Coach Rankings

Coach de l’Année 2016-17 : Steve Kerr pourrait-il réaliser un doublé historique ?

Steve Kerr - Warriors - Coach

Venez me chercher !

Source : YouTube / Golden State Warriors

Après un peu plus d’un mois de compétition, on peut commencer à se pencher sur les futures récompenses individuelles qui seront décernées une fois la saison régulière terminée. Le titre de coach de l’année est une distinction très prisée parmi les tacticiens ou autres sorciers qui sévissent depuis les bancs chaque soir dans les salles NBA. Il est évidemment encore bien trop tôt pour deviner qui sera le vainqueur mais quelques tendances sont d’ores et déjà claires, et permettent d’établir un premier classement. 

Il en sera de même chaque début de mois et nous pourrons ainsi suivre de très près les performances et les résultats obtenus par les entraîneurs aux quatre coins de la Ligue. Ce Ranking se basera plusieurs critères dont quelques uns très statistiques comme le bilan, les points marqués et encaissés ou encore le pourcentage de réussite au tir de l’équipe lorsque c’est pertinent (grandes stats). D’autres paramètres moins facile à “chiffrer” entreront également en ligne de compte comme le jeu proposé, l’utilisation des joueurs ou des forces de l’équipe…

Bilan et statistiques au 2 décembre 2016

10 – Jason Kidd

  • Mention : “Buvez Coca Cola.”
  • Bilan : 9 victoires – 8 défaites soit 52,9%. 6ème de l’Est. Dynamique : 3 succès d’affilée.
  • Grandes stats : 103,2 points marqués (18ème), 101,7 encaissés (11ème). 8,9 interceptions par match (5ème).

Malgré l’absence d’un joueur important, Jason Kidd a réussi plusieurs choses importantes pour lancer au mieux les Bucks dans leur saison. Premièrement, il a clairement fait de Giannis Antetokounmpo le franchise player et de Jabari Parker son lieutenant tout en organisant l’équipe pour mettre en avant le talent et le potentiel incroyable de ces deux joueurs. Deuxièmement, il tente des coups, cherche en permanence des solutions et nous montre régulièrement que la science du jeu dont il a fait preuve sur les parquets lui permet de finir par trouver des solutions. Qui avait vu venir Malcolm Brogdon en tant que joueur qui pourrait apporter autant à la rotation des Daims ? Troisièmement, Kidd n’a pas hésité à se remettre en question et à se “désavouer” en laissant Michael Carter-Williams filer à Chicago contre des cacahuètes Tony Snell ou en scotchant Greg Monroe au banc car il ne rentre plus dans ses plans tactiques. Résultat : les Bucks ont leur style, pas toujours flamboyant mais il ne sont pas évidents à jouer et peuvent envisager rester parmi les “playoffables” encore un moment. Le gros bémol est que le calendrier a finalement été assez favorable. La suite va être plus corsée…

9 – Mike D’Antoni

  • Mention : “Mieux vaut mourir pour ses idées que de vivre avec celles des autres.”
  • Bilan : 12 victoires – 7 défaites soit 63,2%. 4ème de l’Ouest. Dynamique : vient de battre les Warriors à leur propre jeu.
  • Grandes stats : 110,5 points marqués (3ème), 107,4 encaissés (24ème). 37 tirs à 3-points pris par match (1er) pour un pourcentage de réussite de 37,4% (6ème). 24,3 passes décisives de moyenne (4ème).

Sans aucune surprise, sous l’égide de Mike D’Antoni, les Rockets sont devenus une machine offensive très compliquée à stopper. Et ce n’est que le début… Car, bien évidemment, la défense n’est pas au rendez-vous mais, en à peine 20 matchs, la philosophie de jeu de l’ex-moustachu a redonné de vraies couleurs aux Fusées et a surtout permis de s’appuyer de manière parfaite sur ce Barbu fabuleux qui porte le numéro 13. Eric Gordon revit, Ryan Anderson a encore un peu de mal mais on se doute que cela va venir, Clint Capela fait le boulot tout comme Trevor Ariza ou encore ces gars du banc comme Corey Brewer, Sam Dekker et K.J. McDaniels voire Nene Hilario ! D’Antoni n’a pas hésité, sa philosophie de jeu n’a pas changé et il sait toujours aussi bien la mettre en place. A voir comment il peut améliorer certains points pour faire de Houston une équipe à prendre encore plus au sérieux.

