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Le Thunder a un problème de riche : la répartition parfaite du scoring dans le Big Three, on fait comment ?

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Source image : NBA League Pass

La statistique est tombée cette semaine, avec autant d’appréciation que d’étonnement. Au moment où ces lignes sont écrites, le Thunder possède un Big Three à égalité parfaite au niveau du scoring : est-ce forcément un bon signe…?

S’il s’agissait du plan initial de Billy Donovan, autant féliciter immédiatement l’entraîneur d’Oklahoma City. Car au bout de 10 matchs joués sur cette nouvelle saison régulière, Russell Westbrook, Paul George et Carmelo Anthony sont à égalité parfaite dans la colonne des points marqués. 201, 201 et 201 pions, pas la moindre unité de plus pour un des membres du Gros Trois. Simple hasard des choses ? Peut-être bien, et il y a de fortes chances pour que ce soit en effet le cas. Mais cette anomalie numérique nous pousse forcément à devoir installer une remise en cause des principes mis en place par le coach du Thunder. Car bien au-delà des résultats de la franchise, aujourd’hui perdante sur 6 de ses 10 rencontres, c’est dans l’approche des échéances à venir et dans l’importance d’une base construite d’une manière millimétrée que la réflexion s’impose. Si la tentation est de vouloir satisfaire tout le monde avec cette notion d’égalité “parfaite” dans les opportunités distribuées, elle est extrêmement perverse. Pour la simple et bonne raison qu’un groupe extrêmement huilé est un groupe possédant une hiérarchie bien déterminée. Et s’il est trop tôt pour cimenter quoi que ce soit dans le paysage du Thunder, on doit mettre le doigt sur ce point sensible. Dès aujourd’hui.

Free agency oblige, installation d’un nouveau système oblige, pression du management oblige, pour toutes ces raisons, on peut comprendre l’envie de Billy Donovan. Après tout, quoi de plus “rassurant” que de fournir à chacun autant de tickets chaque soir : 17,5 tentatives pour PG, 17,4 pour Russ, 17,1 pour Melo, les Warriors font bien de même avec leurs scoreurs. Avec une telle méthode, tu évites forcément l’alimentation d’un mécontentement quelconque, ou de rumeurs entourant un type qui pourrait bouder dans son coin. Et on a vu par le passé que cette adaptation n’était pas la plus aisée pour tous (coucou Chris Bosh, coucou Ray Allen). Sauf que si l’histoire nous a bien appris quelque chose, c’est qu’un Big Three ne peut être à parfaite égalité, un déséquilibre doit être créé pour lui permettre d’exceller. Quelques exemples ? Il a fallu un an à Wade pour lâcher son trône à LeBron du côté de Miami, pendant que Bosh acceptait de devenir le fondamental teneur de chandelle. Il a fallu le retrait évident de Draymond Green au scoring et l’adaptation d’un Klay Thompson collectif pour que les trois snipers obtiennent leur satisfaction personnelle à Golden State. Et si San Antonio a su traverser les années avec splendeur, c’est notamment car l’ère Duncan a ensuite laissé sa place à l’ère Ginobili, suivie par la période Parker, avant de donner les rennes à Leonard. Même chose pour Magic qui s’étonnait de devoir prendre le scoring de Kareem dans la seconde partie des 80’s, ou Rodman dont le jeu tout en sacrifice se collait idéalement au duo Jordan-Pippen.

Le chiffre trois, de base, est crade. Il doit forcément y en avoir un “laissé de côté”, pour le bien être du groupe et les performances des deux premiers. Et tous les égos ne sont pas forcément prêts pour ce type d’adaptation. Regard tourné vers Carmelo Anthony, forcément, mais la réalité est bien là. Leader offensif depuis sa naissance, que ce soit au lycée, à Syracuse, Denver ou New York, l’ailier est à un carrefour saisissant de sa carrière. Car là est cette mission personnelle qui attend l’homme à capuche : s’il y en a bien un qui devrait se mettre en “retrait” pour permettre le bon mécanisme d’un Big Three, c’est lui. Et ce n’est pas contre lui que cette affirmation est plantée, après tout, il s’agit d’une modification à réaliser par Billy Donovan. D’autant plus que Melo, Team USA en tête, a déjà montré être capable de s’ajuster pour le bien être d’un groupe. De leur côté, Russell Westbrook et Paul George peuvent se partager le gros du steak, de la même manière que le duo de scoreurs chez les Warriors. Même si, entre nous, c’est le meneur qui ici devrait mener la charge. Et cela tombe bien, car frustré à l’heure actuelle, le MVP en titre devrait mettre tout le monde d’accord. Sauf que si le Thunder pense s’en sortir en laissant encore une fois son OVNI régler tout par lui-même, de tristes surprises attendront au tournant. Donovan était annoncé attendu cette saison, à lui de comprendre cet ajustement nécessaire pour que son collectif excelle.

Avec 20,1 points marqués en moyenne par Westbrook, George et Anthony et un usage rate pas encore assez déterminé (32-26-28), Oklahoma City peut souffler un coup en se disant que tout le monde est content… pour le moment. La suite, elle, sera moins joyeuse si cette égalité est prolongée. Une hiérarchie devra être imposée, avec des rôles bien définis. Ce qui, comme les résultats le traduisent, n’est pas encore le cas.


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