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Frank Ntilikina installé au poste d’arrière : une tendance qui risque de durer

Frank Ntilikina

Franky est prêt à jouer à n’importe quel poste, même en 5, s’il mange de la soupe.

Source image : NBA League Pass

Le jeune Français a été choisi en huitième position de la Draft 2017 par les New York Knicks. Catalogué comme meneur à son arrivée en NBA, c’est en tout cas en cette qualité que Phil Jackson l’avait choisi. Alors qu’il arrive bientôt à la fin de sa saison rookie, Frank Ntilikina joue de plus en plus au poste 2, notamment depuis le All-Star Break. Et cela devrait continuer comme ça, jusqu’à la fin de saison au moins.

Frank Ntilikina fait une première saison correcte en NBA. Si l’on regarde l’ensemble des matchs qu’il a disputé, soit 61 rencontres, ses statistiques sont convenables : 5,5 points à 35,7% aux tirs, dont 32,7% de loin, 2,1 rebonds et 3,1 passes en 20,5 minutes par match. Comparé à d’autres rookies draftés dans les mêmes eaux, c’est plus faible. Mais il n’a que 19 ans, est en plein développement, et doit encore s’adapter à la NBA (le passage de Strasbourg à New York, ça doit pas mal changer). En début de saison, Franky était back-up de Jarrett Jack, alors que Ramon Sessions était la plupart du temps au placard. Ron Baker a été blessé quasiment toute la saison, donc Ntilikina avait de la place à la mène. En effet, il a joué 84% de son temps sur le parquet au poste de point guard. Au fil des mois, la possibilité de faire jouer deux meneurs en même temps se développe au Madison Square Garden, et Franky est aligné de temps à autres au poste 2, notamment du fait de sa grande taille (1m96). Au fur et à mesure de la saison, les résultats ne sont pas convaincants. Porzingis se blesse, et c’est le drapeau blanc qui est sorti par les Knicks pour ce qui est de la course aux Playoffs. Le temps du changement est donc arrivé. Exit pour Jambon Sessions (entre Jambon et Jarrett, ça faisait trop de charcutaille à NY), bienvenue à Trey Burke qui a signé le 14 janvier. Exit Doug McDermott, qui part, dans un trade à trois équipes, avec Dallas et Denver. Ces derniers envoient Emmanuel Mudiay dans la Big Apple. Cela fait beaucoup de changements sur le poste du French Prince, et des adaptations sont donc nécessaires. En tout cas, Frank est prêt à s’adapter autant qu’il le faudra, pour venir en aide à son équipe. Il s’est exprimé auprès de Stefan Bondy du New York Daily News.

« J’apprends tous les jours. Je veux amener tout ce que je peux à l’équipe. Que ce soit à la mène ou au poste 2. Et si le coach voulait que je joue poste 5, il faudrait que je mange, évidemment. »

Le message de Jeff Hornacek semble être bien intégré dans la tête du Français. Actuellement, à son stade de développement, il semble que le poste d’arrière corresponde mieux aux qualités de Ntilikina, qui regarde de nombreuses vidéos de DeMar DeRozan, afin de s’en inspirer. D’après de nombreux scouts NBA, il manque un peu de vitesse avec le ballon pour pouvoir jouer à la mène en NBA. De plus, Franky possède une grande envergure (2m16), ce qui lui permet de défendre sur des shooting guards de manière plus que convenable. Avec pléthore de meneurs dans l’effectif new-yorkais, c’est peut-être la meilleure solution. Trey Burke et Emmanuel Mudiay sont des meneurs plus naturels, avec plus d’expérience. Jarrett Jack est au placard pour cette fin de saison, Courtney Lee joue moins de minutes, Hardaway est décalé à l’aile sur certaines séquences, Franky trouvera donc du temps de jeu sur le poste 2. Ce dernier a d’ailleurs augmenté depuis la trade deadline, puisqu’il passe 22,8 minutes sur le terrain par rencontre sur les dix derniers matchs. En conséquence, son nombre de passes décisives a baissé (de 3,1 à 2,3 unités). Il est demandé à Frank de jouer loin du ballon, d’avoir moins la gonfle entre les mains, ce qui n’enlève rien à ses talents de playmaker. Il en est capable, son QI basket semble évident. Malgré tout, les statistiques du French Prince sur pick-and-roll sont moins bonnes que lorsqu’il se retrouve à shooter en spot-up (0,84 point par possession en P&R contre quasiment 1 point en spot-up). Ce qui pousse à penser qu’Hornacek prend une décision intelligente. Il faut cependant que Ntilikina bosse son shoot et améliore ses pourcentages. Depuis le All-Star break, il a beaucoup plus de temps de jeu (28 minutes par match), et prend surtout beaucoup plus de responsabilités au shoot : 8,2 tentatives par match depuis le 22 février, contre 5,9 tirs par match en moyenne cette saison. Le coach des Knicks a donc décidé de tenter des choses, et d’évaluer Franky dans un autre rôle, celui de gros défenseur, qui joue loin du ballon en attaque. Certes, les résultats ne sont pas bons pour New York dans cette configuration (12 défaites sur les 13 derniers matchs). Cependant, cela profite aux jeunes qui peuvent s’aguerrir, avoir du temps de jeu et sans le dire textuellement, cela permet aux Knicks de tanker pour avoir un bon lottery pick cet été.

Frank Ntikilina est donc installé au poste d’arrière, au moins jusqu’à la fin de la saison. Cela va lui permettre de travailler, de découvrir un nouveau rôle, et d’avoir beaucoup de temps de jeu. À terme, le French Prince finira sans doute par rejouer meneur, lorsqu’il se sera étoffé, quand il aura pris du galon et de la bouteille. En attendant, Franky se met au service de son équipe, et essaie toujours de progresser, en attendant des jours meilleurs pour ses Knicks.

Source texte : nydailynews, NBC Sports

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