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Tyronn Lue parle de son absence fin mars : des problèmes d’anxiété, difficile d’être la cible des critiques H24

Tyronn Lue

En même temps, quand on est la tête de turc des médias, difficile de ne pas être stressé…

Source Image : ESPN

DeMar DeRozan, Kevin Love, Kelly Oubre Jr… La liste des joueurs NBA ayant osé parler de leurs problèmes de dépressions et d’anxiété liés à leur métier s’est rallongée cette année, et c’est tant mieux. A ces noms s’ajoute maintenant celui de Tyronn Lue, coach des Cavaliers, qui a fait récemment part de ses problèmes de stress anxieux, lui qui subit incessamment les critiques des journaux du monde entier depuis son arrivée sur le banc de Cleveland.

Pas facile d’être la tête de turc des médias. A son arrivée sur le banc des Cavs dans le courant de l’année 2016, suite au licenciement de David Blatt, Tyronn Lue ne se doutait pas qu’il serait autant pris à partie par les journalistes (dont nous, sorry) et qu’il vivrait un tel calvaire. Il a certes contribué au premier titre de l’histoire de la franchise de l’Ohio, mais ça n’a pas empêché les médias de le démolir par la suite. On l’entend partout : « C’est LeBron le coach, pas Lue, il n’annonce aucun système, il ne sert à rien, il est spectateur… » et autres joyeusetés de ce genre. Malgré les rumeurs de licenciement incessantes notamment cette année, coach Lue est toujours en poste, et vis actuellement ses troisièmes Finales d’affilée aux cotés de LeBron et Love. Cette saison en particulier fut semble-t-il plus difficile que les autres pour l’ex-meneur des Lakers, qui a dû faire face à des problèmes de stress et d’anxiété, notamment dans la période précédent les Playoffs, quand Larry Drew avait assuré l’intérim. Des douleurs à la poitrine, des crachats de sang, des insomnies… Ty Lue a dû subir toute une batterie de tests, qui n’ont heureusement rien révélés de sérieux. C’est à Rachel Nichols d’ESPN qu’il s’est livré.

« Je suis content que cela ne soit pas quelque chose de sérieux, juste de l’anxiété, et le traitement médical que je suis est excellent. Plus aucune douleur à la poitrine, donc tout est bon. »

Dans une Ligue qui donne de plus en plus la parole à ses membres, coach Lue a fait un grand pas, et peut maintenant se concentrer sur son travail. Mais s’il arrive maintenant à mieux aborder son métier, c’est car il a pris le temps, pour lui, pour sa famille et ses proches, et qu’il a pu se focaliser sur sa santé, qui est bien plus importante que toutes les bagues du monde.

« Pour la première fois dans ma carrière, en 20 ans, j’ai eu la chance de me concentrer sur moi-même. Ce n’était pas aussi sérieux que ce que les gens pensent mais j’ai eu des douleurs à la poitrine ces dernières années. J’essayais juste de passer à autre chose en ne sachant pas ce qui n’allait pas. Les deux semaines de break que j’ai prises m’ont permis de me focaliser sur moi et de changer mon régime alimentaire. J’ai engagé un chef cuisinier. J’ai arrêté de boire autant de Shirley Temples. J’ai arrêté les sucreries et j’ai commencé à prendre soin de moi. Maintenant, je me sens en forme. »

Il est vrai que dans une carrière NBA, spécialement en tant qu’entraîneur, on arrive vite à oublier les petites choses qui font un tout. Faire du sport, manger équilibrer, se détendre, tout simplement. Lue n’avait plus de place pour ça, et s’était laissé entraîner dans une spirale négative, ne vivant plus que pour son travail. Ayant reçu le soutien de ses joueurs, de la franchise de Cleveland et de ses proches, il se sent maintenant mieux, et a pu aborder la fin de saison avec beaucoup plus de sérénité. Cela se ressent d’ailleurs sur le bord du terrain : plus d’implication, des décisions affirmées et le sentiment que ses joueurs le soutiennent. Du soutien, il en a besoin, car coacher le King en personne n’est pas une mince affaire. Être la cible des caméras H24, se voir pointé du doigt à chaque défaite ou déconvenue, être la cible des critiques… Beaucoup d’autres auraient déjà abandonné, mais pas lui. Ty a tenu bon, et peut s’en féliciter, quoi qu’il advienne par la suite.

« Je pense que quand on vit une saison difficile, il est facile de se dire que l’on va abandonner. Je ne voulais pas être ce gars là. C’était très dur. En sachant que LeBron a joué 82 matchs, je voulais être capable de coacher pendant cette même période et tout donner pour l’équipe. Je n’aime pas quand l’attention est sur moi, mais j’adore coacher. J’adore faire partie d’un succès et observer les regards sur les visages des joueurs. Beaucoup n’ont jamais été en Finales, les Jeff Green ou les George Hill, tous ces gars ont maintenant une chance de se battre pour un trophée, c’est ce que j’aime et ce pourquoi je fais ça. Ça fait du bien, et tous les gars se sentent bien, donc je suis content que nous soyons là aujourd’hui. »

On peut dire ce qu’on veut, décrier le tacticien qu’est Tyronn Lue, critiquer son sens du jeu et ses systèmes, mais on ne peut que respecter le combat de l’homme qui, envers et contre tous, a réussi à vaincre ses démons pour enfin se sentir bien dans sa peau. Trois Finales d’affilée, une bague, au fond ce qui compte, c’est d’être heureux.

Source texte : Rachel Nichols, ESPN

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