8 – Fred Hoiberg 

  • Mention : “Un bon entraîneur doit savoir s’adapter à son personnel.”
  • Bilan : 10 victoires – 7 défaites soit 58,8%. 3ème de l’Est. Dynamique : le groupe vit bien, pour l’instant.
  • Grandes stats : 104,4 points marqués (14ème), 98,8 encaissés (8ème). 48,9 rebonds pris par match (2ème)

L’an dernier, on s’est vraiment dit que Fred Hoiberg avait fait une énorme erreur en laissant son poste sur le banc de l’université d’Iowa State pour venir prendre les commandes de celui des Bulls. Mais, après une saison d’un très rude apprentissage, ce coach encore jeune (44 ans) semble avoir déjà tiré quelques précieux enseignements. Le premier est de s’adapter en permanence, toujours chercher à inculquer une philosophie de jeu à ses joueurs mais sans non plus tenter d’aller totalement à contre-courant de leurs qualités principales. En titularisant Taj Gibson en 4 aux côtés de Robin Lopez, Hoiberg a envoyé un message clair à ses gars et au reste de la Ligue et ce message dit :”Ok, nous allons avoir du mal en termes de spacing par contre, au niveau du hustle, nous allons vous mettre la misère tous les soirs.” Et cela fonctionne vraiment bien en ce début de saison car cela correspond aussi très bien au patron de cette équipe, Jimmy Butler. Wade est mis dans de bonnes conditions et l’équipe se bat, gagne des matchs.

7 – Dwane Casey

  • Mention : “Pourquoi changer ?
  • Bilan : 12 victoires – 6 défaites soit 66,7%. 2ème de l’Est. Dynamique : 4 succès d’affilée.
  • Grandes stats : 109,7 points marqués (5ème), 104,3 encaissés (14ème). 47% au tir (2ème). 26,6 lancers-francs tentés par match (4ème) pour 81,2% de réussite (2ème).

Le coach de la franchise canadienne s’appuie sur les mêmes aspects qui ont fait la réussite de l’équipe l’an dernier : agressivité offensive vers le cercle, profondeur de banc et pas mal de bons jeunes prêts à se donner auxquels il donne une chance. Le tout articulé autour de la paire Kyle Lowry – DeMar DeRozan mais avec une rotation intéressante dans laquelle 11 joueurs jouent au moins 14 minutes par match. Le début de saison canon de DeRozan a bien sûr beaucoup aidé mais Casey gère plutôt bien son arrière et on sent que les deux hommes ont une réelle connexion. Pour ce qui est de Lowry, c’est moins évident, le meneur est un peu irrégulier. Le bilan est bon mais pour aller plus haut dans ce classement, il va falloir que les Raptors proposent plus de jeu, plus de mouvement de balle. On est un peu sur notre faim sur ce point.

6 – Steve Clifford

  • Mention : “Bruce Willis” ou “Clifford Basketball”
  • Bilan : 11 victoires – 8 défaites soit 57,9%. 4ème de l’Est. Dynamique : jusqu’ici, tout va bien.
  • Grandes stats : 104,4 points marqués (13ème), 102 encaissés (12ème). 24 passes décisives par match (5ème). 44,9 rebonds en moyenne (6ème). 36,5 rebonds défensifs en moyenne (2ème).

