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Mike D’Antoni regrette que Steve Nash n’ait pas plus shooté à l’époque des Suns : « J’ai merdé sur ce coup-là »

Steve Nash

Si Nash avait été aux Rockets cette année, D’Antoni l’aurait sans doute incité à tirer d’ici.

Source Image : Youtube

Avant d’être coach des Rockets, Mike D’Antoni est notamment passé par Phoenix entre 2003 et 2008. S’il donne aujourd’hui le feu vert absolu à ses joueurs pour tenter leur chance de loin, il aurait bien aimé voir Steve Nash, son meneur à l’époque des Suns, prendre un peu plus sa chance du parking. Bienvenue dans le monde merveilleux des what if.

On le sait à peu près tous, mis à part les fans des Grizzlies qui ont arrêté de regarder la NBA, Houston cartonne cette année. Détenteurs du meilleur bilan de la Ligue et de l’histoire de la franchise avec 65 victoires pour seulement 17 défaites, les Rockets sont toujours en course pour accéder à leurs premières Finales NBA depuis 1995 et possèdent vraisemblablement le futur MVP de la Ligue dans leurs rangs cette saison. Tout cela n’aurait pas été possible si un double COY n’avait pas posé ses fesses sur le banc du Texas en 2016. En place depuis deux ans, Mike D’Antoni a instauré un jeu offensif rapide, avec son 7 seconds or less style caractéristique qui veut qu’une action aboutisse sur une opportunité de shoot en 7 secondes ou moins sur la possession. C’est ainsi qu’il transformera, lors de sa première année, James Harden en meneur à 12 passes de moyenne sur la saison, mais se fera malheureusement éliminer en demi-finale de Conférence par les Spurs. L’année suivante, fort du renfort de Chris Paul, MDA s’ajuste au jeu de ses tauliers, et privilégie l’isolation pour leur permettre d’accomplir un exercice 2017-18 record. Ainsi, les Rockets mènent pour la deuxième année consécutive la Ligue au nombre de 3-points tentés et réussis, preuve que Mike a su évoluer en même temps que le jeu. Avec le recul, il regrette même de ne pas avoir plus imposé à Steve Nash de tirer, lorsqu’il le coachait à Phoenix, ce qu’il confie à Tim McMahon d’ESPN :

« Oh, sans aucun doute, j’ai merdé sur ce coup-là. Nash était un puriste, un meneur Hall of Famer. Il était incroyablement fort. Je pense juste qu’au lieu d’avoir des moyennes de 15 ou 16 points, il aurait pu planter 30 points par match pour nous. Avec son shoot, il en était capable, et je ne pense pas que ça aurait impacté négativement l’équipe »

En effet il y a de quoi rêver. Il ne faut tout de même pas oublier avant de rentrer dans le what if que le Canadien a réussi, avec un physique de facteur, à devenir double MVP en 2005 et 2006, fort de moyennes de 15 et 18 points par match, couplés à 11,5 et 10,5 assists par soir respectivement sur ces deux années. Peut-être que si Stevie avait shooté plus, il n’aurait pas atteint ces niveaux d’excellence à la passe, et n’aurait pas pu autant se démarquer de ses concurrents au MVP à l’époque, qui n’étaient autres que Kobe Bryant, Tracy McGrady, Tim Duncan, Dirk Nowitzki ou Kevin Garnett. Mais imaginez un peu Nash qui tire à trois points ou qui drive dans la peinture, au lieu de chercher à systématiquement distribuer pour Amar’e Stoudemire ou un gars ouvert de l’autre coté du demi-terrain. Certes, il n’était pas tanké comme Ramesse, et donc moins capable d’aller finir sous une forêt de bras, mais il est tout de même détenteur du record de saisons passées à la fameuse marque d’au moins 50% au shoot, 40% du parking et 90% aux lancers-francs, le faisant à quatre reprises avec les Suns. Ça vous donne une petite idée du potentiel que le gars avait dans le bras, et l’efficacité qui aurait pu en découler s’il avait tenté plus que 12 tirs en moyenne sous l’ère D’Antoni à Phoenix (en comparaison, Harden a shooté en moyenne 20 fois par match cette saison). Peut-être même que la franchise de l’Arizona aurait pu prétendre à atteindre un stade plus haut que des Finales de Conférence (atteintes en 2005 et 2006) et ainsi concourir pour une bague, que la clique de Phoenix aurait d’ailleurs amplement mérité pour récompenser la beauté de leur jeu. Il y a de quoi s’en vouloir, et regretter de ne pas avoir été plus loin dans la culture du shoot longue distance, tant la Ligue prenait déjà les Suns pour des fous quand ils shootaient 25 fois de la buvette en 2005. Mais Nash, lui, semble simplement comprendre pourquoi cela n’aurait pas été possible, et pourquoi sa team n’a pas mis cette tactique en place à l’époque :

« Ouais, j’aurais probablement dû shooter 20 fois par match. Cela aurait eu sans aucun doute plus de sens, mais à l’époque, la Ligue n’était pas prête pour ça. Tout le monde nous disait qu’on ne pouvait pas gagner en tirant autant de derrière l’arc, et maintenant on se met à réaliser que nous n’avons pas assez shooté, surtout quand on jouait petit. Donc oui, je pense que Mike a raison. Je le regrette aussi. Mais ce n’était pas vraiment ma personnalité et la culture du jeu n’était pas prête pour ça. C’était comme un pont trop lointain, à l’époque. »

On t’en veut pas, Steve. C’est vrai que si tu avais plus passé ton temps à pull up du parking à la Steph Curry, tu ne nous aurait pas autant gratifié de tes caviars spectaculaires qui précédaient les tomars monstrueux de ton pote Amar’e. Il y a cependant de quoi se demander ce que ça aurait donné statistiquement, ainsi que pour le palmarès des Suns, qui n’ont plus connu de Finales depuis 1993, menés par un certain Charles Barkley.

Source texte : Tim McMahon, ESPN

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