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L’incroyable success story d’Andre Ingram : 10 ans de G League avant de percer chez les Lakers

Andre Ingram Lakers

« Some people wait a lifetime, for a moment like this. »

Source image : Twitter/@Lakers

Voici, sans conteste, une des plus belles histoires de la saison en NBA. De celles qui font chaud au cœur, celle d’Andre Ingram est probablement une des plus marquantes. Joueur de basket dans des ligues mineures depuis dix années, l’arrière vient d’être appelé par les Lakers pour jouer les deux derniers matchs de la phase régulière. À 32 ans, le guard a réalisé son rêve, en faisant ses débuts en NBA hier soir. Il n’a pas raté l’occasion qui lui était offerte. En 24 heures, son destin a changé.

Non non, on ne s’est pas trompés. Nous n’avons pas mélangé les deux noms d’Andre Iguodala et de Brandon Ingram pour en faire un tout nouveau joueur. Celui dont nous parlons a quasiment le même âge que le vétéran de Golden State, et jouait déjà avec la balle orange alors que l’ailier des Lakers traînait encore sous les jupes de sa mère. Il ne s’agit pas non plus d’un grand frère qui viendrait jouer dans la Grande Ligue, à l’exemple de Thanasis Antetokounmpo qui était arrivé après son frère, Giannis. Ce n’est pas du piston, Tiny Dog, le bosseur, n’a pas essayé de faire entrer quelqu’un de sa famille chez les purple ans gold. Non, c’est une histoire encore bien plus folle qui est arrivée à Andre Ingram. C’est un peu le symbole du rêve américain : une vie normale, sans souci, qui se transforme du jour au lendemain et vous donne lumière, célébrité, et amour des gens autour de vous. En effet, on peut dire que le guard a une existence sympathique, plutôt tranquille, rien d’exceptionnel. Comme tout jeune pratiquant de basket, il est passé par un lycée, celui de Highland Springs, en Virginie, d’où il est originaire. Il a ensuite continué son cursus, à la fac. Il choisit donc l’American University de Washington D.C., où il passera quatre ans, pour aller au bout de sa scolarité. De 2003 à 2007, Andre Ingram a fait le bonheur de son université, où il était un jeune basketteur assez prometteur. Mais pas suffisamment.

Candidat à la Draft NBA 2007, l’arrière d’1m91 ne fait pas partie des soixante heureux, et n’est sélectionné par aucune franchise. Il se rabat donc sur le même exercice, en D-League cette fois, où il est choisi au septième tour par le Flash d’Utah, la franchise affiliée au Jazz. Il passera quatre saisons là-bas, où il effectuera clairement son meilleur passage en carrière, entre 23 et 26 ans. Sa meilleure saison statistique ? En 2009-10, il pose des chiffres corrects, avec 12,9 points, 3,9 rebonds, 2,1 assists et 1,5 steal en 34 minutes de moyenne par rencontre. Rien de très exceptionnel en termes de performances, il n’est pas un titulaire en puissance, mais Andre Ingram montre de belles aptitudes de shooteur, notamment du parking. Après quatre saisons chez les Mormons, il part en direction des Los Angeles D-Fenders, la franchise de D-League affiliée aux Lakers, où il restera quasiment six saisons. Entre galères, blessures et autres, il rate des bouts de phases régulières, et même une saison entière, en 2012-13. En fin d’année 2016, il décide de partir à Perth, pour jouer en Australie. Mauvais choix, il ne s’y sentait pas bien, et y resté une semaine. S’il voulait prendre des vacances, fallait le dire. Il revient alors finir l’exercice 2016-17 avec les D-Fenders, et attaque le suivant avec la même équipe, qui change alors de nom, les South Bay Lakers. Avec quasiment 23 minutes par match, l’homme de 32 ans ne tourne qu’à 9,1 points de moyenne par rencontre, à 47,5%… du parking. Un chiffre plus qu’étonnant, qui a attisé la curiosité de la maison mère des SBL.

