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Les Warriors qui craquent : pas la première fois, pas la dernière, mais que se passe-t-il à GS ?

Stephen Curry

Réflexions.

Source image : Twitter

Dans la défaite des Warriors hier soir face aux Grizzlies, c’est une nouvelle fin de match compliquée qui s’est déroulée sous les yeux de Steve Kerr. Un coach dont on loue souvent les qualités, mais qui va devoir rapidement régler ce souci lié au money-time.

Il y avait eu les Rockets, d’abord, vainqueurs en prolongation à l’Oracle Arena. C’était il y a cinq semaines, et dans un modèle similaire à celui de ce vendredi, les hommes de Mike D’Antoni s’étaient imposés en proposant un basket solide quand la pression montait. Il y avait eu les Cavs, ensuite, au sommet sur ce 25 décembre 2016 malgré un retard qui semblait impossible à remonter. C’était il y a deux semaines, dans un schéma nettement différent mais qui soulignait une nouvelle fois les soucis de Golden State à l’heure actuelle. Enfin, soucis, mettons les choses au clair : avec un bilan exemplaire de 31 victoires pour 6 défaites aujourd’hui, on parle de problème de riche. Ce genre de problème que vous avez une fois ici ou là, en possédant quatre All-Stars. Mais si on met ce dernier sur la table aujourd’hui, c’est aussi car pour la troisième fois dans un espace temps assez serré, les Warriors ont montré que dans les dernières minutes d’un match serré, leur exécution et leur hiérarchisation étaient encore à revoir. Pourtant, statistiquement parlant ? Les trois revers qu’on mentionne ne sont que des ‘détails’, dans le sens où Golden State est à 9 victoires pour… trois défaites cette saison, dans les matchs qui proposent un money-time serré. Mais voilà aussi le fardeau médiatique que porte cette équipe, celui de voir le moindre de ses pépins être décuplé sur la scène publique, même si le reste est bien en place. Et d’ailleurs, entre nous, on pourrait rejouer le Warriors – Grizzlies d’hier soir une dizaine de fois, les hôtes remporteraient le match à neuf reprises.

Oui, mais hier, c’était bien la fois où ce ne fût pas le cas.

Et c’est là que Draymond Green et ses potes vont devoir se poser, bosser sur ces situations serrées, et mieux anticiper les joutes printanières qui arriveront prochainement. L’aboyeur de GS, toujours aussi bon dans son rôle de leader émotionnel, était le premier à le dire en conférence de presse : impossible de gagner un titre en étant aussi bordéliques dans des moments aussi cruciaux. Lui, Stephen Curry, Klay Thompson, Kevin Durant et surtout Steve Kerr devront mettre en place un vrai plan de jeu lorsque ce type de scénario se présentera à l’avenir. Première interrogation, comment se fait-il que Kevin Durant se retrouve avec la gonfle, alors que le meneur est dans un soir divin ? Maladroit au niveau du tir et hésitant dans ses initiatives, le numéro 35 nous a rappelé quelques mauvais souvenirs de l’époque OKC, en titubant face à la muraille du Tennessee. Alors que, pendant ce temps-là, Curry était sur sa quarantaine de points et pouvait abuser librement des défenseurs adverses. Les Warriors ont d’ailleurs prouvé plus d’une fois l’an passé que les fins de matchs étaient indiscutables lorsque Stephen avait la gonfle dans ses mains. Créateur exceptionnel, forçant des rotations illimitées chez l’opposant, le double-MVP en titre était sur le banc dans le money-time de Noël et rendait la gonfle à KD ce vendredi. Et on peut comprendre l’envie du sniper, celle de vouloir mettre en avant son nouveau copain, sans avoir à lui marcher sur les pieds. Sauf que, comme on a pu le repréciser dernièrement, la clé de la machine californienne reste Curry, et cela s’est notamment vérifié dans le money-time hier soir.

Viennent aussi les rotations défensives et les lineups utilisés par Kerr, mais qui ne sont pas d’un ordre prioritaire à l’heure actuelle. Que ce soit face aux Cavs, aux Rockets ou aux Grizzlies, les Warriors ont proposé cet habituel bordel basketballistique, qui a ses avantages comme inconvénients. L’avantage ? Comment défendre face à l’imprévisible, c’est quasiment impossible. Devenus rois dans l’improvisation insolente, Klay Thompson et ses potes ont remporté des dizaines de matchs en tentant des séquences qui plongeraient Gregg Popovich dans un coma éternel. Pour une défense, rien de pire que de se préparer durant un temps-mort à quatre ou cinq potentiels systèmes exécutés, avant de voir Golden State partir en freestyle complet et rentrer un tir de dix mètres. L’inconvénient ? On l’a vu hier soir, on le reverra demain, mais on ne devra plus le voir par la suite. Ou du moins, le moins possible. Car si Golden State a cette capacité à pouvoir réaliser des miracles en roue-libre, le mois de mai et surtout celui de juin laisseront peu de place à ce type de comportement. Qui ne se souvient pas, d’ailleurs, des passes dans le dos sans regarder des dernières Finales, dans un match serré et durant lequel environ 99% des pratiquants de la balle orange s’appliqueraient même à respirer ? Première résolution pour 2017, donner la gonfle au meneur, ou à Kevin Durant afin de créer sur pick and roll plutôt qu’en isolation, comme le criait Draymond. Deuxième résolution pour 2017, s’asseoir autour d’une table et expliquer qu’il n’y a rien de personnel si KD n’est pas forcément utilisé en arme number one en plein money-time. Il est venu pour gagner, il acceptera ce type de nouveauté.

Y a-t-il le feu au lac actuellement à Golden State ? Non. Les Warriors vont bien, ont perdu un simple match de saison régulière, et l’utiliseront comme plateforme pour progresser par la suite. Mais si cette équipe sait qu’elle gagnera souvent dans l’indifférence générale, elle sait aussi que le moindre de ses défauts sera bombardé. Par les adversaires, les fans et les médias. Rendez-vous dans le prochain money-time, on sera au premier rang, évidemment.


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