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Tony Parker rend un dernier hommage aux Spurs dans une lettre nostalgique : d’où sortent tous ces oignons ?

crying tears larmes

Ne pas pleurer, ne pas pleurer, ne p——-

Source image : YouTube

Nos larmes à peine séchées après l’annonce de sa décision de rejoindre les Hornets pour les deux prochaines saisons, Tony Parker a sorti sa plus belle plume pour remercier les Spurs pour tout l’amour qu’ils lui ont donné durant ses 17 années dans le Texas. Plus que de la grande littérature, c’est un message sincère et bourré d’émotion que délivre le meneur à la franchise de son cœur.

A 36 ans, le plus grand joueur de l’histoire du basket français est plus proche de la fin que du début de sa carrière de sportif de haut niveau. Cet été, il était confronté à un choix peu évident. Quitter San Antonio pour tenter un dernier défi dans un autre coin des States. Le départ n’a pas été facile, mais le numéro 9 a finalement décidé de refermer le chapitre des Spurs pour rejoindre son pote Nico en Caroline du Nord. Mais quoi qu’il se passe à Charlotte, TP restera à tout jamais un joueur des Spurs. Pourtant, tout aurait pu être différent si Gregg Popovich n’avait pas eu de feeling avec ce petit joueur tout droit venu de la capitale. C’est la première anecdote avec laquelle il commence sa lettre.

« Bien, imaginez un peu : vous avez un entretien pour un super job qui s’annonce. Vous avez travaillé toute votre vie pour percer dans ce domaine. Et c’est justement dans cette entreprise qui représente tant dans cette industrie. Ça doit être l’un des tous meilleurs endroits où travailler. L’entretien se déroule de l’autre côté de la planète, mais vous vous en foutez. Vous sautez dans l’avion pour traverser l’océan et rencontrer les dirigeants de l’entreprise.

Prometteur, n’est-ce pas ?

Sauf que les choses ne vont pas se passer comme prévu. Peut-être que c’est le jetlag ou le stress, mais quoi que ce soit, vous ne vous sentez pas vous-même lors de cet entretien. Les exercices s’enchaînent et la frustration ne fait qu’augmenter. Peu importe ce que vous faites, vous êtes juste un peu trop lent ce jour-là. Vous avez l’air en souffrance et peu qualifié. Au bout de dix minutes, le chef dit qu’il a vu tout ce qu’il voulait voir. C’est terminé, merci d’être venu.

On dirait un cauchemar, n’est-ce pas ?

Comme vous l’avez probablement deviné, il s’agit de mon histoire. C’était mon premier workout avec une équipe NBA, peu avant la Draft de 2001, et ce fut un désastre. J’ai vraiment foiré. A la fin de l’entretien, je pensais que mes rêves de NBA s’étaient envolés. Mais si beaucoup d’entre vous ont sûrement deviné qu’il s’agissait de mon histoire, je parie que peu d’entre vous ont deviné de quelle équipe il s’agissait.

C’était les Spurs.

C’est vrai. J’ai probablement joué le pire basket de ma vie au pire moment possible, juste devant Coach Pop et tous les autres. Pop et R.C. avaient demandé à Lance Blanks, un ancien joueur NBA, de m’affronter durant mon workout et il m’avait dominé. Il m’avait ramené au jeune ado que j’étais.

Je parle de cette histoire aujourd’hui parce que beaucoup de gens pense que Coach Popovich est un dur à cuire qui ne change pas d’avis. Mais je vais vous dire quelque chose de marrant : je n’aurais certainement jamais joué en NBA si Pop n’avait pas décidé de m’offrir une seconde chance. Il m’a invité à un second workout et je me suis assuré de ne pas foirer celui-ci. J’ai bien mieux joué contre Lance cette fois-ci. Il m’a bien résisté mais je me suis mieux tenu. J’ai pu montrer les choses que je pouvais faire sur le terrain. Et c’est fou parce que la prochaine chose dont je me souviens est de mon nom appelé en 28ème position de la Draft.

En d’autres termes, j’avais décroché le job. »

Comme quoi, ce qui semblait tellement simple et naturel aurait tout aussi bien pu ne jamais se dérouler sans l’intuition du boss et la persévérance de l’un des monuments du rap français. La suite on la connait, Tony met seulement cinq matchs avant de devenir titulaire à la mène et obtiendra quatre bagues avec sa franchise d’origine. Mais si les Spurs se sont imposés comme une dynastie au fil des saisons, TiPi sait à qui SA doit ce succès.

« Bien sûr, la principale raison pour laquelle la Culture Spurs existe est assez simple. Nous avions l’un des meilleurs joueurs de tous les temps avec nous, pendant 19 saisons, en la personne de Tim. Mais Tim n’était pas seulement le meilleur joueur durant toutes ces années. C’était aussi le meilleur coéquipier. Ça fait un peu cliché comme ça mais les gens ne réalisent pas combien notre identité dépendait de Tim. C’est la vérité.

Voici un exemple. Les gens demandent souvent pourquoi nos joueurs sont si faciles à coacher et comment nous semblons chaque année tirer le meilleur de chaque joueur qui rejoint notre organisation. Ils cherchent à comprendre comment chaque nouveau membre de l’équipe a l’air de devenir meilleur comme par magie et transforme son éthique de travail ou supprime son principal défaut. Je dis toujours que ce n’est pas de la magie. Je leur dis que nous avons un coaching staff extrêmement talentueux, que nous avions un coach inimitable en la personne de Pop. Mais si vous voulez savoir ce qui nous sépare des autres dans cette situation ? C’est Timmy. C’était vraiment Timmy. C’est aussi simple que ça.

Était-il le meilleur joueur de l’histoire ? Je ne sais pas mais c’est le meilleur avec qui j’ai joué et je laisse le reste aux experts. Mais ce que je peux vous dire, c’est que Timmy était le grand joueur le plus facile à coacher de l’histoire. »

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, Tim Duncan faisait partie de cette catégorie-là. Ces joueurs comme on n’en croise qu’un dans une carrière et qui transforment tout ce qu’ils touchent en or ou en une machine à gagner concernant les Spurs. Mais puisque les remerciements devaient bien s’arrêter un jour et que Tony reviendra très probablement dans quelques années à San Antonio pour la cérémonie de retrait de son numéro 9, le point guard a eu quelques mots pour sa nouvelle équipe. On sait que c’est pas facile mais autant vous habituer tout de suite à le voir porter du turquoise, c’est la vie qu’il a décidé de mener et on le soutiendra bien sûr à 200% sous ses nouvelles couleurs.

« J’ai beaucoup rêvé que cet été se passe aussi bien. Quand je prendrai ma retraite dans quelques années, j’imagine que je traverserai des périodes de nostalgie. Mais en attendant, j’ai signé un contrat de deux ans à Charlotte et je suis très excité d’attaquer ce nouveau défi. Ça va être une nouvelle expérience dans une nouvelle organisation. Et si vous cherchez une deuxième équipe à encourage, à l’Est… n’hésitez pas à jeter un coup d’œil. Je vous promets que l’on va tout donner. »

Tony Parker qui ne tarie pas d’éloges sur son ancienne franchise. Pouvait-il vraiment en être autrement ? Pas vraiment, mais on imagine que par l’intermédiaire de cette lettre Tony Parker a souhaité se remémorer tous les bons moments qu’il a passé au Texas. Maintenant, on attend les calendriers pour entourer en rouge le retour du maestro à San Antonio, histoire de voir la standing ovation du AT&T Center et de tous les joueurs des Spurs pour un grand monsieur de la franchise.

Source texte : The Player’s Tribune

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