One-on-One

Mais que faut-il de plus pour que Tyronn Lue soit viré des Cavs ?

Défaites honteuses, un groupe au bord de la mutinerie, des fans qui hurlent à la mort et des chances de titre aussi crédibles que son playbook : Tyronn Lue est au bord de la falaise… ou pas. On fait le point.

La question était probablement la plus mentionnée sur la planète basket, hier soir, après la véritable branlée vécue par les Cavs devant leur public. Humiliés à domicile, les potes de LeBron ont tenu environ 30 secondes dans la rencontre, le temps que les gens s’installent en fait. Du premier au dernier quart-temps, le Thunder a déroulé son jeu sans forcer, sur une défense qui ne devrait même pas avoir sa place en NBA. Ou dans n’importe quelle ligue professionnelle. Par conséquent, en s’inclinant 148 à 124 devant leur public, avec des joueurs qui semblaient ne plus en avoir rien à foutre et une sorte de point d’exclamation sur la crise récente à Cleveland, on se penchait immédiatement et logiquement sur Tyronn Lue. Lorsque votre groupe quitte autant sa rencontre mentalement et que ce n’est pas la première fois, on peut acter une véritable déconnexion entre le coach et son équipe. Vous pouvez même avoir le meilleur joueur au monde, vous pouvez récupérer des All-Stars ou anciens All-Stars à la pelle, une équipe ne pourra proposer quoi que ce soit de régulier et de concret si une scission existe entre les joueurs et leur entraîneur. Orlando s’est presque offert un miracle, Golden State a fait mumuse, pareil à Toronto, à Indiana, et aux troupes du tout début de saison. Aujourd’hui, bien plus qu’une histoire de saison régulière, de qualité d’effectif ou de pépins physiques, il y a ce gouffre qui sépare les deux camps et devrait mener à une éviction de Lue.

Mais alors pourquoi garder Tyronn ? Si on réfléchit de manière rationnelle et instinctive, on fronce les sourcils et on se dit que conserver ce type est incompréhensible. Sauf que la saison des Cavs ne peut être abordée de cette façon-là, et c’est en partie la raison pour laquelle le coach de Cleveland est toujours en place. Avant toute chose, rappelons l’identité même de cette campagne 2017-18, pour ceux qui auraient la mémoire courte : on parle de la potentielle dernière saison de LeBron aux Cavs, lui qui pourrait bouger cet été en tant qu’agent-libre. Partira, partira pas, on n’en sait rien, mais la réalité est bien là et le management de l’Ohio le sait parfaitement. Management qui est tout neuf, d’ailleurs, Koby Altman ayant pris sa place il y a seulement six mois. Lorsque vous êtes le GM d’une grosse équipe, que vous avez le meilleur joueur au monde en dernière année de deal, et que vous devez prendre des décisions, chaque geste et chaque mot peut impacter la décision du King en question. Surtout que l’ami LeBron a plutôt tendance à tout retenir, et qu’encore plus inquiétant, il s’est mis en retrait pour laisser le nouveau management faire son job. Marre de tout faire, marre de tout dire, je reste focus sur le basket et vous vous démerdez seuls. Cela s’est notamment vu ce samedi, en sortie de mixtape, LBJ affirmant qu’il espère voire Lue ne pas se faire virer. Question de communication, évidemment, il ne va pas sortir les fusils et demander son éviction. Mais James a plus de pouvoirs que quiconque dans sa région, le fait de laisser ce statu quo est aussi de sa responsabilité.

Du coup, on en revient à la question principale. On a des joueurs qui traînent des pieds, un leader qui fait comme si de rien n’était, un management qui transpire dès le moindre move par peur de frustrer le meilleur joueur de l’histoire de sa franchise, pourquoi ne pas prendre les devants et virer Tyronn Lue en plein milieu de saison ? Encore une fois, « de manière rationnelle et instinctive », on fonce. Sauf que cela va plus loin que ça, Koby Altman a aussi la possibilité de lancer les dés en espérant qu’ils donnent un bon duo. Par cette magnifique image, on souhaite mettre en avant le fait que quelques modifications d’effectif avant la deadline peuvent avoir lieu, et que le printemps apporte toujours son parfum motivant. Combien de fois avons-nous vu LeBron y aller easy avant d’activer son mode préféré en Playoffs ? Qui ne veut pas obtenir un Dwyane Wade motivé en sortie de banc pendant un mois et demi de gros matchs ? La régulière peut être hardcore, affreuse, historiquement dégueulasse comme on l’a vu hier soir, les Cavs peuvent aussi montrer un tout autre visage dès le 15 avril. Et c’est cette réalité, aussi, qui permet à Lue de garder sa place. Avec ce groupe et lui à sa tête, avec LeBron, le retour en Finales NBA se fait sans trop de problèmes, no disrespect envers les Toronto, Boston, Milwaukee et compagnie. Après, est-ce que tu te fais tabasser par Steve Kerr ? Oui, certainement. Mais c’était déjà le cas l’an dernier, et ce n’est pas en filant de plus gros ustensiles à Tyronn Lue qu’il va mieux s’en servir. Tu peux avoir les meilleurs ingrédients au monde pour réaliser la plus belle des ratatouilles, si tu ne sais même pas couper une aubergine, t’iras pas loin.

La pression est réelle pour le management des Cavs. Si tu vires ton coach en milieu de saison, tu offres à LeBron les cartouches nécessaires pour partir cet été et pointer du doigt l’envie de « tourner une page ». Si tu le conserves, tu te jettes potentiellement dans la gueule du loup californien, en croisant les doigts pour que la chance aille de ton côté. Le fossé est bien là entre les joueurs et leur entraîneur, mais pas sûr qu’apporter un nouveau stratège servira à grand chose si l’effectif reste le même. C’est ce qu’on appelle un cul-de-sac.

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