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Les Warriors « underdogs » : et si ce n’était pas la meilleure des motivations pour Golden State ?

Warriors curry durant

« Franchement, leur faire croire qu’on est moins bons que les autres années, c’était pas une mauvaise idée. »

Source Image : NBA League Pass

La question parait un peu bête, posée comme cela, et quand on regarde les forces encore en présence à Golden State. Mais quand on sait qu’ils sont opposés à Houston qui les a battus deux fois en trois matchs en saison régulière, l’interrogation est finalement légitime. Les Warriors en underdogs ? Si c’est le cas, est-ce que ça ne les rendrait pas encore plus dangereux ?

Les bookmakers de Las Vegas ont déjà fait leur choix : les Warriors devraient l’emporter contre les Rockets. Ceci dit, on a déjà vu ces experts se tromper, tant la cote d’une équipe s’explique par des critères sportifs mais aussi économiques pour permettre au casino de remporter encore plus gros. On est donc en droit de se demander si les mecs de la baie partent vraiment avec un statut de favoris pour se succéder à eux même, contre Houston en finale de Conférence, puis contre Boston ou Cleveland s’ils arrivent à se qualifier. Que ce soit contre les Cavs ou les Celtics, les Guerriers seront sans aucun doute attendus vainqueurs. Mais face à Houston, rien n’est moins sûr. Il suffit de se remémorer les oppositions de la saison régulière pour appuyer cette affirmation : deux victoires en trois matchs pour les Texans, la seule défaite étant concédée sans leur MVP, James Harden. Il suffit aussi simplement de regarder les résultats de la saison régulière. Certes, les Warriors se sont classés deuxièmes de la Conférence Ouest, mais avec leur pire bilan depuis le début de l’ère Steve Kerr, à 58 wins pour 24 losses. Le bilan reste flatteur, mais c’est la manière qui inquiète : vers la fin de la saison, les hommes de la baie ont paru éreintés, marqués par les blessures successives de Stephen Curry, Kevin Durant, Klay Thompson ou Draymond Green. Le Chef a même attendu le Game 2 des demi-finales de Conférence contre les Pelicans pour faire son retour. Il manque donc de compétition, ce qui pourrait être préjudiciable contre ces Rockets-là.

Les Fusées, parlons-en, car apparemment, c’est pour eux cette année. Au regard des stats, du bilan, et de l’impression de puissance laissée en Playoffs, il est vrai que l’on peut difficilement dire le contraire. Une saison record à 65 victoires pour 17 défaites, un jeu léché made in Mike D’Antoni, une défense capable de switcher sur toutes les positions face aux Warriors, un trident Paul-Harden-Capela qui fait peur à toute la Ligue et qui a très peu connu la défaite lorsqu’il était réuni… Les Texans avancent dans l’optique de laver l’affront selon lequel Ramesse et CP3 ne pourraient jamais prétendre à aller chercher un titre de champion, et s’il faut pour cela passer sur le corps des Californiens, ça ne sera qu’un mal nécessaire. La hype et les prévisions semblent donc pencher de leur côté, mais attention toutefois à ne pas réveiller le serpent qui dort (on ne parle pas encore de KD)…

Et si ce statut « d’underdog » n’était pas celui qui, finalement, convenait le mieux à Golden State ? Trois ans que les mecs subissent la pression : « s’ils ne gagnent pas avec les armes qu’ils ont, c’est vraiment qu’ils sont nuls », refrain reprit en chœur par les médias et les haters à travers le monde. On a vu que les Warriors sont capables de claquer des saisons à 73 wins, éclipsant au passage le record des Bulls de 96, et faisant d’eux les ultra-favoris pour gagner le titre cette année là. Mais est-ce vraiment l’atmosphère dans laquelle il est préférable pour eux d’avancer ? Voyez par vous même : en 2016, l’année du record, les hommes de Steve Kerr, qui avaient déjà failli tomber face au Thunder en Finales de Conférence (menés 3-1), ont finalement perdu contre les Cavs en Finales. S’en sont suivis de multiples railleries sur la planète basket, des tweets de 14 pages pour expliquer qu’ils sont mauvais, et autres petites sympatocheries comme on aime.

Cette année, la superteam avance plus cachée, dans l’ombre des Rockets, mais elle n’en a pas perdu son niveau pour autant, bien au contraire… Deux victoires 4-1 contre des bons Spurs et d’excellents Pelicans plus tard, ils ont prouvé que même affaiblis par la blessure de Steph, même moins bons en saison régulière, il faudra toujours compter sur la bande d’Oakland pour step-up en Playoffs. Ce qui marque le plus cette année en postseason, c’est leur capacité de réponse après une défaite. Ah, donc Rajon Rondo claque 21 assists et Anthony Davis nous massacre sous le cercle ? Attendez un peu, v’là que Kerr aligne son death line-up et que KD plante 38 pions pour fermer les gueules, et l’affaire est dans le sac.

Qu’on les sous-estime, qu’on les voit moins beaux qu’ils ne sont, les Warriors adorent ça, et s’en nourrissent au petit-déjeuner. Attention donc Harden et compagnie, car c’est vous qu’on attend cette année, et shooter à 40% (coucou Ramesse)  ne vous fera pas gagner une série contre cette armada qui, même dissimulée, avance tout de même à grandes enjambées. 

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