Old-School

Le jour où Pete Maravich a posé 68 points sur les Knicks : orgie offensive à coup de Pistol

Pete Maravich

Crinière au vent, moustache de mousquetaire. La passe aveugle arrive.

Source : YouTube

A l’automne 1987, Pete Maravich fut intronisé au Hall of Fame. Quelques mois plus tard, son cœur le lâchait alors qu’il participait à un match improvisé dans un gymnase à Pasadena en Californie. Un de ses coéquipiers ce jour-là déclara que les derniers mots de Maravich, à peine une minute avant de s’écrouler, furent : “I feel great” (*Je me sens super bien)… Celui qu’on surnommait Pistol Pete n’a joué que 10 saisons en NBA mais la marque qu’il y a laissé est bel et bien éternelle, celle d’un génie. Celle d’un joueur offensif fabuleusement créatif qui a influencé quelques uns des plus grands prodiges de la balle orange depuis. 

Ce ne sont pas Manu Ginobli, Steve Nash, Jason Kidd ou encore Jason Williams qui vont venir nous dire le contraire… Ni même le grand John Havlicek qui a croisé ce bon Pete sur les parquets dans les années 70 et qui disait de lui :

“Le meilleur manieur de ballon de tous les temps est Pete Maravich.”

Manieur de ballon, oh que oui ! Dribble dans le dos ou entre les jambes faisaient déjà partie de l’arsenal de Maravich à une époque ou dribbler avec sa mauvaise main faisait quasiment figure d’exploit. Mais il n’était pas qu’un simple ball-handler, il était avant tout un passeur pas forcément si prolifique mais juste fantastique et peut-être plus encore, un scoreur majestueusement doué. Et en ce 25 février 1977, il va le prouver une fois de plus avec une prestation historique. Le Jazz – alors basé à la Nouvelle-Orléans – reçoit les Knicks. Les deux équipes végètent en eaux troubles avec des bilans sous les 50% et n’iront d’ailleurs pas en Playoffs cette année-là. Walt Frazier et Earl Monroe sont encore là du côté de Big Apple. Ils ne sont plus tout jeunes mais ça joue encore très sérieusement, notamment Frazier qui reste un défenseur redoutable.

Fer de lance esseulé de son escouade de jazzeux, Pistol Pete était visiblement très motivé à l’idée de marcher sur Walt Frazier et les Knicks car c’est une prestation monstrueuse qu’il va envoyer sous les yeux ébahis de plus de 11 000 spectateurs venus voir un peu de basket dans le Bayou cette soirée-là. Il faut dire que l’animal à la crinière flamboyante et aux dribbles tout aussi chaloupés que surprenants ou peu orthodoxes est dans la meilleure forme de sa carrière. Sur les 53 premiers matchs de l’exercice, il a déjà déposé 26 fois la bagatelle de 30 points ou plus dont 40 points ou plus à six reprises. Il finira cette saison avec 31,1 points de moyenne accompagnés de 5,1 rebonds, 5,4 passes décisives et 1,2 interception. Oui, Pete Maravich, c’était 196 centimètres de bonheur. Et là, contre les Knicks, il avait décidé de tout casser : 17 points dans le premier quart, 14 dans le deuxième puis de nouveau 17 dans le troisième avant de finir en beauté avec 20 unités dans l’ultime période. Si vous n’êtes pas à l’aise en calcul mental, voici une synthèse : 31 points en première mi-temps suivis de 37 en seconde pour donc 68 points au final ce qui est encore à ce jour le douzième plus gros total de points envoyé dans un match NBA. A l’époque, ils ne sont que deux à avoir déjà fait mieux : Wilt Chamberlain (5 fois !) et Elgin Baylor.

“Tirer ce n’est rien. N’importe qui peut tirer. Le vrai truc c’est de proposer un spectacle au public.” — Pete Maravich

Avec ses 26 tirs rentrés sur 43 tentatives, ses 16 lancers sur 19 tentés, 6 rebonds, 6 offrandes aux copains et 3 interceptions, l’ami Pete venait de porter les siens vers une victoire qui restera finalement anecdotique par rapport au contenu de sa performance. La légende raconte même qui si la ligne à trois-points avait existé, l’arrière aurait allègrement passé les 70 unités voire bien plus tant il n’hésitait pas à dégainer de loin. Bref, Pete venait tout bonnement de faire du Maravich. A coups de tirs parfois lointains, parfois à mi-distance mais aussi de drives tortueux, de pénétrations inspirées et de finitions aussi improbables que maîtrisées, il a réduit à néant les espoirs new yorkais. Comme il l’a fait avec tant d’autres équipes tout au long de sa carrière.

Pete Maravich fait partie de ces génies partis beaucoup trop tôt. Il a croqué la vie à pleine dents et à chaque fois qu’il débarquait sur un parquet, c’était pour faire rugir le public. Car comme il le disait si bien : “On ne vous paie pas un million de dollars pour envoyer des passes à deux mains au niveau de la poitrine”…


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