Comment faire d’une équipe finalement assez moyenne sur le papier une équipe playoffable ? Réponse : Clifford Basketball. Parce que ce que fait l’ami Steve est admirable en termes de continuité, de collectif et de mentalité inculquée à ses joueurs. Kemba Walker est en constant progrès et est au niveau All-Star, Nicolas Batum est bien utilisé. Cody Zeller est un col bleu convaincu, Marvin Williams est à sa place, etc… Onze joueurs jouent au moins 15 minutes en moyenne, les remplaçants connaissent leurs rôles et surtout, quelques soient les gars sur le parquet : ça se bat, le ballon circule de manière fluide et n’est que rarement perdu ou mal utilisé. Pour l’instant, les résultats sont là et c’est tout à fait mérité mais attention cependant à ne pas se laisser trop berner par un calendrier assez favorable en début de saison.

5 – Doc Rivers

  • Mention :“Le lobbying, c’est la vie. Les arbitres sont des incapables.”
  • Bilan : 15 victoires – 5 défaites soit 75%. 3ème de l’Ouest. Dynamique : vient de battre les Cavs chez eux.
  • Grandes stats : 108,8 points marqués (6ème), 98,7 encaissés (6ème). 46,2% au tir (5ème) dont 37,5% de réussite derrière l’arc (5ème). 9,2 interceptions par match (3ème).

On peut aimer Doc Rivers (enfin peut-être) ou ne pas l’aimer mais on est bien obligé de reconnaître qu’il a certaines qualités de coach. Depuis le début de saison, on sent qu’il a su surfer sur la frustration de ses meilleurs joueurs par rapport à la déception des derniers Playoffs. Et c’est tout le groupe qui suit. Les minutes sont bien réparties, la défense est bien plus solide que ce à quoi les Clippers nous ont habitué et l’attaque reste très forte car elle est emmenée par un Chris Paul entouré de shooteurs et de deux intérieurs sur-athlétiques. Bref, le Doc s’est peut-être complètement enflammé à Brooklyn mais il vient de gagner à Cleveland alors qu’une sale spirale s’installait et son escouade est solidement posée sur le podium de l’Ouest.

4 – Tyronn Lue

  • Mention : “Je peux garder les tongs, je m’en fous, je vais finir premier à l’Est”
  • Bilan : 13 victoires – 4 défaites soit 76,5%. 1er à l’Est. Dynamique : sur deux défaites.
  • Grandes stats : 110,3 points marqués (4ème), 104,3 encaissés (15ème). 34,8 3-points pris par match (3ème) pour 38,9% de réussite (2ème).

Il est clair que la principale tâche de Tyronn Lue n’est pas vraiment de se préoccuper du fond de jeu de son équipe mais plutôt de surveiller le niveau de concentration et d’implication de ces joueurs. Jusqu’à maintenant, ça tient très bien avec des Cavs qui ont pratiqué un basket solide. Les deux récentes défaites doivent cependant être prises au sérieux et nous verrons la réponse que les champions en titre vont apporter dès ce soir à Chicago. En attendant, LeBron James est sur un rythme de croisière qui semble lui convenir même s’il joue peut-être un poil trop. Kyrie Irving et Kevin Love donnent vraiment l’impression d’avoir assimilé leurs rôles de lieutenants. Il faut canaliser Gérard, il faut gérer les rotations et surtout entretenir l’énergie d’un groupe qui vient d’aller en Finales deux fois de suite sans subir de réelles grosses modifications. Pour l’instant, Lue fait un boulot discret mais que nous pouvons pas ignorer.

3 – Luke Walton

  • Mention : “Un bon coach et ça repart.”
  • Bilan : 10 victoires – 10 défaites soit 50%. 9ème de l’Ouest. Dynamique : sur la pente ascendante.
  • Grandes stats : 106,6 points marqués (8ème), 109,6 (27ème). 8,7 interceptions (8ème).

Comment un type dont l’équipe encaisse plus de points qu’elle n’en marque et ne figure pas dans le Top 8 de sa Conférence peut apparaître aussi haut dans classement des coachs ? Pour comprendre, il suffit de regarder jouer les Lakers. Le ballon circule, les temps de jeu sont partagés, Lou Williams revit, les vieux briscards sont intelligemment utilisés de façon à ce que les jeunes s’épanouissent… Walton aime le jeu rapide, ce n’est pas une surprise. Mais on se demandait jusqu’à quel point il pourrait faire adhérer ses gars à ce style de jeu. La réponse est claire : à 200%. En 20 matchs, Luke Walton vient de faire en sorte que les Lakers ne soient plus du tout la risée de la NBA, qu’ils ne soient plus pris à la légère. Le Staples Center est désormais un endroit dont il faut se méfier à nouveau quand on y vient pour y affronter les “Pourpre et Or”. L’ancien assistant des Warriors n’aura probablement jamais un bilan équivalent à la plupart de ses confrères en discussion ici mais il n’a rien à leur envier. Et il n’a que 36 ans.

