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Est-ce que ce nouveau All-Star Game était parfait ? Non, mais la suite est plus que prometteuse

lebron curry All-Star
Source image : NBA League Pass

Testé pour la première fois à Los Angeles, le nouveau format du All-Star Game a remporté un franc succès cette nuit. Entre compétition retrouvée et enthousiasme collectif déployé, les poids lourds du circuit ont respecté leur rôle en faisant un minimum d’efforts pour balayer les horreurs de ces dernières années.

Curry le disait en premier, et à plusieurs reprises, ce weekend. Baby steps, on fait chaque chose en son temps. Interrogé sur l’option télévisée de la Draft liée au All-Star Game, le meneur des Warriors avait affiché son sourire habituel mais soupiré un bon coup. Non pas que la flemme l’habitait dans ce seul moment de repos en pleine saison régulière, simplement en tant que co-porte-drapeau de la NBA et donc responsable en grande partie de son image, Steph voulait faire les choses bien. Et comme ses nombreux coéquipiers, qui eux aussi oscillaient entre le oui et le non concernant une sélection retransmise en live, le meneur voulait simplement y aller doucement. Testons déjà l’efficacité de ce nouveau modèle avec deux capitaines, voyons ce que ça donne, puis avançons dans le bon sens. Une sagesse évidemment partagée par Adam Silver, le dirlo de la Ligue optant pour un discours de la même teneur en prêchant la patience. Et telle était la salade la plus dure à vendre ce weekend, celle de la patience. Quand de telles modifications sont effectuées, on ne peut regarder seulement sur le court-terme. On ne peut croire que d’un coup, comme par magie, tout le monde va jouer sur la même note, le même degré d’intensité, et un événement paranormal va soudainement encoffrer les désastreuses éditions récentes. Conscient de cette réalité, le boss voulait déjà tester la nouvelle bête.

Et le résultat était plus qu’encourageant. Car au lieu d’avoir un match forcé par quelques séquences de qualité et un finish scénarisé, on avait droit à un bon gâteau de compétitivité, saupoudré par un glaçage bien clutch dans le money-time. Ce qu’on voulait plus que tout, le souvenir de 2017 hantant encore les nuits des âmes perdues. De là à parler de 2018 comme une édition totalement propre ? Non, évidemment. Entre l’arrosage de certains à trois-points et les cafouillages de plusieurs minutes sur le parquet, la bonne soupe de basket étoilé était encore au menu pendant quelques douteux moments. Mais encore une fois, le but n’était pas de passer du tout-noir au tout-blanc. Même constat pour la fréquence des efforts défensifs et l’engagement global de ce côté du terrain. Si plusieurs passages nous ont ravi, on ne pouvait pas parler de lockdown général. Est-ce qu’on pouvait concrètement s’attendre à un grit and grind de molosses, avec moins de 100 points pour chaque équipe ? Certainement pas. Il fallait prendre cette étape californienne comme… une étape justement, et tester le changement d’approche. Ce qui n’était pas si facile que cela sur le papier. Imposer deux capitaines et croire que ça allait motiver 22 autres types venus célébrer leur gloire individuelle, c’était assez culotté. Sauf que le sport a fait le reste, son haut-niveau, surtout. En mélangeant les esprits de chacun et en comptant sur le feu de compétiteur brûlant chez chacun, la NBA a vite vu que le All-Star Game pouvait aller bien au-delà de simples scripts « KD versus Russ » ou « Kyrie versus LeBron« .

Du coup, comment aborder la suite ? Difficile à dire, la Ligue va devoir faire un travail bien plus complexe cette fois-ci, celui de construire sur les bases posées ce dimanche. Changer les capitaines, pourquoi pas, téléviser la sélection également. Imposer des défenses plus rugueuses, peut-être, mais comment acter cela, concrètement parlant ? Nombreux furent ceux qui évoquaient l’aspect financier de la chose, entre forte récompense monétaire pour les vainqueurs et don maximal pour une association caritative de choix. Quelles que soient les pistes empruntées par la Ligue, une chose est sûre : ce qui a été proposé à Los Angeles était suffisamment bien comme première pierre pour bâtir dessus. Pas parfait, pas extraordinaire, juste bien. Et peut-être sommes-nous trop exigeants (ou pas assez ?) avec cet événement, mais c’était de l’ordre de l’inespéré en se souvenant de la honte infligée à New Orleans en 2017. Là est la vraie victoire de la NBA cette saison, en attendant de voir comment améliorer encore plus le cadre. Si la régulière a été bougée petit à petit pour offrir davantage de repos et donc de longévité aux joueurs, ce n’est pas pour rien. Et, ding dong, cela ne s’est pas non plus passé en quelques mois. Il a fallu multiplier les tests, analyser ceux-ci et s’ajuster pour mieux avancer. Nul doute que ça réfléchit déjà dans les bureaux de Manhattan, et c’est tant mieux ainsi.

« On a changé le paysage autour du All-Star Game, » scandait LeBron après la victoire des siens. Un poil précipité ? Peut-être bien, mais le King et ses collègues ont fait leur part du boulot. Baby steps qu’ils disaient, rendez-vous l’année prochaine pour un pas de plus vers l’avant.

1 Comment

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  1. GregT

    19 février 2018 à 16 h 24 min at 16 h 24 min

    Cet article est plus mesuré que votre titre facebook et avec raison. Un baby step. Un tout petit peu mieux, certes, mais très loin de ce qu’il pourrait être. Ce qui est le plus satisfaisant, c’est de voir que la NBA n’est pas fermée au changement. Et vu les retours positifs de ce ASG comparé aux derniers, ça risque de bouger encore d’ici l’année prochaine et c’est tant mieux

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