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Parfois, les scores des séries de Playoffs ne représentent pas l’écart réel entre deux équipes

joel embiid
Source image : NBA League Pass

Les Playoffs, c’est plus qu’une compétition qui déchaîne les passions. C’est aussi le rendez-vous annuel pour juger les joueurs et les équipes sur la plus grande des scènes, et tirer des conclusions parfois… erronées. Quand le score des séries s’y met, on peut vite perdre la tête. Explication.

Depuis des années, la NBA nous berce au printemps avec ses phases finales et ses confrontations en tout genre. Parfois épiques, parfois endormantes, les séries de Playoffs proposent 4 à 7 matchs et offrent par la même occasion des chemins déroutants. On s’avance sur un pronostic, en imaginant un scénario se dessiner petit à petit, en prenant compte de toutes les leçons retenues au fil du temps, et on prie pour que cela passe. On envoie un score d’une manière totalement YOLO, alors que quatre à sept rencontres, pouvant changer toute une destinée et toute une franchise, peuvent avoir lieu. Machin qui dit 4-1, l’autre qui dit 4-2, pépère qui parie sur un Game 7, les paris vont littéralement dans toutes les directions. Rien d’anormal jusque là, puisqu’il s’agit du ‘taf’ de supporter. C’est logique, on a envie de montrer qu’on a raison, par passion et par développement permanent de notre perception. Sauf qu’entre le rêve et la réalité, il y a un énorme fossé. Que le jeu et le terrain conservent avec le plus de discipline possible. Et parfois, les scores des séries de Playoffs vont à l’opposé de ce qu’on avait pensé. Pire encore, certains scores mentent sur la vérité sportive, c’est-à-dire l’écart réel qui existe entre deux équipes. On en a vu, on en voit actuellement, et on en verra encore. Ce qui, si on était un minimum disciplinés, altérerait notre jugement.

Prenons un exemple à la con, cette année, avec la série en cours entre Sixers et Celtics. Boston mène sa série 3-0 et pourrait sweeper Philadelphie lors du prochain match. Luxe royal pour Brad Stevens et ses hommes, il pourrait également y avoir 3-1 et voir les C’s terminer le boulot à la maison. Maintenant, d’un pur point de vue basket, le déroulé des parties et donc la façon dont les rencontres se sont jouées jusqu’ici, peut-on parler de véritable branlée celte symbolisée par ce trois-zéro particulièrement violent ? Certainement pas. Un premier match parfait, rien à redire là-dessus. Un second match remporté au finish et après une première mi-temps borderline, là ça change. Et une troisième manche arrachée des mains des Sixers alors que les petiots avaient tout en main, pareil. Le but ici n’est pas de retirer du crédit aux Celtics, qui sont merveilleux de combativité, de discipline, et menés par un Brad Stevens au sommet de son art. Oui, Boston mérite chacune de ses victoires. Mais on ne peut parler de potentiel sweep représentant l’écart entre ces deux franchises, et la NBA a proposé plus d’une fois des séries de ce même genre. Telle est la leçon à retenir et qui peut pousser certains observateurs à s’emporter bien plus que prévu. Souvenez-vous, notamment, en 2013, avec un Spurs – Grizzlies en finale de conférence. Balayés par San Antonio, les gars de Memphis avaient eu droit à deux des quatre matchs en prolongation, et une dernière rencontre bien serrée jusqu’au bout. Sur le terrain ? Impossible de parler de kadzéro, il aurait très bien pu y avoir un Game 7 entre ces deux franchises. Sauf qu’à 4 reprises, les hommes de Gregg Popovich ont pu et su finir le boulot, parfois avec un coup de pouce du destin, et parfois par avantage d’expérience.

La question se pose d’ailleurs sur les Playoffs de cette année. Est-ce que l’écart de niveau entre Sixers et Heat (4-1) était plus grand que celui entre Bucks et Celtics (4-3) ? Et sur les Playoffs de l’an dernier, est-ce que les Pacers méritaient de se faire sweeper par les Cavs (4-0) avec quatre matchs dans un mouchoir de poche ? Une réalité domine tout de même, souvent, et il s’agit de celle-ci : en NBA, c’est quasiment systématiquement la meilleure équipe qui passe au tour suivant. On peut chercher des coups de chance, des performances irréelles qui font tout basculer, une blessure qui déséquilibre les oppositions, mais le fait d’avoir besoin de minimum 4 victoires et donc maximum 7 matchs permet d’avoir un avis précis sur le vainqueur final. On peut retourner comme on veut la série du 1er tour entre Cavs et Pacers, remportée en grand partie grâce à un LeBron James stratosphérique. Peut-être qu’en effet, Indiana avait la meilleure équipe d’un point de vue collectif, mais elle n’avait pas le meilleur joueur. Et au petit jeu du « il faut remporter 4 manches« , avoir le meilleur joueur au monde peut aider en ce sens. Il est donc intéressant de voir, notamment à l’Est en ce moment, deux séries menées 3-0 alors que les écarts sont encore à définir. Quid d’une fin de match réussie par Toronto au Game 1, ou au Game 3 ? Et que penser des jeunes Sixers, qui pourraient mener leur série 2-1 avec un peu plus de discipline. Parfois, une série se joue à rien et le vainqueur final essuie son front en réalisant que l’improbable s’est produit. Le rappel en vaut la peine, dans des séries actuelles où l’on passe de tout à rien en l’espace de quelques possessions.

Si les Playoffs sont aussi appréciés en NBA, c’est aussi pour la justice que cette compétition représente. Acceptez-le, refusez-le, mais le champion est souvent la meilleure équipe de toute la Ligue. Maintenant, « souvent » ne veut pas dire « tout le temps », et les scores des séries ne traduisent pas systématiquement un écart réel entre deux équipes. Que le meilleur gagne, du coup. Enfin, façon de parler.

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