One-on-One

Giannis Antetokounmpo, contreur et voleur : bientôt avec The Dream, l’Amiral et Crash dans la légende ?

Giannis Antetokounmpo

Doucement Giannis, doucement.

Source : statmuse.com

Alors qu’il avait déjà proposé un exercice 2015-2016 tout à fait bon, notamment la deuxième partie après que Jason Kidd ait trouvé les ajustement lui permettant de s’exprimer pleinement, Giannis Antetokounmpo semble parti pour passer encore un sacré pallier cette saison. Les lignes statistiques façon code wifi s’enchainent et il va devenir difficile de lui refuser le statut de All-Star. Mais, à l’instant où ces lignes s’écrivent c’est un aspect statistique bien précis du Grec qui nous intéresse : sa capacité à proposer – en grande quantité – aussi bien des contres que des interceptions.

À 2 de moyenne dans chacune de ces deux catégories, ils ne sont que trois dans l’histoire NBA. L’enfant d’Athènes peut-il entrer dans ce club très fermé ? Seulement trois autres joueurs ? Des gars à 2 contres ou plus, il y en a plusieurs chaque saison tout comme ceux à 2 interceptions ou plus. Mais ceux qui sont capables d’allier les deux sont en fait très rares car le niveau de polyvalence demandé en termes défensifs est très haut pour accomplir une telle prouesse statistique. Concrètement, les contres représentent clairement une stat plutôt dévolue aux intérieurs et ils sont chaque année cinq ou un peu plus à en envoyer deux par match. A l’inverse, les interceptions sont plus la spécialité des joueurs extérieurs et ils sont, en général, une dizaine à proposer deux vols ou plus en moyenne sur une saison. Les spécimens capables de se distinguer à plus de 2 par soir aussi bien en contres qu’en vols de ballons, ne courent donc pas les rues comme en témoigne le tableau ci-dessous.

Contres et interceptions

statmuse.com

Le big boss de l’exercice est Monsieur Hakeem Olajuwon. Ah bah oui tiens, un pivot qui se déplace de manière aussi fluide qu’un arrière et qui est le contreur le plus prolifique de l’histoire. Logique. Hakeem a non seulement réussi l’exploit en question à quatre reprises mais en plus, il l’a fait lors de quatre saisons consécutives, de 1987 à 1991. Durant cette période, envoyer plus de contres par soir était une formalité pour l’intérieur des Rockets puisqu’il tourne à plus de 3,5 de moyenne par rencontre sur ces quatre années. Et comme il était très inspiré sur les lignes de passes voire capable de voler parfois la gonfle dans les mains d’un adversaire… Un autre pivot, David Robinson, a donc également réussi à allier ces deux contraintes statistiques sur une saison. Rien de très étonnant là non plus. L’Amiral est certainement le pivot le plus rapide, le plus agile qui ait jamais foulé les parquets de la Grande Ligue. Il était un contreur flippant et un intercepteur dangereux comme le prouvent ces 2,3 vols par match sur l’exercice 1991-1992, accompagnés de la bagatelle de 4,5 contres. Vous avez dit, défenseur de l’année ?

Le troisième joueur à avoir posé de telles stats sur une saison a un profil peut-être plus proche de l’ami Giannis sur le papier puisque c’est un poste 3. Il s’agit de Gerald Wallace du temps où il était capable de tout faire avec son physique et ses qualités athlétiques hallucinantes. Il posera 2,5 interceptions (leader sur la saison) et 2,1 contres sur l’exercice 2005-06. Sous les couleurs des Bobcats, “G-Force” a.k.a. “Crash” dominait sérieusement sur les ailes et finira d’ailleurs par être All-Star. Un destin que Giannis Antetokounmpo pourrait suivre aussi bien sur le plan statistique qu’au niveau du palmarès personnel même si on lui souhaite plus les palmarès d’Olajuwon par exemple. Après 17 matchs des Bucks, le Grec à tout faire en est à 2,2 interceptions et 2,1 contres par soir. C’est très sérieux. Il parait en capacité de tenir ces moyennes sur la saison car le voir taper les 4 ou 5 interceptions n’est pas rare (déjà cinq fois cette année) et le voir renvoyer 3 ou 4 ballons à l’envoyeur non plus (déjà cinq fois aussi). Et c’est essentiel pour avoir un tel niveau moyen car personne n’est jamais à l’abri d’une soirée sans, une soirée sans contre (une fois) ou sans interceptions (pas encore arrivé sur cette saison).

Antetokounmpo présente le profil parfait pour l’exercice. Il fait la taille d’un pivot (2m11) tout en ayant la mobilité d’un meneur ou d’un arrière. Il joue le plus souvent sur les postes 3 ou 4 en défense ce qui lui permet de vraiment pouvoir jouer sur les deux tableaux. Il a les opportunités pour couper des lignes de passes ou saisir la balle dans le dribble ou les mains d’un opposant. Mais il a également les occasions pour venir en aide et contrer des tirs. Et vu la longueur de ses bras (2m20 d’envergure), si les positions sont favorables, les interceptions et les contres vont tomber. D’autant plus que le garçon aime la défense tout autant que l’attaque et qu’il a le QI pour faire les bons choix et se montrer efficace.

Il n’en est pas encore au quart de sa saison. Il a de grosses responsabilités dans tous les autres secteurs du jeu et les assume parfaitement en proposant 22,8 points, 8,5 rebonds et 6,1 passes décisives par soir depuis la reprise. S’il peut entretenir tout ça, il va non seulement être présent au prochain All-Star Game mais il va entrer dans la légende NBA. Rappelons à ceux qui n’en auraient pas conscience que Giannis Antetokounmpo n’aura que 22 ans dans trois jours…

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