Old-School

Magic Johnson forever : retour sur sa saison 86/87, une rivalité mythique et trois nouvelles lignes au palmarès

Magic Johnson

A saison exceptionnelle, geste technique exceptionnel.

Source image : YouTube

C’est l’anniversaire de Monsieur Earvin Magic Johnson. Une légende. Un surnom. Un sourire. Un show-time à lui tout seul. Un joueur qui a révolutionné son sport. Ce genre de joueur qui restera dans les mémoires des plus anciens et que les plus jeunes regrettent de ne pas avoir connu. Pour l’occasion et notre plus grand plaisir, retour sur l’une des plus belles saisons individuelles de l’histoire de celui qu’on nommera désormais “Magic”. La DeLorean est prête, c’est parti pour 1986-87 et sa génération dorée.

C’est le point Charles Aznavour du jour. En ce temps-là, plusieurs légendes évoluaient en même temps sur les parquets. En ce temps-là, le basket est devenu un art. C’était une époque pendant laquelle Twitter n’existait pas les petits jeunes, et Magic ne s’illustrait pas par ses envolées sur le réseau social mais par son génie sur le terrain. Un rappel du contexte de la Ligue à ce moment-là est nécessaire pour comprendre la grandeur de la saison du joueur. Nous sommes en 1986. La NBA est plongée dans une rivalité inoubliable entre deux franchises mythiques, les Celtics et les Lakers et entre les deux joueurs qui ont incarné et dominé la décennie : Larry Bird et Magic Johnson. Les deux équipes se retrouvent presque tous les mois de juin et se transmettent successivement les bagues : Boston en 1984, Los Angeles en 1985, Boston en 1986. Magic n’a encore jamais gagné le trophée de MVP, pour une raison simple qui tient en deux mots : Larry Bird. Gold Hand sort de trois années successives avec la statuette et compte bien obtenir le record all-time de quatre saisons consécutives. Mais 1986-87, c’est aussi la troisième saison d’un petit nouveau, qui fait déjà grand bruit dans la Ligue. En effet, Michael Jordan, c’est 37 points de moyenne cette saison-là : meilleure saison offensive depuis un certain Wilt Chamberlain. Mais Magic n’a pas froid aux yeux, la saison 1986-87 sera la sienne et une des meilleures campagnes individuelles de l’histoire.

23 points, 12 passes, 6 rebonds 2 interceptions et 14 triple-doubles. Boum. Magic touche le soleil des doigts sans se brûler et devient le seul joueur de l’histoire à avoir aligné de telles statistiques sur une saison. Kareem Abdul-Jabbar étant sur la pente descendante, Johnson devient l’incontestable leader d’une des plus grandes équipes de l’histoire. Plus uniquement un meneur facilitateur comme il a pu l’être avec KAJ, Magic s’illustre partout comme créateur. Outre les chiffres, le joueur est une véritable machine à gagner et peut évoluer à tous les postes, distribue des caviars en veux-tu en voilà, porte son équipe avec une âme passionnée de leader, et a un impact sur et en dehors des parquets qu’il est difficile d’évaluer : une icône. Champions à l’Ouest, les Lakers effectuent une saison grandiose avec 65 victoires pour 17 défaites, tandis que leurs rivaux verts à l’autre bout du pays réalisent un bilan de 59-23. Les Angelinos sont plus qu’une simple équipe, ils sont devenus l’emblème de la ville. C’est un show-time les soirs de matchs, un collectif magnifiquement orchestré et une hype inimaginable incarnée par leur meneur. Le trophée MVP ? Une évidence pour sa saison. Magic obtient 65 des 76 premières places dans l’attribution de la récompense alors que Larry Legend effectue une meilleure campagne que la précédente lorsqu’il avait reçu la gratification, et que le jeune Michael affole les statisticiens de l’époque. Un MVP parmi les MVP, tourné désormais vers les Playoffs : et pourquoi pas la statuette individuelle des Finales ?

