mois de juillet 2018. Mais nous allons y revenir.

A l’été 2017, le salary cap a encore augmenté, beaucoup moins mais encore de manière suffisamment significative (de 94 à 99 millions) pour que de très gros contrats soient de nouveau distribués sans rechigner et probablement sans… réfléchir. Ou du moins pas assez. Que des énormes stars, des joueurs indispensables comme James Harden, Stephen Curry ou Russell Westbrook se voient proposer des extensions au maximum du maximum, c’est logique. Que Danilo Gallinari ait encore devant lui deux saisons à 21 et 22 millions de dollars de salaire l’est déjà beaucoup moins par exemple. Pourtant c’est bien le cas avec ce contrat que l’Italien a signé l’an dernier pour 64 millions au total, sur trois ans. Et il n’est pas le seul. Le contrat que Paul Millsap a signé l’été dernier – 90 millions sur trois ans – serait impossible à trouver cet été même pour un joueur de ce calibre, même avec la troisième année en team option (2). Alors imaginez un peu ce qui peut se passer pour des jeunes intérieurs de talent mais qui n’ont pas encore beaucoup prouvé comme Julius Randle, Jabari Parker, Aaron Gordon ou Derrick Favors… Ils vont devoir – comme leurs collègues plus expérimentés – faire face à une situation tendue. Une situation où la marge des uns et des autres va être très serrée. Tiens c’est bizarre, on n’entend plus personne – à l’instar d’Isaiah Thomas – nous parler de « fourgon de la Brinks »…

En effet, le fait que le cap n’augmente que de 2 millions pour atteindre « seulement » 101 millions cet été (comme dit précédemment) va brider les uns pendant les autres seront tout simplement muselés. En fait, seules quelques franchises auront naturellement de la place dans le salary cap et pourront envisager de signer un gros contrat à un agent-libre sans se retrouver à payer la très chère Luxury Tax (3) dont le seuil devrait être autour des 123 millions. Ce sera le cas des Hawks, des Bulls, des Suns, des Kings et des Pacers qui ont donc, aujourd’hui, moins de 101 millions de salaires garantis sur la saison 2018-19, cap holds (4) compris. Ensuite, il y a tout un groupe de franchises qui ont potentiellement une masse salariale au-dessus des 101 millions mais qui vont avoir une vraie flexibilité et surtout des choix à faire lors de l’été à venir. On pense ici aux Mavs, aux Magic, au Jazz, aux Nets, éventuellement aux Sixers et aux Rockets même si cela est très fictif vu les joueurs importants qu’ils vont avoir à re-signer et les prolongations très coûteuses qu’il va leur falloir aligner. On pense aussi très fort aux Lakers évidemment car ils sont potentiellement l’équipe avec le plus de cap space au 1er juillet prochain avec seulement 8 contrats garantis, fruit de leur stratégie claire de contrats courte durée donnés ou récupérés l’été dernier. Bref, vous aurez fait le compte vous-même, cela fait 12 équipes avec des possibilités de recrutement sérieuses pour s’intéresser aux agents-libres les plus convoités (et donc les plus gourmands). Les 18 autres n’ont à ce jour pas de place dans leurs masses salariales et très peu voire pas de moyen d’en faire.

Des Spurs, Pelicans et Knicks – qui ont en gros déjà 101 millions de salaires garantis pour l’an prochain – aux Cavs, Thunder, Raptors, Wizards et Heat – qui seront vraisemblablement dans la Luxury Tax sans avoir eu le temps de lever le petit doigt en passant par tout un groupe d’équipes (Blazers, Hornets, Pistons, Wolves, Clippers ou Nuggets) – qui n’ont aucune marge naturelle car déjà au-dessus du cap et très proches de la Luxury Tax, nous avons donc 60% des franchises NBA qui vont chercher à faire de la place dans leurs masses salariales ou à monter des échanges plutôt que de proposer quoi que ce soit à des agents-libres. Les Warriors et les Celtics ont aussi des contrats garantis qui les font passer au-dessus du cap mais ils ont des effectifs construits et n’auront de toute façon pas vocation à être actifs sur le marché des agents-libres. Les Bucks ont une belle base autour de laquelle bosser. Ils pourraient envisager des échanges mais certainement pas de sortir le chéquier pour un nouveau contrat. Enfin, les Grizzlies… Ils n’ont aucune marge puisque près de 80% du salary cap est réparti sur seulement trois joueurs (Conley, Parsons et Gasol) et seul l’Espagnol parait « tradable » mais si c’est l’intention, il ne faudra pas tarder. En tout cas, ce ne sont pas les oursons qui vont être agressifs lors de la free agency cette année.

Nous prendrons les temps de faire le point franchise par franchise le moment venu mais, au final, on s’aperçoit qu’il ne va pas faire bon être agent-libre cet été. Ce n’est clairement pas le bon timing pour être en recherche d’un accord juteux. Oui, pas le bon timing car c’est bien de cela dont il s’agit. La situation va s’améliorer dès l’été 2019 et surtout en 2020, quand ces contrats signés en 2016 et en 2017 vont commencer à sortir du salary cap des franchises. En attendant, il va falloir prendre son mal en patience…

(1) et (2) : player option et team option, c’est ICI

(3) : la luxury tax ou taxe de luxe, c’est ICI

(4) : le cap hold est un montant qui est compté dans le salary cap de l’équipe même si le joueur n’est pas sous contrat dans le cas d’un agent-libre (ou pas encore sous contrat, dans le cas d’un rookie). L’idée est d’éviter qu’une équipe puisse laisser en agent-libre une grande partie de ses joueurs, en signer d’autres au prix fort et ensuite proposer des contrats à ses agents-libres en utilisant les bird rights. Le système de cap holds oblige les dirigeants à prioriser la distribution des contrats dans la construction de leurs rosters. Pour se débarrasser du cap hold d’un joueur il faut soit le couper, qu’il signe avec une autre équipe, qu’il parte en retraite. A noter que le cap hold de chaque agent-libre varie en fonction de son salaire lors de sa dernière année de contrat.  

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