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Cavs – Warriors, acte 4 : et si on arrêtait de se plaindre !?

kevin durant lebron james cavs warriors

Une grande rivalité, ça se savoure.

Source : Youtube

Depuis quelques jours, bon nombre de commentaires négatifs circulent à propos de l’affiche de ces Finales 2018. Cavs – Warriors pour la quatrième année d’affilée, ce serait trop. La suprématie de ces deux équipes sur leurs conférences respectives commencerait à lasser. Pourtant, si on regarde dans le rétro et qu’on s’intéresse aux rivalités des années 80 ou 90, ces duels mythiques qui ont défini beaucoup de ce qu’est la NBA aujourd’hui, on se rend compte que des tonnes de souvenirs de fans se sont construits sur ces rivalités et qu’elles sont souvent le fruit de la domination des équipes en question. Personne ne s’en est jamais plaint jusqu’à maintenant, bien au contraire…

En 1982, les Lakers n’ont pas laissé un seul match à leurs adversaires de l’Ouest (seulement deux tours encore à l’époque). En 1983, ils n’ont perdu que trois rencontres pour arriver en Finales. En 1984 (première année avec trois tours de Playoffs dans chaque conférence avant les Finales), les Angelinos n’ont laissé que trois petits matchs à l’Ouest. Et en 1985, ce sont seulement deux revers qu’ils auront subi dans leur conférence pendant leur campagne de Playoffs. De 1982 à 1985, les Lakers sont donc allés en Finales quatre fois de suite, ils y ont battu les Sixers en 1982 avant de perdre contre eux en 1983, puis de subir la loi des Celtics en 1984, avant de les battre en 1985. En tout cas, dans les années 80, l’Ouest appartenait clairement aux Lakers car au-delà des ces quatre Finales consécutives, ce sont huit Finales en tout que les Angelinos ont disputé de 1980 à 1989. Seuls les Rockets de Moses Malone et Calvin Murphy, en 1981, et les… Rockets d’Hakeem Olajuwon et Ralph Sampson, en 1986, ont réussi à briser l’hégémonie pourpre et or au cours de ces 10 années. Aujourd’hui, on parle de cette équipe des Lakers avec le plus grand respect. On parle de showtime, on idolâtre Magic et Kareem, on vante les mérite de Big Game James Worthy ou de tous les role players incroyables qui ont gravité autour de ce trio infernal (Byron Scott, A.C. Green ou Michael Cooper). Aujourd’hui, il ne nous viendrait pas à l’idée de nous dire que ça devait être lassant d’avoir toujours les Lakers en Finales. Ils dominaient. Point barre.

Passons un peu à l’Est. Cette conférence dont LeBron James a fait sa salle de bains depuis 2011… De 1984 à 1987, les Celtics sont allés en Finales chaque année. Ils y ont affronté l’ennemi venu de Los Angeles à trois reprises pour seulement une victoire (1984) et les fameux Rockets en 1986, pour un nouveau succès au bout d’une saison pharaonique ponctuée de 67 succès en régulière et de trois petites défaites en Playoffs (dont deux en Finales). Durant ces quatre années, la brigade verte emmenée par le trio Larry Bird, Kevin McHale, Robert Parish ne laissait que les miettes à tous ses concurrents de l’Est. L’équipe jouait trop bien autour de sa triplette et avec, là encore, des role players formidables. A-t-on déjà entendu parler de lassitude quant à leur domination ? Non, non. On parle de Celtics imbattables, tout simplement… Dans les années 90, les Bulls de Michael Jordan, Scottie Pippen et Phil Jackson ont fait de la Conférence Est leur chose. Ni les Knicks de Pat Ewing ou les Pacers de Reggie Miller – pour ne citer qu’eux – n’ont pu y faire quoi que ce soit. Sur la décennie, Chicago va 6 fois en Finales en ne laissant que très peu de défaites en route côté Est chaque année. Les Taureaux étaient favoris et on ne peut pas dire qu’ils laissaient beaucoup de place au suspense. Et si son Altesse Jojo 1er n’avait pas eu des envies soudaines de baseball, qui sait ce qu’il se serait passé en 1994 et en 1995…? Nous aurions très bien pu avoir le grand Mike et sa team en Finales NBA pendant 8 années de suite (de 1991 à 1998). Possible, non ? Au passage, « en Finales NBA pendant 8 années de suite », ça ne vous rappelle pas quelqu’un ?

