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Nouveau CBA pour la NBA : quoi de neuf, qu’est-ce qui change, tous les détails décortiqués

Adam Silver
Source image : Twitter

C’est la grande nouvelle qui est tombée dans la nuit de mercredi : une convention collective toute fraîche pour les 7 prochaines années en NBA. Mais qu’est-ce que cela veut bien dire, et en quoi cela va changer notre quotidien ?

Difficile de tout bien comprendre, lorsqu’on rentre dans les coulisses de la Ligue et qu’on s’écarte des terrains. Car si un pick and roll peut sembler facile à décortiquer au premier abord, un designated player l’est un peu moins et on peut vite se perdre dans les détails imposés par les discussions au niveau supérieur. Du coup, pour mieux capter ce qui va structurer la NBA jusqu’en 2024, il est important de prendre chaque aspect en compte et les digérer maintenant, pour que la suite se déroule aussi fluidement qu’une contre-attaque des Warriors. Et en se basant sur les différents retours évoqués sur les réseaux sociaux cette nuit, les reports des journalistes américains ainsi que les infos données, posons-nous sur ce nouveau CBA tout juste sorti du four. On respire un coup, et on y va. Prêts ? Let’s go.

  • Pas de lock-out prévu avant de nouvelles négociations en 2023. Ce qui veut dire qu’on pourra aborder chaque été sereinement, et qu’il n’y aura pas de grève avant un bon bout de temps. Avec 12 potentielles années de suite sans galères générales (de 2011 à 2023), la NBA s’offre une belle période de stabilité et construit sur sa réussite actuelle.
  • Les joueurs conserveront la même tranche des revenus générés par la NBA, qui était entre 49 et 51% sur le dernier CBA. Comme certains ont pu l’observer, la signature du contrat massif en 2014 entre la Ligue et ABC/ESPN ainsi que Turner Sports pour 24 milliards de dollars sur 9 ans avait créé une hausse significative des salaires et des contrats, car le salary cap augmentait notamment grâce à ces droits télévisés. Si certains joueurs espéraient retrouver une tranche aux alentours de 53-57%, la NBPA a accepté de rester sur la même car elle sait que les contrats des joueurs augmenteront naturellement avec les revenus de la Ligue.
  • La saison régulière commencera une semaine plus tôt, selon les premiers retours. Cette date avancée résulte d’une réduction des matchs de pré-saison joués en octobre, puisque désormais les équipes ne participeront qu’à 6 rencontres maximum avant la vraie reprise. L’un des objectifs de la Ligue était de réduire le nombre de back-to-backs et les semaines avec 4 matchs en 5 jours, allonger la durée de la saison au printemps était inconcevable. Par conséquent, c’est la pré-saison qui trinque et proposera du coup une reprise officielle plus tôt, autour du 18-20 octobre plutôt que le 25-27. Chouette.
  • La règle du one and done universitaire ne bougera pas. Pour tout talent écrasant la compétition au niveau lycéen, il faudra tout de même passer une année en NCAA ou à l’étranger avant de faire ses débuts chez les pros. Dans le camp de la NBA, on sait que le push a été réalisé depuis plusieurs mois pour que la limite d’âge imposée soit de 20 ans minimum, mais il faudra attendre encore un peu avant de voir cette modification prendre place. On conservera donc le modèle de ces dernières années, avec des joueurs squattant la NCAA un an avant de se présenter à la Draft.
  • Les équipes auront 48h au lieu de 72h pour matcher un agent-libre restreint. Comme on a pu le voir récemment avec Donatas Motiejunas qui ‘appartenait’ aux Rockets mais recevait une offre de la part des Nets, les franchises devront se décider plus rapidement puisqu’un jour a été enlevé du compte-à-rebours. L’objectif, accélérer les négociations et éviter des retournements de situation à la dernière seconde.
  • Des contrats ‘doubles’ seront proposés pour les joueurs faisant ping-pong entre D-League et roster NBA. Avec des ligues étrangères qui attiraient les talents grâce à des salaires plus généreux, la D-League souffrait lorsqu’il fallait retenir ses joueurs. Pour contrer cela, les franchises posséderont en principe deux contrats supplémentaires dans leur effectif, qui pourront être proposés aux joueurs envoyés au niveau inférieur. Du coup, pour un joueur appartenant à une équipe et évoluant en D-League, un contrat unique pourra être signé et lui permettra (1) d’être mieux payé puis (2) de faire plus aisément les alternances entre équipe de D-League et équipe NBA. Du bonheur pour ces mini-centres de formation.