Andre Ingram a donc été invité à une réunion avec le front office de la franchise de G League, pour discuter de la préparation de sa sortie, de son départ de l’équipe en fin de saison. Un faux motif, qui masque le réel but de ce meeting : permettre au joueur de signer un contrat avec les Los Angeles Lakers pour les deux derniers matchs de la saison. Son entraîneur est présent, ainsi que Joey Buss, le président de SBL, et le GM de l’équipe, Nick Mazzella. C’est d’ailleurs ce dernier qui s’adresse au joueur, le complimente, puis finit par lui dire la vérité. Sa réaction, filmée et relayée sur le compte Twitter des Lakers n’a pas de prix, on vous laisse l’apprécier :

« Vous restez au four et au moulin, et à la fin de votre dixième année, vous êtes finalement appelé.

Andre Ingram n’a jamais arrêté de persévérer, et son rêve NBA est maintenant une réalité. »

Magnifique instant, où l’homme de 32 ans contient malgré tout sa joie, devant Magic Johnson, et Luke Walton, son coach pour deux oppositions. Il faut savoir que l’entraîneur en chef des Lakers a eu Andre Ingram sous ses ordres en 2013-14, lorsqu’il était aux commandes de l’équipe des D-Fenders. Il appréciait clairement le taf du guard, et l’a recommandé auprès du front office de la franchise. Il n’y est donc pas pour rien dans l’appel du vétéran au niveau supérieur. Rendez-vous compte : 10 ans d’attente. C’est long, dix ans. Certains se rappellent à peine ce qu’ils ont fait, il y a dix ans. Ingram, lui, s’en rappelle. Il a travaillé, sans jamais s’arrêter, pour continuer à progresser, à se maintenir, et à entretenir son rêve, celui de jouer en NBA. À force d’efforts et de persévérance, il a enfin décroché une pige aux côtés de son jeune homonyme, Brook Lopez et consorts. Pudique sans doute, dès l’annonce de cette superbe nouvelle, il s’est réjoui rapidement, puis s’est directement concentré sur le rôle qu’il allait avoir à jouer dès le lendemain, puisque les purple and gold affrontaient les Rockets le jour suivant cette réunion (hier soir). Rien que le fait d’être appelé, cela représente tant de choses. Il y a cinq ans, lors de la naissance de sa première fille, Andre Ingram se demandait s’il allait pouvoir subvenir aux besoins de sa famille avec son salaire de D-League. Il s’est accroché, a franchi les étapes, a connu la G League, avant de toucher à la consécration. Ses émotions, il a eu du mal à les sortir, mais celles de sa femme, et de sa mère, qu’il a au téléphone dans la vidéo ci-dessus, relatent et expriment bien ce que le travailleur acharné peut ressentir. Il a dû passer une sacrée nuit, sans doute à contempler les étoiles, avant de les rejoindre.

Le lendemain matin, au shootaround des Lakers, tous les regards étaient braqués sur lui. Et son sourire de la veille ne l’avait pas quitté. Il a probablement pu se remettre de ses émotions de la veille, et il décrit tout le chemin parcouru pour en arriver là. Morceaux choisis :

« Ma femme criait complètement. Ma mère était là aussi, elle criait également. Je ne pouvais même pas entendre ce qu’elles disaient quand je leur ai annoncé. C’était cool. Elles étaient évidemment excitées. Elles ont probablement laissé sortir ce que je voulais vraiment exprimer. […] Ces 10 ans, cela a été une joie. Je me souviens de tout. Commencer avec l’équipe de D-League d’Utah, jouer avec ces gars lorsque nous étions les D-Fenders, je me rappelle de tout. Et ce sont de superbes, d’appréciables souvenirs. C’est une superbe récompense pour tout le temps que j’y ai consacré. […] Je suis vraiment plus excité pour le match qui arrive [hier soir, ndlr]. Les autres choses sont super, voir votre nom sur le maillot, l’enfiler, jouer au Staples, mais je me concentre plus sur juste jouer sur le terrain avec les gars. »

