One-on-One

L’échec de trop pour DeMar DeRozan : un sweep qui remet beaucoup de choses en question

Demar Derozan

Dure dure, la vie de franchise player…

Source Image : Youtube

Après la nouvelle élimination des Raptors en quatre matchs face à Cleveland, on cherche les coupables de l’extinction des dinosaures lors de leur balayage retentissant. Le constat est lourd, mais sans appel et redondant : après Dwane Casey, c’est bien DeMar DeRozan qui n’a pas su se comporter en taulier, une fois de plus…

Des prévisions, on en faisait des tonnes avant cette série. Pourtant, comme il y a un an, on voulait y croire. Surtout avec ce statut de leader de la Conférence Est en saison régulière. Mobilisés, les Raptors promettaient de faire le boulot et qu’il n’y aurait pas de choke cette année. Deux années de suite, les mêmes paroles, et deux fois de suite, le même résultat : celui de quitter les Playoffs la queue entre les jambes, et l’amer sentiment de devoir tout recommencer à zéro. Alors certes, c’est un LeBron James plus souverain que jamais qui s’est dressé sur le chemin des Canadiens, mais bien seul par rapport au collectif des hommes de Casey, qui était un des meilleurs de la Ligue. Finalement, ce sont les 34 points, 8 rebonds et 11 passes de moyenne du King, bien aidé par un Kevin Love de retour aux affaires, qui auront à eux-seuls raison de Toronto, en quatre matchs et autant de victoires. Pas un succès, pas même une occasion de sauver l’honneur au pays du sirop d’érable. Rien. Vous voulez gagner le Game 1 ? On vous aura en prolongation, pour bien vous saper le moral. Prendre le Game 3 ? Attendez que je vous assassine avec une planche des familles au buzzer. Les Dinos ont failli là où on attendait le plus de progrès : le money time. Chokeland n’a visiblement pas été rasée, et ses attractions continuent à aller de bon train. Et la figure du parc, DeMar DeRozan, n’a pas failli à sa réputation de disparaître quand ça devient chaud.

17 points de moyenne à 44% au shoot, 4 rebonds et 2,8 passes magnifiés par un  0 pointé au pourcentage du parking. On a souhaité commencer par les stats, pour bien que vous compreniez : le franchise player des Raptors, censé les mener en Finales cette année, a été dégueulasse. Tout simplement, il n’y a pas d’autre mot. Bien qu’il ait planté 22 et 24 points respectivement dans les Game 1 et 2, cela ne fait que cacher la forêt. A 8 points dans le Game 3, il est benché dans le quatrième quart et obligé de voir LeBron détruire le royaume du Nord à l’aide d’un runner planché. On pourrait même penser que s’il avait accompli des prestations plus correctes, les Raptors auraient pu prétendre à gagner un ou deux matchs, car ses coéquipiers étaient loin d’être à la rue statistiquement. En effet Kyle Lowry termine à 18 points de moyenne et 9 assists, Jonas Valanciunas à 16 points, 12 rebonds et 2 contres par match, Anunoby a également tenté de sauver les meubles… Tous ces mecs n’auront jamais été suivis par leur habituel leader. Le point d’orgue de son pauvre niveau arrivera lors sa dernière action de la série contre les Cavs, dans le dernier match. Encore pas dans ses baskets ce soir là, à 13 points en fin de troisième quart-temps et son équipe menée 97 à 72, DMDR voit Jordan Clarkson intercepter le ballon, partant finir en contre-attaque. L’arrière tape un sprint, et plein de frustration, vient asséner une manchette dans la tempe de Clarkson pour l’envoyer dans les photographes sans jouer le ballon à aucun moment. Exclusion du Raptor, sa team ne reviendra jamais au score, terminé, rideau. Triste fin d’année pour un mec qu’on voyait enfin mûrir, et en qui certains avaient confiance pour mettre fin au règne du King.

En NBA, les statistiques et les classements ne veulent pas tout dire. Les Celtics et Brad Stevens nous le prouvent à chaque match de postseason que James Naismith fait, avec tous leurs blessés. Mais la preuve existe aussi avec les Raptors. 59 victoires pour 23 défaites, meilleur bilan de la Conférence Est, Dwane Casey semblait avoir renouvelé le jeu de son équipe. Moins d’isolation, plus de passes et de continuité dans les actions, le meilleur banc de la NBA… DeMar DeRozan avait pour sa part compris qu’il avait des coéquipiers et réalisait sa meilleure saison statistique sur le plan des assists avec 5,2 caviars par match, couplés à 23 points. Tout ça s’est envolé avec ses rêves de Finales, quand la sonnerie a retenti à la Quicken Loans Arena à la fin du Game 4. Abattu et fataliste en conférence de presse, il semblait être dépassé par les échecs successifs des Raptors en Playoffs. On peut se souvenir qu’il n’a pas eu une année facile sur le plan émotionnel. Il faisait ainsi part de son état dépressif, lié de près à la maladie de son père. Peut-être que le Californien n’est pas fait pour avoir la pression sur les épaules, en ces temps difficiles pour lui. DeMar est un mec discret, qui semble toujours perdre les pédales quand les spots se dirigent un peu trop près de son visage. Contre le King, c’est le monde entier qui est braqué sur vos prestations, ce qui ne lui a sûrement pas convenu et l’a mené à un nouvel échec dans l’aventure éprouvante qu’est la course au Larry O’Brien Trophy.

Si on pointe du doigt Dwane Casey, on se doit de faire de même pour son option offensive numéro 1. Dépassé par les événements et incapable de pratiquer le basket qui a été le sien durant la saison régulière, DeMar DeRozan doit faire le vide cet été, et devra se demander si une place de franchise player est vraiment ce qui lui faut, au regard de son caractère et de son mental actuel.

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