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Manu Ginobili ne peut pas prendre sa retraite : culot de la vingtaine, jambes d’ado, le coeur d’un gosse

Manu Ginobili
Source image : YouTube

Encore une soirée réussie au AT&T Center, encore une soirée marquée par les arabesques de Manu Ginobili. Plus proche de la retraite que d’une participation au Rookie Game, l’Argentin est peut-être plus lent mais il régale toujours autant. Au point de se demander si un bye-bye s’envisage vraiment.

Ce n’est pas la première fois, cette saison, qu’El Manu sauve les Spurs. Et breaking news pour certains, ce ne sera sûrement pas la dernière. Hier soir, les Blazers étaient de visite à San Antonio, dans une potentielle affiche du 1er tour des futurs Playoffs. Lassé d’entendre des questions sur Kawhi ou sur la série de saisons à 50 victoires minimum, l’arrière voulait simplement assurer le principal avec son équipe, la victoire. Et il fallait s’en charger sérieusement, car en face Portland restait sur quelques défaites frustrantes, Damian Lillard étant le premier à prendre feu pour faire en sorte que la chute des siens se prolonge. Dans un match physique et serré où chacun y allait de son petit push afin de prendre l’avantage sur l’adversaire du soir, le dernier quart-temps s’ouvrait et donnait place à une vraie question : qui va faire le run ? Qui va imposer son envie et sa détermination, pour repartir avec une solide victoire ? Dans le circuit actuel, jouer Lillard dans le money time permet souvent de répondre rapidement à cette interrogation. Sauf qu’une loi existe depuis plus de 15 ans du côté de San Antonio, et elle s’est encore appliquée au meilleur moment. Personne n’a le coeur de Manu Ginobili. Ni chez les Spurs, ni chez les Blazers, ni ailleurs. Les Westbrook et compagnie tiennent évidemment le regard, mais peuvent-ils seulement faire ce que l’Argentin réalise actuellement, à 40 ans ? Pas sûr.

Au-delà des statistiques, qui étaient évidemment folles sachant que le grand-père est rentré en jeu seulement 19 minutes et a calé 17 points à 100% de réussite au tir (!), c’est la méthode, comme si souvent, qui fascinait le public du AT&T Center et le staff de Portland. Quasiment vingt ans que le type fait les mêmes improvisations, répète les mêmes gaffes, réalise les mêmes sauvetages, et on reste encore sur le cul. Pourquoi ? Parce que Manu Ginobili continue à prendre le basket comme il est, c’est-à-dire un jeu. Un sport, mais avant tout un jeu. On le voyait provoquer des passages en force depuis le début de saison, même après plusieurs matchs d’absence et un corps qui n’en peut plus d’autant de chutes en carrière. On le voyait monter sur les baobabs pour chercher des lancers, parce que. Parce que quoi ? Beh parce qu’il le faut, pardi, pour l’emporter. Pas d’excuses, pas de réflexion sur les conséquences, juste de la détermination et des Blazers qui ont pris une douche blanche et ciel sur la gueule. Avec un match encore serré et 7 minutes à jouer, Ginobili passera en mode fuego, aux bons souvenirs de 2005, les cheveux longs, la balle en main, le dernier quart et sa brouette. Un premier eurostep sur Meyers Leonard, puis un trois-points sur Aminu, puis un autre tir du parking en totale première intention histoire de faire exploser le public et le banc des Spurs. Derrière ? Va pour une interception, le lay-up main droite et le poing serré devant un Terry Stotts forcé à prendre temps mort. El Manu quoi, génial dans le premier sens du terme, jovial également.

On parlait de cette fin de saison régulière comme d’une opportunité, pour ceux qui auraient tendance à l’oublier, pour observer ceux qui se rapprochent gentiment de la retraite. Manu Ginobili, hélas, fait partie de ces gars-là. Mais quand on le voit jouer comme hier soir, et globalement comme cette saison ? On ne peut pas croire que le type partira cet été. C’est impossible, inacceptable. Ni pour le sport… ni pour ce jeu.

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