One-on-One

Derrick Rose a besoin d’un break : retour sur le chemin d’un phénomène, aujourd’hui à bout

Derrick Rose
Source image : youtube

Souvent cité en exemple pour démontrer l’abnégation et la passion des joueurs pour leur sport favori, Derrick Rose n’a pas été épargné par les blessures tout au long de sa carrière. Si bien qu’aujourd’hui, le meneur songerait sérieusement à mettre fin à sa carrière sportive. Peut-être le dernier chapitre d’une histoire qui avait pourtant si bien commencée.

Car le début avait plutôt des allures de conte de fées. Sélectionné en première position de la Draft par les Bulls de sa ville de naissance en 2008, le meneur confirme ce que tout le monde voyait en lui à l’université de Memphis et remporte le titre de meilleur rookie de l’année. Deux ans plus tard, il domine la saison régulière de la tête et des épaules avec 62 victoires et emmène Chicago jusqu’en Finale de Conférence face au Heat. Il devient également le plus jeune MVP de l’histoire à 22 ans et 6 mois. Ce sera l’apogée d’une carrière qui sera ensuite rempli de souffrance et de frustration pour ce point guard à qui rien ne résistait jusqu’alors. Une rupture des ligaments croisés met fin à son rêve de titre lors des Playoffs 2012, l’obligeant à réaliser une saison blanche pour se soigner. Le destin est cruel mais on se dit que l’Inspecteur Derrick a passé le plus dur et qu’il va pouvoir reprendre son ascension vers les sommets de la Ligue dès la saison 2013-14. Mais après seulement dix apparitions, il se rompt le ménisque du genou droit et doit suivre le reste de la saison depuis l’infirmerie. Une terrible rechute qui est de très mauvais augure pour la suite de sa carrière avec des genoux fragilisés ne lui permettant plus de jouer son jeu.

Lors de ses huit années passées dans l’Illinois, Derrick Rose a manqué un total de 257 matchs soit plus de trois saisons complètes. Pourtant, malgré un temps de jeu réduit, il continue à se battre. Le meneur aime trop le basket pour pouvoir le quitter sans rien dire. Ses entraîneurs prennent des précautions mais D-Rose reste solidement attaché à sa place de titulaire et ne descendra jamais sous les 15 points et 4 passes décisives de moyenne jusqu’à sa dernière saison à Cleveland. Les pénétrations sont moins percutantes et les dunks beaucoup plus rares, même sur contre-attaque, mais le triple All-Star est trop intelligent et a beaucoup trop de détermination pour ne pas réussir à briller malgré des genoux en guimauve. Malgré quelques déclarations mystérieuses, un passage devant le juge en 2016 pour une affaire de viol en réunion et une disparition soudaine juste avant un match des New York Knicks, Rose maintient le cap jusqu’à trouver un point de chute à Cleveland cet été. En l’absence d’Isaiah Thomas, la mène des derniers finalistes lui est promise et l’ensemble de son staff et de ses coéquipiers se dit impressionné par le niveau du n°1 lors des camps d’entraînement improvisés durant la trêve estivale. C’était avant que sa cheville ne vrille et qu’une nouvelle absence de plusieurs semaines ne soit annoncée au bout de seulement sept rencontres cette saison.

Ce qui nous mène à la terrible situation actuelle dans laquelle ESPN nous dévoile que le meneur ne côtoierait plus l’équipe depuis quelques ours et serait en train de « réévaluer sérieusement son futur en NBA ». L’accumulation de blessures a finalement pris le dessus dans la lutte intérieure de Derrick Rose qui ne semble plus avoir le courage de repartir une nouvelle fois de zéro pour risquer une énième rechute dans quelques semaines ou quelques mois. Personne ne lui jettera la pierre, lui qui a déjà eu la force de caractère de revenir de deux graves blessures tout en enlevant de nombreux petits cailloux de ses chaussures tout au long du chemin. Mais à 29 ans, l’ancien espoir de la Ligue est las de jouer en-dessous de ses capacités à cause d’une carrosserie qui se déchire au moindre contact. Celui qui déclarait encore au Chicago Tribune être un All-Star la saison dernière a déjà lâché trop d’énergie et de force mentale à revenir au niveau de meneur titulaire NBA pour supporter une nouvelle épreuve comme celle-ci. Tant pis pour les 70 millions de dollars restant sur son contrat avec Adidas sur les six prochaines années et sur lesquelles il risque de devoir s’asseoir s’il prend sa retraite, Derrick Rose a décidé d’arrêter de souffrir en imaginant ce qu’il aurait pu devenir sans cet acharnement du destin. Jamais les mots qu’il a prononcés en 2014 n’ont semblé si actuels.

« Je réfléchis à quand j’en aurai fini avec ma carrière de basketteur. Je vais devoir aller à des cérémonies de remises de diplômes, à des réunions et je ne veux pas me rendre là-bas où à la remise du diplôme de mon fils souffrant juste à cause de ce que j’ai fait auparavant. »

Nous ne pouvons pas lui en vouloir, après de nombreuses tentatives le corps de Derrick Rose lui rappelle à chaque fois qu’il ne peut pas endurer autant d’efforts et de coups. La dernière blessure à la cheville n’est pas plus importante que les autres, mais c’est peut-être celle de trop pour un joueur qui a saisi qu’il ne serait plus jamais le joueur qu’il a été et qui faisait rêver tous les fans de Chicago. Ce n’est ni le premier, ni le dernier et il pourra échanger avec Brandon Roy s’il veut savoir comment gérer une retraite sportive arrivée bien trop tôt dans son agenda.

Source texte : USA Today

1 Comment

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  1. Rodzilla

    25 novembre 2017 à 16 h 52 min at 16 h 52 min

    « Les pénétrations sont moins percutantes et les dunks beaucoup plus rares, même sur contre-attaque, mais le triple All-Star est trop intelligent et a beaucoup trop de détermination pour ne pas réussir à briller malgré des genoux en guimauve. »

    Je comprends le côté fanboy, Rose a été fabuleux dans son style, mais lors de ses saisons post-blessures, et notamment la dernière saison aux Knicks, il était toxique sur le parquet (ne s’est pas réinventé, son déficit de playmaking et de shoot extér ont fait passer Brandon Jennings et toute la second unit de Gotham pour une équipe potable) ; du coup il a tout sauf brillé après ses blessures et ce malgré un temps de jeu conséquent. D-Rose 1 est mort le même jour que son ligament. C’est triste mais faut l’admettre. Au moins il n’a pas fait une overdose avant sa draft ou autre joyeusetés qu’on a eu la malchance de « voir ». On a eu la chance de voir le Rose MVP, et c’était subjuguant.

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