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Comment comprendre l’arbitrage en NBA – Chapitre 6 : les marchers, un bordel monstrueux

NBA
Source : BallisLife

C’est un des sujets qui agace le plus les fans au quotidien : l’arbitrage en NBA. Entre marchés non-sifflés, traitements de faveur et changement de décisions au quotidien, suivre un match peut parfois devenir exténuant dans notre Ligue. Comment comprendre les hommes au sifflet ? Voici le guide ultime, pour ne plus avoir à péter un plomb à 3h du matin.

Chapitre 1 : ici
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Chapitre 3 : ici
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Pas un jour ne se passe, sans qu’une vidéo ne surgisse sur les réseaux sociaux et crée une discorde dans la communauté basket. Tel un péage de la honte, la critique de l’arbitrage en NBA s’est installée dans nos petites habitudes. Non mais regarde, il marche ! Attends, genre y’a pas faute là au buzzer ? Chaque jour, c’est la même. Tout cela est bien triste, mais pour éviter de rester dans cette frustration permanente, il convient de savoir à quel jeu nous jouons. Car c’est bien là le point sur lequel nous allons nous poser et vous inviter. Avant de vous lancer dans un jeu de société, vous lisez bien les règles, non ? Il en va de même pour la NBA, qui a ses propres codes et règles, éloignées de celles enseignées dans toutes les écoles de basket. Oui, cela peut paraître idiot au premier abord, sachant qu’on devrait partager le même bouquin signé James Naismith. Mais il est important d’installer ce premier matelas pour mieux comprendre la suite. Nous allons donc faire ce voyage ensemble, celui qui nous emmènera dans les profondeurs de la Ligue et de ses arbitres.

Chapitre 6 : les marchers, un bordel monstrueux

Difficile de trouver un sujet causant plus de vives critiques sur la Ligue, sur sa façon de faire et les libertés offertes aux joueurs d’aujourd’hui. Mais pour tenter de comprendre le pourquoi du comment, on vous invite à rentrer dans la pensée NBA du basket moderne. Bien loin de nos petits fondamentaux européens, avec nos scores serrés et nos finitions appliquées main gauche.

  • La “musicalité” des pas

C’est le sujet qui pique le plus de monde, aujourd’hui. On voit certains joueurs se permettre 4 à 5 pas, sans même avoir l’air d’être eux-mêmes choqués. Comme expliqué dans les chapitres précédents, les arbitres laissent de plus en plus de possibilités aux attaquants, car la Ligue veut offrir aux joueurs une liberté maximale. On évite le grind des années 90 et 2000 en donnant libre-accès au panier pour ces monstres du scoring, qui profitent très largement des décisions prises au niveau supérieur. Cependant, la lecture des marchers reste la même en NBA : il s’agit avant tout de musicalité. Musicalité ? Oui. Pour les arbitres, comme ces derniers l’ont souvent mentionné, un marcher sera sifflé lorsque les prises d’appuis auront l’air “anormales” ou “hors-rythme”. C’est pourquoi certains marchers sifflés ne comptent que trois pas, alors que des lay-up avec six appuis seront autorisés. Tout est une question de fluidité dans cette Ligue, et de capacité à passer son move sans montrer d’interférence. Compter pas après pas ne vous aidera pas, aussi triste que ce soit. Pour vous montrer un exemple, on vous laisse apprécier la récente valse de LeBron, qu’il arrive à passer sans changer de rythme, et la balade de Westbrook, évidemment sifflée.


  • La légalisation des trois steps

Comme expliqué dans le Chapitre 2, la NBA a connu un véritable virage dans les années 90, en voyant le scoring chuter dans son ensemble. Un Grit and Grind qui faisait certainement plaisir aux fans des Knicks, mais pas du tout à David Stern et ses associés. Car pour pouvoir retrouver un jeu nettement plus spectaculaire, il fallait porter le règlement vers une nouvelle ère qui serait celle du “nouveau basket”. Non pas que le tir à cinq points et le dunk de la ligne médiane soit inséré dans le bouquin des règles, mais des petites modifications qui donneraient l’avantage aux attaquants plutôt qu’aux défenseurs. Et après avoir retiré le hand-checking puis l’utilisation de l’avant-bras en défense, c’est littéralement un troisième pas que la Ligue rendait discrètement concevable en 2009. Une mini-révolution passée en douce, et désormais ancrée dans les habitudes des joueurs. Sans qu’on se rende véritablement compte en plus, c’est ça qui est fort ! Voilà aussi ce qui explique l’étonnement actuel, et cet abus des pas supplémentaires, sans parler des répercussions sur la façon dont le jeu est enseigné au niveau inférieur.

  • “On ne fait pas trop attention au livre des règles”

C’est une phrase qui vient du Vice-Président des Opérations Arbitrales en NBA, le fameux Joe Borgia. Oui, le boss de la section sifflet nous a lâché cette perle en octobre 2009 dans un long entretien avec ESPN, lorsqu’il était question de marcher et de ces nouvelles bases imposées en NBA. Borgia le disait lui-même cependant, pour enrober sa phrase et tenter de faire passer un message déjà évoqué dans le Chapitre 3 : la Ligue interfère dans les méthodes des arbitres, en dirigeant ces derniers avec des décisions qui vont dans le sens du business. Est-ce que le jeu s’en retrouve entaché ? Absolument. Mais est-ce qu’on se met à genou devant les performances numériques de plus en plus incroyables qui sont offertes par les joueurs d’aujourd’hui ? Tout autant. Si la plupart des règles sont donc conservées pour maintenir un jeu strict plutôt que de tomber dans une farce de basket (exemple : le All-Star Game), le marcher est clairement un département autour duquel les arbitres sont plus flexibles, car cela leur est demandé. Et si la tentation sera de vouloir les blâmer pour oser agir ainsi, souvenons-nous qu’au-dessus d’eux se trouvent des décisionnaires qui ne se gênent pas lorsqu’il faut faire rentrer un maximum de blé.

Il sera difficile de convaincre chacun de laisser tomber ce compte des pas, par réflexe directement lié à notre formation européenne du basket. Mais si vous souhaitez éviter des crises d’urticaire tous les soirs, on vous conseille de ne regarder que le haut du corps. Car plus on avance, plus il y aura de chances pour que les joueurs se mettent littéralement à marcher vers le panier. Il a fait plus de deux pas : une phrase à nous qui ne traversera pas l’Atlantique.

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