Old-School

Playoffs Revival : John Stockton et Magic Johnson s’offrent un duel entre Point Gods

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Une série mythique en sept matchs en demi-finale de Conférence en 1988.

Source image : Youtube, montage @TheBigD2305

La saison régulière, c’est sympa, les matchs se multiplient, mais on ne regarde parfois certaines rencontres que d’un œil discret. Pour vous aider à tenir dans ces instants difficiles, voici l’un de nos petits retours sur les grands moments de l’histoire des Playoffs. Parce que c’est à cette période de la saison que les légendes naissent et que les fauves sortent les crocs.

Depuis quelques années, les meneurs scoreurs sont légion en NBA et seuls quelques exceptions – comme Chris Paul – peuvent vraiment se vanter d’être de véritables généraux sur les parquets. Mais au siècle dernier la mode était bien plus à la distribution de caviars de la part des point guards, à l’image de Magic Johnson et John Stockton. Deux noms loin d’être pris au hasard et qui nous replongent trente piges en arrière, lorsque le Jazz et les Lakers se sont affrontés en demi-finale de Conférence en 1988.

 Le contexte – Magic au sommet, John prend son envol

Lorsque l’exercice 1987-88 commence, les Lakers sont à la recherche du back-to-back dans le sillage d’un Magic Johnson MVP de la saison régulière et des Finales l’année précédente. Autant dire que le taulier de la Ligue, c’est lui. Meilleur passeur pour la quatrième fois – la seconde consécutive – il est la référence au poste de meneur et son règne ne semble pas devoir s’arrêter de sitôt. De son côté ? John Stockton n’est pas encore la valeur sûre qui va être considérée comme l’un des plus grands métronomes de l’histoire. S’il a déjà participé aux Playoffs avec son compère Karl Malone, les ambitions sont loin d’être le titre contrairement à ce qui est attendu du côté de Los Angeles. Il faut dire que les Angelinos transpirent l’expérience avec des joueurs au pic de leur carrière quand les Jazzmen sont encore jeunes. Cela se retrouve dans le bilan de la saison régulière, avec les Purple and Gold qui bouclent l’exercice avec un 62-20 pour finir en tête de la Ligue quand la franchise de Salt Lake City ne va pas se plaindre de sa cinquième place. Il faut dire qu’on grandit encore chez les mormons, et que si la postseason est un objectif, c’est surtout pour emmagasiner de l’expérience. Mais on sent tout de même que les pensionnaires du Salt Palace prennent du grade, dans le sillage de leur duo qui va marquer l’histoire du Jazz. En effet, avec un Mailman dans le Top 5 des meilleurs scoreurs et rebondeurs, une arme de destruction massive est présente dans la raquette. Mais celui qui a le plus impressionné, c’est bien Stock qui a grillé la politesse à Magic Johnson au classement des passeurs. Avec 13,8 caviars par soir, il met presque 2 passes dans la vue du sourire le plus célèbre de la Ligue. Passation de pouvoir ? Au niveau des assists certes, mais il va encore falloir cravacher pour déloger le meneur des Lakers à son poste, comme la confrontation lors des demi-finales de Conférence va le prouver, même si les deux joueurs ne défendront pas souvent l’un sur l’autre.

La performance – 7 matchs avec caviar à volonté

La série commence tranquillement pour les Lakers qui explosent le Jazz dès le premier quart-temps du premier match avec un 24-8 dont la franchise de l’Utah ne se remettra pas. Du moins pour ce Game 1, où John Stockton distribue tout de même 16 passes dans la défaite. Mais le scoring ne suit pas, l’adresse du meneur d’Utah étant portée disparue (3/13). Magic lui joue à sa mesure, sans forcer avec ses 19 pions, 5 rebonds et 9 assists, même si 5 pertes de balles ternissent un peu le bilan. Des mains glissantes qu’on va retrouver dans un Game 2 à la physionomie bien différente puisque les mormons s’imposent en Californie avec un Earvin qui lâche la gonfle à 8 reprises, ce qui gâche ses 18 points et 10 passes alors que Johnny dicte encore le tempo des Jazzmen avec 13 caviars. L’upset est en cours ? Les fans du Salt Palace y rêvent forcément puisque le troisième match permet à Utah de prendre l’avantage, toujours avec leur sexy numéro 12 à la baguette. 12 comme son nombre de passes, son total le plus faible de la série. Magic lui est un peu en dedans comme les siens, avec 16 points et 6 passes. Pas horrible non plus, mais en-dessous des standards de E.J. the Deejay. Mais il va remettre les choses dans l’ordre au Game 4, à l’instar des autres Angelinos puisque derrière les 24 points et 9 passes de Magic, Kareem Abdul-Jabbar, James Worthy et Byron Scott atteignent aussi les 20 unités. Si John Stockton ne faiblit pas avec un 21-13, l’adresse est du côté des Purple and Gold, tout comme la présence au rebond, ce qui pèse lourd au moment de remporter un match.

