Old-School

Ray Allen sort un bouquin et s’en prend à Rajon Rondo : des années après, l’animosité est toujours là entre les deux anciens coéquipiers des Celtics

Ray Allen

Ray Allen se livre à cœur ouvert sur sa relation avec Rajon Rondo. Ce dernier n’a pas tardé à réagir, à la Rondo.

Source image : Youtube/Ray Allen - The Game

Cela fait depuis 2014 qu’on n’a plus vu Ray Allen sur un parquet. En 2016, il annonçait la fin officielle de sa carrière de basketteur, après 19 saisons dans la Ligue. Aujourd’hui âgé de 42 ans, l’élégant shooter sort un livre, intitulé : From the Outside: My Journey Through Life and the Game I Love. Dans celui-ci, il revient sur sa carrière, notamment sur son passage à Boston, et sur sa relation avec Rajon Rondo. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir le principal intéressé, sous fond de tension et d’animosité toujours bien présente entre les deux hommes, dix ans après leur titre commun, en 2008 sous le maillot des Celtics.

Pendant sa carrière, Ray-Ray a joué pour quatre franchises : les Bucks, les regrettés Sonics, les Celtics, puis au Heat pour finir son voyage long de 19 années dans la Ligue. Joueur respecté parmi tant d’autres, grand professionnel, son attitude lui a valu le surnom de Gentleman. Pourtant, avec un caractère bien trempé, ça n’a pas toujours été facile au niveau relationnel avec ses coéquipiers, surtout à Boston. C’est ce que relate Ray Allen dans le bouquin, co-écrit avec Michael Arkush, qui sort le 27 mars. D’abord victorieux en 2008, pour le premier titre des verts depuis 22 ans, Sugar Ray n’a pas passé que des bons moments dans le Massachusetts, du fait de ses relations tendues et des caractères qu’on peut qualifier de « pas faciles » dans le roster. Imaginez : Pierce, Garnett, Allen et Rondo dans un même vestiaire, cela fait énormément de talents, ce qui signifie aussi de nombreux egos assez ingérables à manager pour le coach de l’époque, un certain Doc Rivers. La superteam de Beantown a fini par imploser en 2012, lors du départ de Jesus Shuttlesworth en direction de la Floride, pour rejoindre une autre équipe incroyable, celle des Tres Amigos. Un départ dû à plusieurs facteurs, mais surtout du fait d’une mauvaise entente, dans un vestiaire empli de rumeurs et de tensions.

Dans son livre, Ray Allen revient sur les événements qui ont mené jusqu’à son départ des Celtics, particulièrement sur son feud avec Rajon Rondo, qui dure encore aujourd’hui. Alors que la hache de guerre a été enterrée cet été entre l’arrière et Paul Pierce, ce n’est toujours pas tout à fait le cas avec les autres membres émérites du Boston de la fin des années 2000. En mai 2017, les anciens de cette époque s’étaient retrouvés sur le plateau de l’Area 21 de KG sur TNT. Pierce, Garnett, Rondo, Perkins (notre maître à tous), même Big Baby Davis, tout le monde est là, sauf Ray-Ray. Cela semblait encore tendu il y a moins d’un an. Cependant, suite à la réconciliation avec The Truth, on pouvait penser que le reste de le troupe allait suivre. En effet, même Rajon Rondo s’était dit prêt à discuter avec l’élégant shooteur, en début d’année 2018. Cela commençait à sentir bon pour un rabibochage en bonne et due forme. Cela aurait même pu se faire sous forme de show TV, avec pleurs, rires, mouchoirs et embrassades. Mais il n’en est rien. Le livre de Jesus ne va pas tout à fait dans ce sens-là. Il relate de son histoire avec Garnett, complexe. Il respecte cependant le Big Ticket, et lui rend hommage par cette phrase :

« Si je devais choisir seulement un seul gars pour jouer à mes côtés, ce serait Kevin Garnett. Personne d’autre ne s’en approche. »

L’actuel recordman au nombre de trois points a par contre été beaucoup moins tendre avec Rajon Rondo, balançant plusieurs petites anecdotes sur leur passage commun aux Celtics. On ne sait pas si les propos décrivent une réalité, mais ils dépeignent tout du moins le point de vue de Ray Allen. Morceaux et citations choisis, tirés du travail de Sean Deveney de sportingnews :

La relation entre le meneur et l’arrière paraissait pourtant idyllique à priori…

« Cela ne pouvait pas se passer mieux que cela [au début, ndlr] avec lui. Il était comme un petit frère pour moi. »

Après avoir remporté un titre ensemble en 2008, les joueurs des Celtics auraient pu commencer une dynastie tous ensemble. Mais c’est à partir de l’année suivante que les frictions ont commencé à intervenir entre les deux hommes. Le front office de Boston, soit le président Danny Ainge, et le coach Doc Rivers, auraient eu des problèmes avec Rondo. À tel point qu’ils ont proposé un trade aux Suns : Allen et Rondo, contre Stoudemire, Barbosa, et le quatorzième pick de la Draft 2010. Quand il a entendu ça, Ray-Ray, pensant vraisemblablement bien faire, a appelé son jeune coéquipier, en lui disant :