En tant que grand professionnel qu’il est, du haut de ses 32 ans, le guard fait encore ce qu’il a continuellement essayé de faire pendant 10 ans : se tenir prêt dès qu’on l’appelle. Et là… comment dire ? Le gars est à quelques heures du plus beau moment de sa carrière. Il n’a pas été appelé pour rien. C’est le recordman du nombre de trois points inscrits en ligue de développement, époque D-League et G League confondues. Son pourcentage en carrière ? Pas dégueu : 46,1% du parking. Le mec est un sniper sur pattes, il a déjà bouclé des saisons à 55,1 et 54,5% de réussite du périph’. Excusez du peu. Cela le classe dans la même catégorie que d’autres joueurs étiquetés G League, type Steve Novak ou Chris Copeland. Sauf que eux étaient déjà venus en NBA, pas Ingram. Cette saison, il tournait à 47,5% des tribunes avec les SBL. C’est cela que Magic Johnson lui a demandé d’apporter aux Lakers sur le terrain, dès son arrivée. La belle histoire aurait pu s’arrêter là. Andre aurait pu jouer deux minutes en fin de match, pour le symbole, afin que la boucle soit bouclée. Mais les Angelinos ont décidé de le faire venir sur le parquet en fin de premier quart-temps, une entrée saluée par un joueur des Rockets à peine connu :

« Andre Ingram entre pour ses premiers instants en NBA, et reçoit l’affection de CP3 ! »

Magnifique moment, qui aurait pu submerger le néophyte d’émotion. Mais à 32 ans, ce n’est pas trop le style de la maison. Le bonhomme est un shooteur, un joueur d’équipe, et il n’a pas tardé à le prouver :

« Cela fait 2 sur 2 de derrière l’arc !

8 points au total pour Andre Ingram. »

Lorsque le détonateur est parti, on ne l’arrête pas. Ça y est, la fine gâchette a enfin pu appuyer sur la détente dans la Grande Ligue, et ça ne rigole pas. 11 points inscrits en six minutes, à 100% en début de match. Cela valait le coup d’attendre 10 ans, hein ? Le reste du match n’est qu’un pur bonheur. Sa femme est interviewée pendant la rencontre, on se rend compte de toute la joie, de toute la fierté qu’elle ressent pour son mari, c’est superbe. Le banc des Lakers ne fait qu’encourager le rookie trentenaire, bientôt imité par toute la salle, qui pousse derrière Andre Ingram, l’applaudit et l’encourage fortement, jusqu’à ce que des chants « MVP, MVP » descendent des travées du Staples Center. C’est une succession de moments plus beaux les uns que les autres qui auront enchanté cette soirée du 10 avril, dont il se souviendra longtemps. La défaite 105 à 99 est anecdotique, le guard a pu s’éclater pendant 29 minutes sur le parquet, et finit avec une ligne de stats à faire rougir pas mal de titulaires de certaines franchises : 19 points à 75% au tir, dont 80% des vestiaires et 100% de la ligne des lancers, 3 rebonds, 1 passe, 1 steal, 3 blocks. C’est sublime, un show à l’américaine, un défi complètement inattendu pour le joueur, qu’il a relevé avec brio, le genre d’histoires que l’on adore. Mais se rendre compte de ce qu’il peut ressentir, il faut avoir rêvé autant que lui. Jeremy Lin, qui a vécu un destin semblable, peut le comprendre, et partager ce bonheur :

« Andre Ingram !! Dix ans en D-League, il se fait appeler, et met 11 points dans ses six premières minutes en NBA ! N’importe qui qui a couru derrière ses rêves de basket peut apprécier cela. C’est trop bon. »

Fin de la rencontre. La tension retombe, mais le nom et la performance sont dans toutes les mémoires. Andre Ingram, c’est l’homme qui a attendu dix ans d’avoir une seule opportunité, et qui l’a saisi brillamment. La star de la soirée, c’était lui. L’incipit est incroyable, le sommet, le pic l’est d’autant plus. Reste à voir si le dernier tour de piste, dans le derby de Los Angeles ce soir, sera aussi réussi que tout le reste. En 24 heures, tant d’émotions se sont bousculées chez l’homme de 32 ans, qui a retrouvé, quelques temps, ses yeux d’enfants. Encore une performance du genre, et il pourrait gagner un avenir dans la Ligue. Surtout, il a changé son destin, à jamais. Respect, Monsieur Andre Ingram.

Sources texte : cbssports.com, lakersnation.com, Twitter/@JLin7, @NBA, @Lakers

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1 Comment

1 Comment

  1. golgoth113

    27 avril 2018 à 18 h 16 min at 18 h 16 min

    Voilà un modèle pour Lonzo: bosse ton shoot, ça va payer !

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