C’est alors que la série et le duel entre les deux meneurs va franchir un palier. Ayant récupéré l’avantage du terrain perdu lors du Game 2, les Lakers ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin et ils se doivent de maintenir la pression en rentrant en Californie. Sauf que Stock ne l’entend pas de cette oreille et après avoir enfilé son short le plus serré, il va livrer une prestation sublime. Durant quarante-huit minutes, il ne va pas quitter le parquet et pousser pour que les siens arrachent un succès qui ferait basculer la série. Plus de trois quarts d’heure de basket où il va scorer 23 points à 50% mais surtout donner 24 bonbons à ses coéquipiers. Le tout en volant 5 fois la gonfle et en en l’échappant qu’à 3 reprises. Énorme de lucidité, d’altruisme, de maîtrise. Si Magic Johnson fait le taf avec 20 pions et 13 passes, sa prestation est forcément éclipsée par celle de John Stockton. Mais il repart avec la victoire de deux petits points, et c’est bien là l’essentiel pour le numéro 32 et sa franchise. Deux jours plus tard, les Lakers explosent complètement sur le parquet du Jazz, prenant 28 points dans les mirettes. Magic ne brille pas (10 points à 3 sur 12, 9 passes) alors que Stockton ralentit à peine avec encore 17 caviars pour compléter ses 14 pions, à moins que ça ne soit l’inverse. Direction donc le Forum pour un Game 7 qui sent la poudre. Malgré les efforts déployé par le meneur du Jazz auteur du second 20-20 de sa série (29 points à 10 sur 15, 20 passes en 48 minutes), l’effectif de Los Angeles est bien trop expérimenté pour se faire piéger. Est-ce une surprise de voir que Magic Johnson réalise son meilleur match de la confrontation pour cette rencontre décisive ? Avec ses 23 points (à 9 sur 15) et 16 passes, il ajoute 9 rebonds pour passer tout près du triple-double. Le taulier a mis les choses au clair et envoyé son équipe au tour suivant.


La suite – deux styles, mais deux légendes

Malgré l’élimination, le Jazz s’installe encore plus comme franchise solide à l’Ouest. Et à l’instar de son compère Karl Malone – les deux lascars ne pouvant vraiment jamais être séparés – John Stockton a marqué les esprits dans cette défaite avec ses deux matchs en mode 20 – 20. Suffisant pour faire douter les Lakers, pas assez pour les empêcher de passer et d’aller au bout. Mais la légende du meneur d’Utah débute et il ne va cesser de régaler ses partenaires de caramels enrobés de chocolat pendant quinze autres saisons, glanant au total neuf titres de meilleur passeur. Il est d’ailleurs celui qui distribuera le plus de caviars de l’histoire, avec 15806 unités, loin devant Jason Kidd. Il faut dire qu’en jouant jusqu’à 40 piges, le mec à la dégaine la plus banale de la Ligue s’est offert une belle longévité pour faire gonfler ce chiffre. Une chance que n’a pas eu le showman Magic Johnson avec ses problèmes de santé et qui se contente donc de la cinquième place dans ce classement, tout en étant le joueur avec la meilleure moyenne d’assists en carrière (11,19 contre 10,51 pour Stockton, second). Deux joueurs si différents dans leur style, leur présence médiatique, leur carrière. Mais deux joueurs unis par cette capacité à faire briller les autres.

Sortir un match en Playoffs avec au moins 20 pions et 20 passes, ce n’est pas donné à n’importe quel joueur de la Ligue. D’ailleurs ils ne sont que trois à avoir réalisé une telle performance en plus de John Stockton : Johnny Moore, Tim Hardaway et Magic Johnson. Comme par hasard, on retrouve le meneur des Lakers. Et comme par hasard, il est le seul avec celui du Jazz à avoir accompli cet exploit à deux reprises. Mais le numéro 12 l’a réussi lors de la même série, ce qui rend sa prestation encore plus impressionnante.

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