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Jamaal Tinsley, The Abuser : 10 saisons en NBA, 1 semaine de niveau Hall of Fame

Jamaal Tinsley

Jamaaaaaaal Tinnnnnnsley !

Source image : Youtube

Avant même de poser le moindre orteil sur un parquet NBA, Jamaal Tinsley avait déjà « connu » pas moins de cinq franchises. Et pour cause, le 27ème choix de la Draft 2001 qui a servi à le sélectionner fut d’abord dans les mains des Lakers puis dans celles des Knicks via un trade. Il fut échangé par ces derniers aux Grizzlies (de Vancouver à l’époque) au soir de la Draft. Ils le refilèrent aux Hawks qui l’envoyèrent à Indiana instantanément. Et d’entrée les Pacers ne vont pas regretter d’avoir récupéré ce meneur assez fantasque qui va envoyer des performances très impressionnantes dès sa saison de rookie.

La carrière de l’ami Jamaal n’a rien d’exceptionnel en termes de statistiques et encore moins de palmarès. Niveau chiffres, ce ne sont pas 8,5 points, 3 rebonds et 6 passes décisives de moyenne en carrière qui vont nous faire bondir de notre siège. Et dans son palmarès de basketteur professionnel, il n’y a rien si ce n’est cette NBA All-Rookie second team en 2002. Il aurait pu être dans la All-Rookie first team mais un certain Tony Parker lui a grillé la politesse pour ce spot. Pourtant, Tinsley a proposé du lourd dès sa première saison, pas toujours avec une grande régularité mais toujours avec un sens du spectacle tout aussi hallucinant que sa capacité de production dans les bons jours. Comme pas mal d’autres joueurs nés à New York (Stephon Marbury, Rod Strickland, Tiny Archiblad pour ne citer qu’eux), Tinsley avait en lui ce feeling très streetball sur les parquets. Le genre de joueur qu’on adore regarder, le genre de joueur qui fait se lever les foules. Plutôt bien tanké dans ses 190 centimètres avec 88 kilos de muscles, il était un superbe passeur, un passeur incroyable même. Le jeu rapide était son meilleur pote et le pick-and-roll son jardin, sans oublier qu’il était un sacré voleur de ballon dans les mains du porteur ou sur les lignes de passes. Il n’hésitait pas à user de sa qualité de dribble digne des mixtapes And-1, à passer la balle entre les jambes d’un adversaire ou à enrouler le défenseur d’un spin-move fluide pour filer vers le cercle. Ce qui faisait de lui un scoreur très dangereux en pénétration et capable de finir dans toutes sortes de situations.

Lors de sa première saison, Monsieur Jamaal n’a pas mis bien longtemps à justifier le surnom qui lui avait été donné sur le légendaire Rucker Park. Mei The Abuser, voilà comment on l’appelle là-bas… Après 10 matchs d’échauffement et notamment deux doubles-doubles points / passes décisives, Tinsley va nous proposer quatre matchs complètement dingues en six jours (du 16 au 22 novembre 2001). Quatre matchs qui résument parfaitement le niveau de talent du bonhomme.

16 novembre 2001.

Pour son 11ème match NBA et malgré la défaite contre les Wolves de Kevin Garnett (et Sam Mitchell), Tinsley devient le plus jeune joueur de l’histoire à envoyer un five-by-five : 12 points (3/16 au tir…), 9 rebonds, 15 passes décisives, 6 interceptions et 5 contres. Il sera plus tard détrôner par Andrei Kirilenko en termes de précocité mais la ligne de stats est très sérieuse pour un gars qui est encore en découverte sur les parquets de la Grande Ligue.

17 novembre 2001.

12ème match NBA de Monsieur Tinsley. Dans une défaite contre les Pistons de Jerry Stackhouse et Ben Wallace, il va tout de même poser 28 points (à 9/17 au tir) accompagnés de 13 rebonds et 4 passes décisives. Reggie Miller et Jalen Rose vont le regarder agresser la défense de Motor City ce soir-là et lui laisser la main, le laisser diriger la manœuvre et porter l’équipe.

20 novembre 2001.

Pour son 13ème match NBA, Jamaal Tinsley se retrouve à affronter les Hawks d’un énorme Jason Terry (35 points) et de Shareef Abdur-Rahim. Le numéro 11 des Pacers sera intraitable et guidera les siens vers la victoire avec 29 points (9/19), 3 rebonds et 11 passes décisives ! Il va faire souffrir l’arrière-garde des aiglons de Géorgie à coups de pénétrations tout aussi rapides que ses finitions sont ciselées et à coups de passes tout aussi spectaculaires qu’efficaces.

22 novembre 2001.

Jamaal Tinsley s’apprête à disputer son 14ème match NBA contre les Wizards et la prestation qu’il va fournir ne sera rien d’autre qu’un triple-double très très sale : 19 points, 11 rebonds et… 23 passes décisives. 23 caviars offerts à ses coéquipiers par un rookie en un seul match ! Avec la victoire en prime, le genre de soirée parfaite pour définitivement lancer une carrière normalement.

Oui, normalement… Car malgré ces bases très solides et ce démarrage en trombe chez les professionnels, cette saison rookie – au cours de laquelle il proposera un autre triple-double – peut être considérée comme la plus accomplie de la carrière de Tinsley avec notamment plus de 8 passes décisives par soir et 82 matchs joués. Il restera sept saisons dans l’Indiana pour près de 400 matchs de régulière. Il atteindra ses meilleures moyennes au scoring (15,4) et au rebond (4) lors de l’exercice 2004-2005 mais en ne participant qu’à 40 rencontres.

Certains diront que Jamaal Tinsley n’a jamais pu exprimer pleinement son talent à cause des blessures et d’un mental pas toujours au top. D’autres leur répondront que ce genre de joueur fait aussi partie de la NBA, que ce genre de joueur est même essentiel à la richesse de la Grande Ligue. Vous savez, ce genre de joueur qu’on adore regarder, ce genre de joueur qui fait se lever les foules…

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