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Eric Montross : un contrat de 11 ans et une carrière de 8 saisons, cherchez l’erreur

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Un look parfait pour American History X.

Source image : YouTube - Chaîne Basketball

Lors de la Draft 1994, en neuvième position, les Celtics ont choisi de miser sur un pivot issu de la fameuse UNC, l’université de Caroline du Nord, celle-là même qui a vu Michael Jordan grandir notamment. Ce choix de Michael Leon Carr – le General Manager de l’époque – fit beaucoup parler sur le moment car de nombreux observateurs ne voyaient pas en Eric Montross un intérieur capable de peser réellement sur le jeu de Boston. Et ces sceptiques n’étaient pas au bout de leur surprise ou de leur déception…

Il faut dire qu’on pouvait comprendre certaines des réticences exprimées concernant ce joueur qui venait de passer quatre ans en fac mais dont la dernière saison en NCAA montrait (déjà ?) une certaine régression au niveau de ses statistiques en attaque (passé de 15,8 points à 13,6 points de moyenne entre son année junior et son année senior alors que son temps de jeu avait augmenté). Parmi les gros artisans du titre universitaire gagné par les Tar Heels en 1993, Eric Montross avait alors acquis une belle réputation de pivot solide, pas maladroit et rebondeur sérieux. Pour autant, les principaux détracteurs de l’ami Eric pointaient du doigt une certaine lenteur et un manque d’agilité qui pouvaient faire de lui une cible facile pour les bestiaux sur-athlétiques qui peuplaient les raquettes NBA. On rappelle qu’en 1994, le poste de pivot est probablement plus fourni que jamais avec une quantité impressionnante de gros monstres sévissant dans les raquettes comme Patrick Ewing, Hakeem Olajuwon, David Robinson, Shaquille O’Neal ou encore Dikembe Mutombo pour ne citer qu’eux.

Drafté derrière quelques évidences comme Jason Kidd ou Grant Hill mais devant de futurs très bons joueurs comme Eddie Jones ou Jalen Rose, Eric Montross allait donc devoir se faire une place sous les cercles de la Grande Ligue afin d’aider à redorer le blason de Celtics en mal de résultats depuis des années. Les dirigeants des Celtics y croyaient, très fort même. Ils étaient tellement persuadés qu’Eric Montross allait être symbole du renouveau de la franchise verte, tellement persuadés que la paire qu’il allait former avec Dino Radja allait dominer, qu’ils n’ont pas hésiter à faire signer à leur rookie l’un des plus longs contrats – si ce n’est le plus long – jamais signé dans l’histoire NBA. Le GM Carr avait justifié en ces termes la signature de Montross à l’époque comme rapporté dans le Chicago Tribune :

Nous sommes heureux d’avoir Eric dans l’effectif.

Nous l’avons signé pour un long contrat parce que nous sentons qu’il va faire partie intégrante du futur immédiat de l’équipe. Eric était un gagnant à l’université et nous anticipons la même chose au niveau professionnel.

C’est ainsi qu’à la fin du mois d’août 1994, Eric Montross a signé un contrat d’une durée de 11 ans avec les Celtics pour un montant d’environ 20 millions de dollars. Oui, vous avez bien lu. Il n’y a pas plus de faute de frappe ici qu’il n’y en avait dans le titre de cet article, c’est bien un deal de ONZE années que Boston a offert à un joueur n’ayant pas encore joué le moindre match au plus haut niveau. Ce n’est même pas simplement étonnant ou ahurissant, c’est tout bonnement de la folie. Pourtant, du haut de ses 213 centimètres et bien équipés de plus de 120 kilos, Montross va réaliser une première saison tout à fait correcte. Il fonctionne bien en duo avec Radja le Croate et Boston va même retrouver les Playoffs après les avoir raté l’année précédente. Avec 10 points de moyenne à plus de 53% au tir accompagnés de 7,3 rebonds, ce bon Eric se montre plutôt efficace et productif ce qui lui vaudra d’ailleurs d’être élu dans la All-Rookie Second Team en 1995. Mais cet honneur sera le seul qu’il obtiendra…

Car la suite ne sera pas du tout à la hauteur des espoirs placés en lui. Dès sa deuxième saison, Montross montre ses limites. Il est effectivement trop lent, incapable de tenir défensivement, d’assurer les rotations défensives que le poste de pivot requiert en NBA. En plus, il est sujet à des pépins physiques réguliers. A l’été 1996, les Celtics l’échangent. Il part chez les Mavericks qui ne le garderont qu’une demie-saison avant de l’envoyer dans le New Jersey, chez les Nets où il ne reste pas longtemps non plus. Et à l’aube de la saison 1997-1998, Eric Montross débarque chez les Sixers, sa quatrième franchise en autant d’années dans la Grande Ligue. Il passera ensuite par Detroit où il restera un peu plus, presque 4 saisons avant de se voir une nouvelle fois échanger pour atterrir chez les Raptors. Durant toutes ces années où il a donc vu beaucoup de pays, Montross ne proposera quasiment que des moyennes statistiques faméliques, dépassant à peine les 3 points par rencontre pour à peine plus de rebonds tout en passant de longues périodes dans les différentes infirmeries des franchises qui l’ont accueilli.

De ses 11 ans de contrat, il n’en fera au final que 8 avant de raccrocher définitivement ses senakers en 2002 à cause d’une tenace blessure au pied dont il n’arrivait pas à se débarrasser. Un bon gros bide, un bust comme on dit, voilà ce que fut malheureusement Eric Montross. Comme quoi, si on peut critiquer les contrats distribués ces dernières années en termes de montant faramineux, il ne faut pas oublier que, par le passé, les limites de la folie contractuelle ont également été largement dépassées…

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