Nuggets, Warriors, Supersonics ? Un très bon terrain d’entrainement pour Magic et sa clique qui récitent tranquillement leurs gammes avant de passer aux choses sérieuses. Le 11-1 qui les mène jusqu’en Finales est un chef d’oeuvre de maîtrise du Hall of Fame et de ses coéquipiers. Les Celtics ont plus de difficulté à l’Est mais se défont des Pistons au plus grand bonheur de tout un pays : la belle aura bien lieu après les Finales de 84 et de 85. Ça risque de piquer les yeux des plus anciens qui s’offusqueront à raison mais cela a un intérêt pédagogique pour les jeunes louveteaux : Bird et Magic, c’est la rivalité Curry-LeBron d’aujourd’hui, voire plus. Evidemment, pas le même niveau parce qu’on parle de deux Top 5 all-time – oui oui, pas la peine de discuter – pas la même portée iconique, pas la même intensité dans la rivalité et pas les mêmes franchises historiques. Le Thompson sur le terrain ne s’appelait pas Klay, mais le schéma reste le même dans l’opposition des deux équipes. La série commence très fort pour les Lakers qui infligent deux branlées à Larry et sa bande : 25 et 19 points. Magic est sur un nuage, se croit dans 2K et tourne à une moyenne invraisemblable sur ses terres californiennes avec 25 points, 16 assists et 6 rebonds. Le garçon a des mains en or et assoit la domination qu’il a déjà imposé pendant la régulière. Les Pourpres et Or se préparent donc pour trois rencontres au TD Garden, véritable forteresse de Boston qui n’a assisté qu’à trois défaites en deux saisons. Même s’ils ne parviennent pas à ralentir Magic devenu injouable (32 points, 9 assists et 11 rebonds), les Celtics parviennent à contenir KAJ, James Worthy, A.C. Green, Michael Cooper et Byron Scott pour remporter le Game 3. 2-1, la série est relancée et la Celtic Nation est chaude comme jamais. Oui mais voilà, Magic est magique et nous offre un match 4 comme on en voit peu dans une vie.

Si les Celtics font la course en tête presque tout le match, et mènent de huit points à plus de 3 minutes de la fin, les Angelinos refusent de laisser le TD Garden exploser. Protégez-vous les yeux pour les lignes qui suivent, duel de Hall of Famers qui risquent de vous éblouir. A 30 secondes de la fin, les Lakers reprennent la main après un pick-and-roll entre Kareem Abdul-Jabbar et Magic Johnson (lunettes de soleil on a dit). Que nenni répond Larry Bird qui plante un shoot derrière l’arc qui aurait été d’anthologie, sans la fin de match que l’on connaît, pour reprendre deux points d’avance. Un lancer-franc de KAJ et la série semble se tourner vers un 2-2 : les dès sont relancés. Belle histoire que vous nous chantez-là les Celtics, mais la suite sera bien différente. Le deuxième lancer est raté, mais retombe dans les mains de… Magic. L’histoire est née. Kevin McHale, Larry Bird et Robert Parish ne pourront rien y faire : Monsieur Johnson qui a appris à bon école, sort un invraisemblable sky-hook, un improbable bras roulé lors d’un match 4 de Finales NBA. Un geste incroyable qui pliera la série malgré la tentative désespérée de Larry. 107-106, end of the story. 3-1 Lakers, et à cette époque, pas question de remonter un tel score. Larry Bird dira lui-même ce que tout le monde pense, à savoir qu’il est possible de perdre d’un sky-hook contre les Lakers, mais certainement pas venant de Magic Johnson : c’est le meilleur joueur qu’il ne verrait jamais. La victoire au match 5 n’y changera rien, c’est les Lakers qui remportent la dernière confrontation des Finales entre deux des plus grandes légendes du basket américain. Magic Johnson rentre dans l’histoire et rejoint le club VIP des champions ayant cumulé le trophée de MVP de la saison régulière et des Finales. Le “Junior sky-hook” ponctuera comme il se doit la saison exceptionnelle de la légende Magic.

C’était en 1986-1987. Magic Johnson marquait de son empreinte un sport qu’il a inspiré et révolutionné. Les fans des Celtics ont eu beau pleurer, ils seront les premiers à reconnaître le génie de Johnson sur l’une des plus belles saisons individuelles de tous les temps. Alors bon anniversaire Magic, et merci.

 Sources : Lakersblog, Hoop NBA. 


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