Old-School

Tony Parker élu MVP des Finales 2007 : c’était il y a 10 ans, une immense page du basket français

Déjà 10 ans. Dix ! Une décennie est passée depuis l’un des plus grands moments du basket français : âgé de 25 ans et fonçant à l’aide de ses cannes dorées, Tony Parker marchait sur les Finales NBA de 2007 pour devenir le MVP de la série. Sa série.

On se souvient tous de l’endroit où nous étions, en ce 14 juin 2007. Il faisait beau, la nuit nous proposait un Game 4 assez physique du côté de Cleveland, et on se pinçait en toute discrétion sur l’Hexagone. Car aussi incroyable que cela pouvait paraître, on commençait à réaliser qu’un gamin de chez nous pouvait devenir MVP des Finales en NBA. La phrase, en elle-même, était et est encore insensée. Pour les plus jeunes, imaginez Rudy Gobert terminer une saison avec le trophée de champion dans la main droite et celui de Most Valuable Player de la dernière série dans la main gauche. Pour les anciens, fermez les yeux et souvenez-vous de ce qui s’était déroulé en cette douce nuit du mois de juin. Le lieu, l’atmosphère, le silence dans les trois heures du matin. Physiquement, nous étions un peu partout, en France comme ailleurs. Mais mentalement et émotionnellement, nous étions tous à Cleveland, dans cette même Quicken Loans Arena qui vient de se fermer. Une communion assez étrange, quasiment indescriptible, car la façon de vivre le basket et un tel moment n’était pas comparable à ce qu’on vit aujourd’hui. Pas de Twitter, pas de beIN Sports, quelques rares posts sur Facebook, bien loin de la dimension actuelle dans laquelle nous sommes avec nos petits comme grands écrans. C’était il y a dix ans seulement, et pourtant on a comme l’impression que ça fait un demi-siècle : dans le sweep imposé par les Spurs à un LeBron James esseulé, Tony Parker remportait le trophée de MVP des Finales et était sur le toit du sport français.

Il faut dire que du côté des Cavs, pas un seul joueur était capable de freiner le dragster tricolore. Coéquipier de TP à l’époque, Brent Barry se souvient encore avoir pris son meneur de côté pour lui susurrer ces quatre mots : nobody can stop you. Personne ne peut t’arrêter, fonce et agresse à volonté, car c’est dans ce rythme frénétique que les Spurs trouveront leur bonheur. Et après la domination pro-Duncan de 2003 ainsi que l’inoubliable saison 2005 de Manu Ginobili, c’est bien Parker qui s’offrait une plateforme paradisiaque en donnant le tournis aux défenseurs de Cleveland : 27, puis 30, puis 17 et enfin 24 points pour finir, Tony était inarrêtable sur cette série. Même dans ce Game 3 qui fût son moins prolifique au scoring, le bonhomme plantait le plus gros tir de la rencontre pour assassiner les Cavs de l’époque. Une flèche pleine de confiance et ponctuée par un cri rageur, comme pour définitivement clouer le cercueil local. Mike Brown au coaching, LeBron en dépucelage de Finales NBA, Boobie Gibson, Damon Jones et Anderson Varejao à ses côtés, la “belle” époque diront certains. Mais l’actuel assistant de Steve Kerr aurait pu mettre tous les habitants de Cleveland sur le numéro 9 des Spurs que ce dernier aurait continué à enchaîner les points. Trop rapide, trop limpide, trop déterminé.

Fin de Game 4 dans l’Ohio, les yeux piquent en France mais c’est davantage l’émotion que la fatigue qui justifient cette réaction. Le buzzer sonne, les bras de Duncan en l’air, Bruce Bowen qui cavale dans tous les sens pendant que Michael Finley tente de contenir ses larmes. Le sweep est net et sans bavure, les Cavs doivent s’incliner devant la puissance et l’expérience de Spurs bien mieux préparés. Attrapant Eva Longoria en plein vol sur le parquet d’une Quicken Loans envahie par les photographes, Tony comprend qu’il vient de toucher le sommet de sa carrière en NBA. Il ne sait pas encore qu’il réalisera bien plus grand avec le maillot bleu, mais un premier indice nous donne espoir : enveloppé dans son drapeau tricolore, Parker enfonce sa casquette de champion sur sa tête et se tient droit comme un i aux côtés de David Stern, le sourire joignant une oreille à l’autre. Les kilomètres qui nous séparent du prodige sont aussi nombreux que les quelques fans encore debout devant leur écran, mais on se fout de savoir l’état dans lequel nous serons en ce vendredi saint car c’est bien un moment inoubliable qui se déroule sous nos yeux. To the MVP… of the 2007 NBA Finals, Tony Parker, we say… congratulations and bonne chance. On y est, un Français vient d’atteindre le toit du basket mondial, les mots nous manquent.

Avec près de 25 points, 5 rebonds et 3 passes de moyenne face à des Cavs perdus dans ses accélérations incisives, Tony Parker a marché sur ces Finales 2007. Mais parmi toutes les dates, c’est bien ce 14 juin 2007 que l’on retiendra dans nos têtes. Devant cet immense athlète, qui créera là un des plus grands moments de notre sport chéri, alors que c’était inconcevable jusqu’ici. Dix ans, déjà… ça se fête !

Les visiteurs ont tapé :


Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


To Top