2 – Gregg Popovich

  • Mention : “A ce niveau, ce n’est plus de la sorcellerie, c’est de l’art.”
  • Bilan : 15 victoires – 4 défaites soit 78,9%. 2ème à l’Ouest. Dynamique : superbe à l’extérieur et incompréhensible à la maison.
  • Grandes stats : 102,7 points marqués (21ème ex-aequo), 97,8 encaissés (3ème ex-aequo). 40% de réussite derrière l’arc (1er).

Lors de la preview de saison de San Antonio, on se demandait si Pop’ allait réussir une fois de plus à faire muter ses Spurs. La réponse est claire d’entrée : OUI. Et de quelle manière… Bon, l’équipe est à Kawhi Leonard. Aucune surprise sur ce point si ce n’est le niveau offensif de plus en plus impressionnant que l’ailier est capable de proposer. Tony Parker est utilisé en mode briscard désormais tout comme Manu Ginobili ou Pau Gasol. David Lee revit, Jonathan Simmons explose dans tous les sens du terme. Les Spurs défendent un peu moins bien que l’an dernier mais la perte de Tim Duncan n’ets pas quelque chose qui se remplace par Pau Gasol comme ça. Bref, Popovich le sorcier est en train d’accomplir sous nos yeux un nouveau tour de magie. Et si, bizarrement, l’équipe peine à domicile, cela va finir par se résorber. En revanche, à l’extérieur, un record pourrait tomber dans les jours et les semaines qui arrivent. Un record pour Popovich et les Spurs ? Encore ?

1 – Steve Kerr

  • Mention : “Venez me chercher !”
  • Bilan : 16 victoires – 3 défaites soit 84,2%. 1er à l’Ouest. Dynamique : vient de se faire stopper dans une série de 12 succès consécutifs.
  • Grandes stats : 118,1 points marqués (1er), 106,3 encaissés (21ème). 49,6% au tir (1er). 32,2 3-points pris par match (4ème) pour 37,6% de réussite (4ème). 31,1 passes décisives par match (1er). 9,5 interceptions (1er). 6,6 contres (1er).

Bien évidemment, le fait que les Warriors proposent la 3ème “Pace” de la Ligue (nombre de possessions en moyenne sur 48 minutes) les aide à dominer les catégories statistiques mentionnées ci-dessus. Mais enfin, quand même ! Meilleure attaque, basée sur un collectif hallucinant, un jeu de passe huilé et une adresse régulièrement indécente. L’intégration de KD a été parfaitement gérée. Kerr doit encore trouver un meilleur équilibre de façon à un peu mieux défendre mais sa philosophie est claire : jouer vite, courir dès que possible, shooter de loin et tout cela sur fond de pick-and-roll/pop et de motion offense avec une circulation de balle vraiment intéressante. Quand on pense que l’équipe a pas mal bougé cet été et que ces gars n’ont pas encore 20 matchs ensemble à leur actif… Alors oui, être coach de l’année deux fois de suite n’est jamais arrivé dans l’histoire de la NBA et Kerr aura bien du mal à faire mieux que les 73 wins de l’an dernier. Mais s’il amène les Warriors à 68 ou 70 victoires, le meilleur bilan de la Ligue, la meilleure attaque avec un jeu aussi collectif, il ne sera pas si facile de lui refuser le back-to-back.

Ce classement va en faire bondir certains et va en énerver d’autres mais, il est toujours difficile de mettre tout le monde d’accord. On se retrouve début janvier pour une update et nous verrons qui a pris ou perdu du galon…


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