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Le retour de Jrue Holiday : un bonheur aussi grand pour lui que pour les Pelicans

Jrue Holiday

La famille de la NBA et surtout celle de New Orleans attendait qu’il revienne sur les parquets, pour vivre de sa passion et respirer à nouveau. En l’espace de deux petites rencontres, Holiday a rappelé à quel point il était précieux aux Pelicans.

Soulagement évident, avant toute chose, en pouvant retrouver son équipe sans avoir à craindre pour les deux personnes les plus importantes dans sa vie, sa femme et sa fille. Lauren Holiday devait être opérée d’une tumeur au cerveau cet automne, et cette dernière était enceinte, ce qui rendait le quotidien forcément compliqué pour le meneur de Louisiane. Il avait d’ailleurs pris le temps nécessaire afin d’être à ses côtés, mettant le basket dans un tiroir pour le ressortir plus tard. Opération réussie pour sa femme et naissance sans trop de complications pour sa fille, le plus lourd des poids se retirait de ses solides épaules. Et ce vendredi, la libération sportive était bien là, après des semaines d’anxiété et d’éloignement des parquets : Jrue pouvait rejouer au basket, avec ses coéquipiers. Un retour attendu et qui, en connaissance du contexte privé, ne nous poussait pas à exiger des performances royales du jour au lendemain. Sauf qu’en 48h et donc deux rencontres, Holiday a dépassé tout ce qu’on imaginait en apportant exactement ce qu’il fallait à Alvin Gentry et ses Pelicans. Un nouveau créateur solide, une option sérieuse en sortie de banc, une sérénité à la mène, de la défense exemplaire et enfin quelqu’un pour aider Anthony Davis avec de la production permanente. Les fans se délectaient forcément du moindre de ses mouvements, après 6 mois passés loin des terrains et autant de semaines plongées dans le doute. Mais pouvaient-ils espérer un impact aussi remarquable d’entrée ?

Au-delà des deux victoires tamponnées en back-to-back, face aux Blazers vendredi et Hornets hier soir, ce qu’Holiday a inséré dans le jeu de son équipe est tout ce dont Gentry pouvait rêver. L’exemple le plus flagrant était en attaque et notamment en fin de rencontre ce samedi, contre une équipe de Charlotte qui tenait son match en main. Grâce à un comeback mené justement par Jrue – en trio avec Davis et Galloway -, la rencontre basculait pour finalement tomber dans les mains des Pels, avec une expérience simple et validée dans la foulée par le meneur. Si je pénètre, reste derrière moi et mets le couvercle, car ils se focaliseront sur mon tir et tu seras seul au rebond. Holiday ne faisait pas que parler, il était là aussi pour s’assurer du saint déroulement des opérations. Et en forçant les intérieurs de Steve Clifford à devoir gêner ses pénétrations, Jrue appliquait sa stratégie en permettant au monosourcil de se gaver comme une oie sous les arceaux : putback, putback, putback, envergure et taille, Davis était trop imposant pour la raquette de Charlotte, qui croulait sous l’activité du All-Star. Il y a quelques jours, cette simple mise en place n’aurait pas été possible, car malgré tout l’amour qu’on a pour Tim Frazier, les capacités de pénétration, de finish et d’agressivité d’Holiday n’ont pas d’équivalent chez les Pelicans. Et en étant conscient de cela, Jrue n’a fait que son boulot en pénalisant son adversaire du soir au meilleur moment. Sauf que s’il ne s’agissait que d’un côté du terrain, le travail en question ne serait qu’à moitié fait.

Et en défense, le numéro 11 a rappelé aux clients du circuit qu’il était bien un des meneurs les plus solides sur ses cannes, lorsqu’il s’agit de soûler le petit d’en face. Grand (1m95) et bien épais (95 kilos), Vacances n’a pas suivi son nom de famille dans sa propre moitié de terrain, en suant avec plaisir pour partiellement frustrer deux gâchettes particulièrement chaudes cette saison : Damian Lillard et Kemba Walker. Le second était d’ailleurs le premier à devoir louper son tir de la gagne à mi-distance, un pull-up que Walker a rentré des dizaines de fois dans sa carrière mais qui était bien contesté par l’effort et l’envergure de Jrue. Terminant sa rencontre à 10/25 au tir et ne pouvant libérer les siens au buzzer, Kemba devait en plus retrousser ses manches afin de stopper les garçons en face. Quant à Lillard, même galère dans le Smoothie King Center, qu’il aurait probablement appelé Smothering King Center (étouffement) si on lui demandait de décrire son expérience ce vendredi. Gardé là aussi en corps à corps par la doublette Galloway – Frazier, le sniper de Portland devait se coltiner un peu de Jrue en bonus, ce qui n’est pas la partie de plaisir la plus grande qu’on connaisse en ce moment. Si les Pelicans ont remporté ces matchs et pu ainsi retrouver le sourire pour la première fois depuis… longtemps, c’est en grande partie grâce au retour du numéro 11 qui a aussi bien aidé en attaque qu’en défense. Et quand on connaît le manque de talent à New Orleans ainsi que le siège bien chaud sur lequel Gentry était assis, on ne pouvait que balancer un Holiday de Madonna à fond dans les speakers.

Enfin libéré de tout pépin physique et surtout de contraintes personnelles, Jrue Holiday est prêt à relever sa franchise, en duo avec un intérieur phénoménal. Sur ses deux premiers matchs, le meneur a donné entière satisfaction aux siens, maintenant il faudra confirmer lors des prochaines rencontres. Mais au beau milieu de tout ça, un message demeurera en Louisiane : son retour sur les parquets, c’est tout ce qu’on pouvait lui souhaiter.

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