  • Les frais de scolarité pour les joueurs retournant à l’université seront financés par la NBPA et la NBA. Un détail pour certains, mais une vraie bonne nouvelle pour les joueurs qui seront davantage poussés à retourner à l’université, afin de finir leurs études et obtenir leurs diplômes. On a vu un paquet de phénomènes aborder leur retraite sans solide précédent scolaire, cette nouveauté motivera de nombreux joueurs. Même chose pour les frais de santé des retraités, qui seront davantage pris en compte par la Ligue.
  • Une politique plus sérieuse sur les violences domestiques. Pas d’infos spécifiques sur cet aspect précis, mais la Ligue souhaite se montrer plus impliquée dans les actions de certains hors des terrains, et surtout plus punitive. Ainsi, après avoir vu la NBA montrer les dents sur les consommations de substances illicites, ce sont les joueurs violents qui pourront être mis à l’écart par la Ligue.
  • Des contrats max de cinq ans pourront être proposés à des joueurs de plus de 36 ans. Sur le dernier CBA, il était impossible de dépasser la barre des 36 ans en signant un contrat max de 5 ans, désormais la limite sera fixée à 38 ans. Le point positif, c’est que les vétérans pourront donc rester plus longtemps dans leur franchise. Le point inquiétant, c’est que donner une blinde à un joueur se rapprochant de la quarantaine pourra créer des répercussions énormes sur les résultats et l’avenir d’une équipe. Exemple tout con, Chris Paul aura 32 ans en mai et sera agent-libre en juillet : les Clippers pourront lui proposer 207 millions… sur cinq ans, donc jusqu’à ses 37 ans.
  • Des contrats de 6 ans seront désormais envisageables, mais avec un peu de bricolage. En effet, lorsqu’une star entrera dans sa dernière année de contrat, son équipe pourra proposer une prolongation max de 5 ans, créant un package de 6 ans au total. Pour ce faire, la franchise devra désigner le joueur en question et lui proposer le-dit contrat, à condition notamment que le joueur n’ait pas rejoint l’équipe récemment. Cette nouveauté est faite pour que les stars soient conservées dans leurs équipes, plutôt que de bouger forcément ailleurs. Exemple, DeMarcus Cousins à qui il reste encore cette année de contrat puis la suivante. S’il n’est pas transféré en février, Boogie pourra recevoir une fat prolongation de 5 ans de la part des Kings, le poussant forcément à s’imaginer rester dans le coin. Non seulement on évite la folie de la dernière année de contrat sous pression, mais on pousse les grands joueurs à rester dans leur équipe de longue-date.
  • Une hausse des salaires de tout type, que ce soit pour les rookies, les mid-level, bi-annual et vétérans possédant 10 années d’expérience. On a versé quelques larmes en voyant Mike Conley prendre 153 millions sur 5 ans, ce sera bientôt peanuts en comparaison avec ce qui sera bientôt donné. Car avec ce nouveau point, tous les contrats vont prendre un bump et les plus grands seront bien gâtés. Exemples ? Le salaire minimum augmentera de 45% la saison prochaine, le salaire moyen en NBA sera de 8,5 millions de dollars par an, le salaire maximum pourra atteindre les 36 millions (!) et un contrat max sur 5 ans pourra être signé à hauteur de 210 millions. Oui oui, vous avez bien lu, 210 millions. De quoi créer encore plus de débats chaque été, mais on savait que les revenus de la Ligue allaient mener vers cette hérésie financière.

D’autres points seront bientôt avancés et nous permettront de mieux comprendre la future nature du marché, mais les bases ont déjà été plantées et la Ligue semble optimiste quant à son avenir. Avec un jeu en pleine forme, deux camps qui s’entendent et des sous qui tombent de la cheminée tous les matins, c’est Adam Silver et les vétérans comme LeBron qui doivent se frotter les mains.

 

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