« Je l’ai appelé, et je lui ai dit ‘Hey, ils veulent soi-disant nous transférer à Phoenix parce que tu ne t’entends pas avec Danny et Doc. Donc si tu peux faire quelque chose…’ Pour une quelconque raison, je suppose qu’il pensait que je… que j’avais quelque chose contre lui, ou qu’il y avait des problèmes. Je n’avais pas de problèmes avec lui. J’ai gagné avec lui. »

Cela a été, selon Jesus Shuttlesworth, l’étincelle qui a suffi à embraser la relation entre les deux anciens amis. Cela n’apparaît pas être grand-chose. Ceci dit, lorsqu’on connaît la bête et le caractère de Johnny, on se dit qu’il est possible que cela ait suffi à mettre le feu aux poudres. L’épisode suivant intervient pendant l’exercice 2010-11, lors d’un meeting d’équipe. Le meneur, tout en subtilité, aurait lâché un :

« Je vous ai tous porté jusqu’au titre en 2008 ».

« Le reste de l’équipe a répondu, quasiment à l’unisson : ‘Tu as quoi ?' »

Rondo a commencé à dire que tout le monde dans l’équipe avait un problème avec lui. Ray-Ray s’en mêle alors, gentiment :

« Personne d’entre nous n’a de problèmes avec toi. »

« Si, toi aussi. Tu m’as dit que j’étais la raison pour laquelle nous allions être tradés. » lui a répondu le numéro 9 des Celtics.

Il se peut que ce soit le réel point de départ du conflit entre Allen et son cadet de dix ans. Dans son livre, le shooteur décrit son meneur comme quelqu’un qui veut être considéré comme un leader, sans avoir prouvé assez de choses pour mériter ce rôle. Il déclare également que l’organisation des Celtics ne savait pas comment gérer Rondo. Glenn Rivers avait demandé à KG et Ray-Ray de « laisser Rondo entrer dans le cercle« . Ce à quoi le numéro 20 de Boston a répondu : « On ne peut pas faire de lui un leader, Doc. Il doit gagner ce statut.« . De quoi énerver un peu plus l’arrogant meneur. Lors de la fin de cette saison, en Playoffs, un incident est survenu. Beantown perdait 2 à 0 dans la série contre le Heat. Doc Rivers et ses hommes font donc une séance vidéo pour  essayer de corriger les erreurs des deux premières défaites. À ce moment-là, Rondo aurait « baissé la tête, et tourné sa chaise vers les vestiaires« . Le coach l’aurait donc imploré de regarder la vidéo. Rajon n’était pas vraiment chaud à cette idée, et a gratifié son entraîneur d’une sympathique réponse :

« Fuck that film. »

Cela se passe de traduction. Rondo aurait ensuite lancé une bouteille d’eau sur l’écran, le cassant ainsi. Rivers a donc viré Rondo de la session. La tension autour du meneur est vive, ce qui a failli entraîner un trade lors de l’intersaison suivante, pendant le lockout : Chris Paul contre Rajon Rondo. CP3 aurait refusé de venir à Boston pour sa dernière année de contrat. D’après Allen, le trade ne s’est pas réalisé pour une autre raison : Doc Rivers est le mentor du coach de New Orleans, Monty Williams, et ne voulait pas lui imposer ça. Ray-Ray en place une pour Glenn, puisque la suite des événements va être incompréhensible pour lui. Le trade échoue, et l’actuel coach des Clippers décide de construire l’attaque autour de Rondo, comme pour le récompenser de son comportement discutable. Dans sa dernière année de contrat, en 2012-13 avec les verts, Allen avait alors de quoi s’inquiéter :

« La saison suivante [2012-13, ndlr], ma dernière sous contrat, était de loin la plus stressante. Cela en est venu au point où Rondo ne voulait même plus me faire de passes. »

Sugar Ray commence alors à être sur le banc de temps à autres, au bénéfice d’Avery Bradley. Son importance décroit, à tel point qu’Ainge a failli échanger Allen contre O.J. Mayo, à Memphis à cette époque. Cela aurait même dû se faire, puisque le coach et le GM de l’arrière All-Star par dix fois l’avaient appelé pour lui dire qu’il partait dans le Tennessee. Cela ne s’est pas fait, pour une histoire de deadline non respectée. Même s’il reste alors un membre des Celtics, la situation est anxiogène à souhait à cette époque pour Jesus. La tension entre ce dernier et RR a atteint son paroxysme un soir d’avril 2012, lors d’un match à Indianapolis. Dans le vestiaire, après le match, les deux joueurs s’alpaguent. Rondo prétend qu’Allen est jaloux de lui, ce qui amène à une conversation animée :