L’hégémonie des Cavs à l’Est ou des Warriors à l’Ouest peut ne pas plaire à ceux qui voudraient du changement mais elle n’a rien de nouveau, finalement. Dominer à ce point sa conférence pendant quatre saisons de suite, ce n’est pas rien. Ce n’est que le lot de très grandes équipes armées de joueurs exceptionnels, les meilleurs que notre sport ait connu. Bien sûr, les époques sont différentes et il ne s’agit pas ici de faire des comparaisons qui n’auraient une valeur que très relative mais le sport de haut niveau est ainsi fait qu’il nous propose, ou nous impose, parfois des monstres imbattables même si cela se joue fréquemment sur des détails. En 2016, le Thunder n’est pas passé loin d’éliminer des Warriors historiques qui sortaient de 73 victoires en régulière. Ces mêmes Warriors ont fini par céder en 7 matchs face aux Cavs lors de Finales au scénario inoubliable. Cette année, les Cavs d’un LeBron stratosphérique ont dû s’employer sur 7 manches pour venir à bout des Pacers puis des Celtics pendant que les Rockets étaient tout près (à une cuisse de Chris Paul selon certains) de sortir Golden State. Du coup, deux questions peuvent se poser. La main-mise de LeBron James sur la conférence n’est-elle pas tout bonnement historique plutôt que dénuée d’intérêt ? Ce challenge qui consiste une fois de plus à essayer de battre les Warriors n’est-il pas fabuleux à suivre ?

Et pour ce qui est du côté déséquilibré supposé de ces Finales car les Warriors sont ultra favoris, ce serait faire offense à ce basketteur hors du commun qu’est LeBron James que de considérer que les Finales sont complètement jouées d’avance. Golden State est le grand favori car son armada constituée de 4 All-Stars dont deux MVP est flippante, car les Cavs n’ont pas montré grand chose en dehors de leur roi au numéro 23. Oui et oui. Pour autant, la rivalité est là. Nous avons un des tous meilleurs joueurs de l’histoire devant l’un de ses plus grands défis. Nous avons un Stephen Curry qui a sûrement très envie de briller pour être enfin MVP des Finales ou encore un Kevin Durant qui veut bouffer du LeBron pour enfiler une deuxième bague. Bref, le suspense ne sera peut-être pas au rendez-vous autant que dans d’autres Finales (ça, l’avenir proche nous le dira) mais ce ne serait pas la première fois qu’une équipe se fait dérouiller à ce stade de la compétition et, quoi qu’il arrive, il y aura pas mal de choses magnifiques à suivre !

Au final, n’est-ce pas excitant pour nous, les passionnés, de pouvoir vivre en direct et sous toutes les coutures une telle rivalité ? Car c’est bien ce qu’est ce nouvel affrontement entre la bande à LeBron et la superteam venue d’Oakland : le quatrième acte d’un pan de l’histoire NBA. Et, plaisir ultime de fan, dans 10 ans, 20 ans ou 30 ans, nous pourrons dire : « J’y étais, j’ai vécu ça de 2015 à 2018. Les Cavs du King et les Warriors cassaient tout dans leurs conférences et se livraient de ces batailles en Finales ! » Nous pourrons faire rêver les plus jeunes en leur racontant ces combats, tout comme les « anciens » racontent aujourd’hui les exploits de Magic, Bird ou Jordan avec des étoiles dans les yeux…

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