Old-School

Comment comprendre l’arbitrage en NBA – Chapitre 1 : connaître la NBA et son passé

NBA magic bird
Source image : FanSided

C’est un des sujets qui agace le plus les fans au quotidien : l’arbitrage en NBA. Entre marchés non-sifflés, traitements de faveur et changement de décisions au quotidien, suivre un match peut parfois devenir exténuant dans notre Ligue. Comment comprendre les hommes au sifflet ? Voici le guide ultime, pour ne plus avoir à péter un plomb à 3h du matin.

Pas un jour ne se passe, sans qu’une vidéo ne surgisse sur les réseaux sociaux et crée une discorde dans la communauté basket. Tel un péage de la honte, la critique de l’arbitrage en NBA s’est installée dans nos petites habitudes. Non mais regarde, il marche ! Attends, genre y’a pas faute là au buzzer ? Chaque jour, c’est la même. Tout cela est bien triste, mais pour éviter de rester dans cette frustration permanente, il convient de savoir à quel jeu nous jouons. Car c’est bien là le point sur lequel nous allons nous poser et vous inviter. Avant de vous lancer dans un jeu de société, vous lisez bien les règles, non ? Il en va de même pour la NBA, qui a ses propres codes et règles, éloignées de celles enseignées dans toutes les écoles de basket. Oui, cela peut paraître idiot au premier abord, sachant qu’on devrait partager le même bouquin signé James Naismith. Mais il est important d’installer ce premier matelas pour mieux comprendre la suite. Nous allons donc faire ce voyage ensemble, celui qui nous emmènera dans les profondeurs de la Ligue et de ses arbitres.

Chapitre 1 : connaître la NBA et son passé

Rien ne vaut une petite piqûre du passé, car c’est ainsi qu’on peut analyser au mieux le présent. Et dans le domaine de l’arbitrage, on doit bien regarder dans le rétroviseur afin d’installer les bases d’une critique construite. Il faut savoir que, dans sa longue et belle histoire, la NBA est passée par des étapes aussi glorieuses que stressantes. On pense en premier lieu à l’ascension de la ABA dans les années 70, et le plongeon dramatique de la NBA à la même époque, qui avait failli causer la disparition de notre Ligue chérie. D’un côté, une compétition fraîche et excitante, qui autorisait les tirs à trois-points, les and-one et donnait carte-blanche aux grandes gâchettes de l’époque. De l’autre, un groupe étiqueté old-school, mené par Red Auerbach des Celtics notamment, et qui ne voulait pas briser les principes du jeu dans la Ligue. Maigres étaient les solutions pour permettre la résurrection de la NBA, mais deux éléments notables se démarquaient déjà à l’époque : le jeu spectaculaire de la ABA, et l’arrivée de grandes superstars à mettre en avant. Voilà ce qui séparait fondamentalement les deux compétitions, et demandait une fusion pour obtenir le meilleur des deux mondes.

Gonfler les audiences, c’était une façon de faire rentrer des sous dans la banque de la Ligue et donc assurer son maintien, un modèle qui deviendra le ciment de ce championnat pour les décennies suivantes. Exciter les fans, c’était un moyen d’augmenter sa visibilité en donnant la possibilité à ces figures de plus en plus importantes de s’exprimer librement. Car s’il y a bien un point sur lequel la NBA était encore un peu en retard, c’était sur la médiatisation de ses stars, des personnalités fleurissantes et qui ne demandaient qu’à être envoyées sur le devant de la scène. Après des années passées à limiter l’impact identitaire des Elgin Baylor, John Havlicek et autres Bob Pettit, l’heure était venue de s’ouvrir aux phénomènes comme Julius Erving ou David Thompson, des extra-terrestres redessinant le basket et surtout la place des sportifs dans le paysage commun. Bien jouer n’était plus la seule chose qui importait, il fallait aussi avoir l’attitude qui allait avec, le style, un aspect visuel tellement ancré dans les années 70. C’est pourquoi, en 1976, la NBA réalisait un grand coup en effectuant une fusion avec la ABA. Et résultat des courses, les “Dr J” et autre “Iceman” si flashy débarquaient pour faire étalage de leur jeu spectaculaire tout comme leur look unique, parfait tapis de sol pour permettre l’arrivée de deux stars qui régneront sur les années 80.

Magic Johnson et Larry Bird.

Alors vous nous dites, le rapport avec l’arbitrage ? On y vient. Lors de la décennie des 80s, la NBA réalise un véritable boom médiatique en mettant quasiment en permanence les Lakers et les Celtics en avant, les contrats télévisés signés avec CBS vont d’ailleurs dans ce sens. Impossible de regarder les Hawks, compliqué de voir les Pistons, le monopole des deux franchises était en quelque sorte acté et voulu car c’était ainsi que la Ligue pouvait se promouvoir au mieux. Sans noter que l’opposition Magic-Black-Colgate / Bird-White-Timberland était idéale pour permettre à chacun de choisir son camp, tel un script hollywoodien. Kenny Smith, analyste aujourd’hui chez TNT, le résumait d’ailleurs assez bien en 2013 lors d’une émission Open Court : quoi qu’il arrive, chaque saison, on allait se retrouver avec les verts et/ou les jaunes au bout, c’était fait ainsi. Propulsée par le duo Magic-Bird, la NBA faisait déjà bien en sorte que Los Angeles et Boston se retrouvent en Finales, car la rivalité allait booster son image et son statut. Un début de manipulation compréhensible, mais surtout royal pour laisser le relais à un certain Michael Jordan, qui deviendra une icone planétaire et prolongera le développement de la Ligue en tant que vitrine du basket.

Cependant, dans les 90s, l’image globale n’est pas aussi bonne que dans la décennie précédente, malgré l’explosion du numéro 23. Jeu physique et plus lent, scoring global en chute libre (de 220 points par match en 1986 à 198 points par match en 1995), bastons pour sublimer le tout, David Stern ne veut pas de ça et souhaite faire de son jouet une plateforme incontournable dans le monde entier, en ce qui concerne le divertissement sportif. Le patron décide alors d’axer sa politique globale vers un jeu plus fun, plus attractif, plus grand public. Et donc, par conséquent, vers un jeu qui avantage nettement plus les attaquants que les défenseurs, un point qu’il faudra retenir impérativement pour mieux comprendre les chapitres suivants. Car ce “qu’on veut voir” selon le boss, ce n’est pas un 84-78 des Bad Boys avec une multitude de fautes et des barfights, mais bien un festival offensif avec des actions spectaculaires et des joueurs adorés par le public : la Dream Team poussera notamment le patron dans ce constat, lors des Jeux Olympiques de Barcelone en 1992. Et bien conscient de cela comme du marché dans lequel sa NBA se situait, Stern va employer les grands moyens afin de moduler le jeu à sa façon.

Dans le chapitre suivant, nous continuerons à explorer l’histoire de la NBA, pour se focaliser sur notre présent et faire le lien direct avec l’arbitrage actuel. Une histoire aussi fluide que surprenante : rendez-vous au deuxième épisode…

Chapitre 2 : ici

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