RA : « Arrête de dire des conneries à tout le monde dans l’équipe. »

RR : « Je vais te faire partir d’ici cet été. »

Dans l’avion du retour, Ray-Ray aurait essayé d’aller parler au meneur pour essayer de régler le problème. Il a été reçu par une volte-face, et un :

« Il me reste 11 matchs à jouer avec toi, puis cela en sera terminé. »

Effectivement, cela en était donc terminé de Ray Allen à Boston en 2012. Il est parti en direction du Heat, soit l’équipe championne en titre. Miami réalisera d’ailleurs le repeat, en étant champion NBA en 2013, avec le fameux tir de Jesus dans le corner droit à trois points. Moment maudit pour tout fan des Spurs, plus gros shoot de la carrière de Jesus. Il sera donc le seul et l’unique, parmi les joueurs majeurs de la bande à Rivers de l’époque, à avoir gagné deux bagues. À moins que Perk (improbable), Baby (impensable) ou Rajon Rondo ne trouvent l’occasion d’en gratter une en fin de carrière. Ce dernier n’a que 32 ans, donc il a encore le temps. L’incroyable passeur qu’est le joueur actuel des Pelicans n’est pas le caractère le plus facile à manager. Ménager la chèvre et le chou, c’est important avec lui. Il a un QI basket incroyable, indéniable, qui le pousse à donner son avis tout le temps sur les situations de jeu, ce qui peut en agacer certains. Particulier, le Rajon. Sur un terrain, une tête à claque, mais un talent fou. En dehors, il ne reste peut-être que la première de ces deux caractéristiques. Il aura donc joué six saisons aux côtés du futur Hall of Famer.

En leur sein, de bons moments se sont déroulés, mais en majorité, leur relation se résume en un feud, un conflit, des empoignades, des engueulades. Vraisemblablement, le départ de Ray-Ray au Heat n’aura rien fait pour arranger les choses entre les deux hommes. La rancœur est toujours présente, chez le plus âgé d’entre eux, mais également chez le plus jeune. Alors qu’on aurait pu penser à une réconciliation il y a quelques mois, le livre de Jesus (pas la bible hein) remet le feu aux poudres. RR, qui a une bouche au moins aussi grande que le territoire du Massachusetts, ne s’est donc pas privé pour réagir aux propos qui sont sortis sur lui, émanant du bouquin du désormais retraité des parquets. Dans la réponse qu’il a donné à Gary Washburn du Boston Globe, provocation, trashtalking et finesse sont au rendez-vous. Du Rajon Rondo dans le texte :

« Il veut juste attirer l’attention. Il faut que le livre se vende. Toute la visibilité qu’il a, il la doit seulement à mon nom. Je dois toucher un pourcentage [sur les ventes, ndlr], ou quelque chose comme ça. »

« Évidemment, ce mec est touché. Je ne sais pas si c’est financièrement, ou si c’est mentalement. Il veut rester dans le coup. Je suis qui je suis. Je n’essaye pas d’être quelqu’un que je ne suis pas. Je ne peux pas dire la même chose de lui. Il cherche de l’attention. Je suis un meilleur être humain que cela. Je suis responsable de mes actes. Certaines choses arrivent dans la vie, et je m’affirme face à elles. Mais lui, il a un tout autre agenda. […] Il est retraité depuis je ne sais combien d’années, et maintenant il revient en sortant un livre. Les gens font ça dans les cas où ils ont besoin d’argent. Il aurait dû m’appeler et me demander un prêt, ou quelque chose comme ça. C’est sans rancune. »

Vraiment Rajon, sans rancune ? Alors, ironie, sarcasme ou sincérité dans les propos de Rondo, on ne sait pas. Toujours est-il qu’en réagissant, il fait de la pub au livre de Ray Allen. Ce dernier, qui sort dans une semaine, retrace donc l’animosité persistante entre Jesus Shuttlesworth et Johnny, et tant d’autres choses sur la carrière de l’arrière, futur Hall of Famer. Pour la grande réconciliation tant attendue des Celtics de la fin des années 2000, du début des années 2010, il faudra repasser. Ray-Ray se livre sans concessions dans From the Outside: My Journey Through Life and the Game I Love. Bien que retraité, on n’a pas fini d’entendre parler de Sugar Ray.

Sources texte : sportingnews.com, Boston Globe, nbcsports.com

1 Comment

1 Comment

  1. DurantTheRealMVPNorajAlexandreGiovanniWestbrickriders

    20 mars 2018 à 20 h 24 min at 20 h 24 min

    *Glen(n) Rivers

    Fuuuuuuuuuusion !

    *Ray en place une pour Glen(n):

    « Ce gars-là était plus gros que Raymond Felton,vous vous rendez compte ?Et ça n’a fait qu’empirer… »

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