Old-School

Le jour où Julius Erving est devenu le premier et le seul MVP de NBA et de ABA

Julius Erving

La plus belle coupe afro all-time.

Source image : Youtube

Le 29 mars 1987 (vous devez vous dire : « Quel rapport ? On est le 27 mai aujourd’hui ! », mais patience, ça va venir), Julius Erving alors âgé de 37 ans venait de jouer son dernier match sur le parquet des Celtics contre lesquels il avait livré des batailles historiques aussi bien en saison régulière qu’en Playoffs. Et le peuple vert avait réservé un sacré accueil à son « ennemi » Dr J… Un accueil digne de l’enceinte mythique qu’est le TD Garden : un très beau cadeau et un discours tout en flegme et en émotion du légendaire Red Auerbach.

« Dr J est un exemple pour la communauté en tant que superbe athlète, superbe personne, superbe citoyen et superbe contributeur… Et les Celtics veulent qu’il se rappelle d’eux pour autre chose que la compétition sur le terrain. Donc, je voudrais vous offrir cette horloge (Auerbach s’adresse ici directement à Erving et non plus à toute l’audience) et j’espère que vous la chérirez. Merci d’être aussi grand. »

Le genre de déclaration très rare. Car quand vous n’avez pas joué avec les couleurs vertes sur les épaules, que vous les avez plutôt combattues de toutes vos forces mais que, malgré ça, le TD Garden vous réserve un authentique hommage à l’aube de votre retraite, cela prouve non seulement la classe infinie de ce public mais aussi, et surtout, que vous êtes un grand, une icone. D’ailleurs s’il n’y avait qu’une chose à retenir de la fabuleuse carrière de Julius Erving parmi l’élite de la balle orange, ce ne serait pas forcément cette détente affolante et cette grâce inégalé dans les airs. Ce ne serait peut-être pas non plus cette coupe afro si swag ou ces dunks si ravageurs. Cela pourrait très bien être ce respect immense que le Docteur a inspiré au sein d’une franchise qui aura été, au final, son pire ennemi. C’est ça la marque des plus grands.

Mais on pourrait également ne retenir que ce 27 mai 1981 (vous voyez, on y vient). Ce jour-là, après une régulière qui a vu les Sixers enfiler 62 victoires, Julius Erving recevait le titre de MVP de la saison régulière. Et comme il avait déjà remporté trois fois cette récompense sur les cinq années qu’il a passées en ABA, Dr J est devenu le premier à obtenir un tel titre dans les deux Ligues, ABA et NBA. Car, parmi les joueurs qui sont passés de ABA à la plus concurrentielle NBA dans la deuxième moitié des années 70, très peu ont réussi à s’imposer finalement. Il faut dire qu’après avoir tout cassé sur les playgrounds de son New York natal, notamment à Rucker Park, l’ami Julius n’a pas fait de détail non plus sur les terrains de ABA. Que ce soit avec les Virginia Squires (de 1971 à 1973) ou pour les New York Nets (de 1973 à 1976), il a au minimum tourné à plus de 27 points, accompagnés d’au moins 10 rebonds, 5 passes décisives et 2 interceptions chaque soir. Bref, depuis son poste 3, il ne se contentait pas d’éblouir les foules, il dominait outrageusement.

En NBA, le niveau de jeu est tout autre et les clients qu’il faut se farcir à l’aile ne sont pas taillés dans le même bois que ceux qui tentaient vainement de contenir le Docteur en ABA. Larry Bird vous connaissez ? James Worthy, Adrian Dantley ou Alex English, ça vous dit quelque chose ? C’est tout de suite une autre ambiance. Mais Julius est bel et bien un monstre. Quand il débarque sur les planches de la Grande Ligue en 1976, il a 26 ans. Il est prêt aussi bien physiquement que mentalement. Et d’entrée, il contribue fortement à faire revenir les Sixers sur le devant de la scène. Lors de l’exercice 1979-80, il envoie 26,9 points, 7,4 rebonds, 4,6 passes décisives, 2,2 interceptions et 1,8 contre de moyenne sur les 78 matchs de régulière auxquels il participe, au sein de Sixers qui ne rigolent pas du tout puisqu’ils terminent avec le deuxième meilleur bilan de l’Est (le troisième de la Ligue, 59 succès). Pour autant, « Docteur Jay » ne sera pas MVP de cette saison. Le trophée terminera, pour la sixième fois, entre les mains du géant Adbul-Jabbar, ex Lew Alcindor, que Julius connaît très bien pour l’avoir croisé sur le bitume de la Big Apple dans les années 60.

La saison suivante, rien ne pourra empêcher Julius Erving d’être élu MVP. La ligne de stats est un tout petit peu moins clinquante qu’un an avant mais c’est toujours du lourd : 24,6 points par soir et un assaisonnement de 8 rebonds, 4,4 caviars, 2,1 vols et presque 2 contres. Sérieux, non ?! Les Sixers présentent le meilleur bilan de la Ligue à égalité avec les… Celtics. En début de saison, Dr J avait posé sur plus gros score de l’exercice avec 45 points dans une victoire serrée contre les… Celtics. Et si le parcours de Julius et sa bande s’est arrêté en Finales de Conférence, ils se sont inclinés en sept manches face au futur champion, les… Celtics. On comprend tout de suite mieux la teneur de l’hommage fait par Red Auerbach !

Collectivement, Erving remportera le titre avec les Sixers en 1983. Il faut reconnaître que Moses Malone en renfort sous les cercles, ça aide bien ! Mais individuellement, cette saison 1980-81 est certainement la meilleure du Docteur en NBA. Tout y est : la ligne de stats, les victoires et le titre de MVP au bout. Ce 27 mai 1981 (et voilà, on va même finir dessus) restera forcément comme une grande date de la carrière de Julius la légende. Une date où il a marqué l’histoire de la NBA comme personne d’autre ne pourra le faire. 

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