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Taurean Prince revient de loin : ancien SDF qui ne l’a jamais dit à qui que ce soit, le boulot avant tout

Taurean Prince
Source image : YouTube

La NBA est avant tout une ligue bourrée de joueurs fabuleux, mais elle est aussi le repère pour des phénomènes qui reviennent de loin. De très loin, même. Taurean Prince en a bavé pour arriver jusqu’ici, il a enfin décidé de partager son histoire.

Jimmy Butler n’est pas le seul, loin de là. L’ailier des Wolves, qui est connu pour son ascension en ayant justement commencé sans toit au-dessus de sa tête, est un des profils les plus respectés de tout le circuit compte-tenu du chemin parcouru. Ancien SDF, Butler aurait pu sombrer dans bien des voies proposées par la dure vie d’un jeune sans repères, mais il a su garder le regard fixé vers l’horizon, s’imposant des objectifs clairs et exemplaires afin de défier les pronostics. Et ça, Taurean Prince le sait bien, puisqu’il a vécu la même chose. Ailier polyvalent des Hawks et accessoirement roi du dab dans son équipe, le joueur formé à Baylor ne pensait pas devenir un jour le deuxième meilleur marqueur d’une équipe NBA, aussi mal classée soit-elle. Il espérait déjà pouvoir faire des études, apprendre, se développer, mûrir, et peut-être vivre de sa passion, qui sait ? Le basket était bien au centre de ses préoccupations, mais pour une raison aussi simple que forte : c’était le ticket de la loterie sociale, pour sortir de sa pauvreté. Sauf que pendant longtemps, personne n’a vraiment su que Prince n’avait pas de toit. Avec son père, le natif de San Marcos voulait persévérer et le garçon errait en espérant croiser de jours meilleurs. Il maintenait une attitude sérieuse, sans s’apitoyer, afin de ressembler aux enfants de son âge et garder cette détermination. Celle qui lui a permis, petit à petit, de devenir un joueur drafté, puis utilisé, puis titularisé en NBA. Taurean est donc revenu sur son parcours, avec son humilité habituelle.

“Je crois que cela m’a aidé, d’être SDF avec mon père, de devoir affronter certaines situations critiques. Pendant plusieurs années, je ne disais rien à ma propre mère. J’aurais tout à fait pu lui dire ce qui se passait, j’aurais pu fuir chez elle, mais en même temps je voulais montrer une certaine loyauté envers mon père. Je pense que tout cela fait que j’ai cette sérénité permanente depuis que je suis petit, apprendre à faire face à différentes choses avec les gens les plus proches de moi, et ne pas tomber dans du vol ou des choses folles pour trouver un moyen de me rassurer. J’ai géré tout ça de la bonne manière et ai tourné ce qu’il y avait de négatif en positif.

Je devais garder la bonne mentalité, je continuais à aller à l’école chaque jour, je respectais tous mes professeurs, je continuais à pratiquer plusieurs sports que j’adorais. Et je traitais mes amis de la bonne façon, mais je ne leur disais rien. Personne ne le savait. Je pense que c’est cette sérénité qui jouait, rester calme dans des situations inconfortables. Et je crois que cela m’a aidé aussi dans ma carrière en tant que basketteur, la façon dont je me tiens chaque jour et comment je vais aborder n’importe quelle mission défensive. Qu’un adversaire score sur moi ou pas, je reste concentré et serein, je passe à l’action suivante et je ne me soucie que de ce que je peux contrôler.”

Cet été, Taurean est justement devenu père, un vrai changement dans la vie de n’importe quel homme, mais surtout d’un athlète qui doit conjuguer avec l’intensité d’un lourd calendrier en NBA. Déjà très mature pour son âge, Prince a atteint un nouveau stade émotionnel qui fait déjà de lui un des joueurs les plus respectés à Atlanta. Deuxième année seulement chez les pros ? Peut-être, mais le traitement qui lui est réservé est celui d’un vétéran. Car chaque jour, l’ailier arrive en avance à la salle, étudie l’adversaire du soir, se donne à fond sur chaque entrée en jeu et continue à viser le plus loin possible pour devenir encore meilleur. Les sensations sont donc différentes dans les rues de Géorgie, avec les performances aléatoires de Dennis Schröder ou l’émergence de John Collins. Mais s’il y a bien une constante qui plaît à Mike Budenholzer et tout le staff des Hawks, c’est cette sérénité et cette régularité chez Taurean Prince. Un vrai bosseur, qui rappelle ce bon DeMarre Carroll il y a quelques années, et qui fera certainement partie de l’avenir de la franchise. Car même s’il semble compliqué d’envisager un futur à la Jimmy Butler d’un point de vue individuel, nul ne doute qu’un tel caractère et une telle détermination auront toujours leur place dans le vestiaire local.

Nombreuses sont les histoires touchantes qui traversent la NBA chaque année. Des joueurs qui partent du fond de la piscine, et parviennent à atteindre la surface pour jaillir sur la plus grande des scènes : chapeau, Monsieur Taurean Prince.

Source : Slam


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