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Rudy Gobert ne croit pas au tanking : au Jazz, on va directement au front, pas dans un tank

Rudy Gobert

Le tanking ? Rudy n’a pas besoin d’un tank pour partir faire la guerre, il en est déjà un.

Source image : NBA League Pass

Lors du départ de Gordon Hayward aux Celtics à l’été dernier, la saison 2017-18 du Jazz aurait pu s’apparenter à une galère pendant 82 matchs. Utah aurait pu passer une année tranquillou à essayer de développer des jeunes, échanger des gros joueurs pour avoir des pépites ou des tours de Draft en échange. Ils auraient pu finir l’exercice actuel dans la course au tanking, autour de 25 victoires. Mais ce n’est pas le cas, loin de là, ce qui ravit Rudy Gobert.

On commence à le connaître un peu, le caractère de notre Rudy national. Focus, exigeant, compétitif, Gobert sait ce qu’il veut. Et ça se définit en un mot : gagner. Que ce soit avec les meilleurs vétérans de la Ligue ou un core de jeunes joueurs autour de lui, il veut vaincre. Pourtant, au début de cette saison, on ne donnait pas cher de la peau des Mormons. Leur représentant en chef, franchise player depuis quelques années, les quittait pour rejoindre Boston et la Conférence Est. Quand une équipe perd son élément essentiel, a priori, cela se complique pour elle par la suite. Le début de l’exercice 2017-18 va dans ce sens. George Hill s’en est également allé, Exum est blessé, Rubio sort d’une saison moyenne et doit reprendre la mène. Certains vétérans, comme Babac, ne sont plus là. Cela donne un bilan de 19 victoires pour 28 défaites peu après la mi-saison. De quoi laisser le Jazz loin du grand orchestre de la postseason. De plus, en février, deux grands noms partent de la ville du Grand Lac Salé : Rodney Hood et Joe Johnson. Un aveu de faiblesse, une amorce de tanking ? Point du tout, ma p’tite dame. Ça a récupéré du bon vétéran à la Jae Crowder dans ces affaires.

Puis Salt Lake City retrouve un Rudy Gobert healthy aux côtés d’un Donovan Mitchell flamboyant. Mais surtout, l’état d’esprit de gagnant est toujours là. De quoi repartir comme en quarante. À l’heure où Utah vient de signer le fils d’un des symboles de cette mentalité, David Stockton, fils de John, le leitmotiv de l’organisation du Mormon State n’a jamais été aussi fort : Hasta la victoria, siempre. Non, Che Guevara n’est pas le GM du Jazz, et le commandant n’est pas Nathalie Cardone. Mais Dennis Lindsey et Quin Snyder ont inculqué de superbes valeurs à leur équipe : l’éthique d’un sportif professionnel, qui se doit de tout faire pour gagner. Pour lui, pour son organisation, pour les fans. Mais aussi le travail acharné, la défense, la mentalité de winner. Toutes ces dernières correspondent à la façon de penser de Gobzilla, qui s’est exprimé sur le système et la façon de penser de son coach auprès de Sam Amick d’USA Today :

« [Quin Snyder] essaie juste d’apprendre aux joueurs comment faire des actions qui font gagner des matchs, pas seulement de bons systèmes de basketball, mais des actions gagnantes. Il apprend à chacun à aider l’équipe à gagner des matchs. Beaucoup d’équipes sont très fortes pour ce qui est de travailler les skills, ou la puissance. Mais si vous voulez gagner, vous devez apprendre aux joueurs comment gagner. C’est pourquoi je ne crois pas au tanking, et toutes ces choses. Je crois que tu apprends comment gagner en gagnant. Tu n’apprends pas à gagner en faisant exprès de perdre pour obtenir un joueur de 19 ans que tu n’as jamais vu jouer auparavant. »

Finir 14èmes à l’Ouest, drafter à la pelle et attendre pour espérer construire un projet et une mentalité, en mettant des années à ne serait-ce que retourner en Playoffs, très peu pour Rudy. Pourtant, le Français n’a que 25 ans, et une bonne partie de sa carrière devant lui. Mais ce n’est pas le style de la maison. Gobert a connu une saison chez le Jazz qui s’apparentait à du tanking. C’était lorsqu’il était rookie, en 2013-14. L’équipe était jeune, avec Hayward, Favors et Kanter en développement, de même que le duo Smecta Burke-Burks. Cela donnait seulement 25 rencontres remportées cette saison-là, dont quatre sur les vingt-quatre derniers matchs. De quoi finir 27ème équipe de la Ligue, et drafter en cinquième position l’été suivant (ce qui a donné Dante Exum). Voilà un épisode qui a dû marquer The Stifle Tower, qui a dû se promettre de ne jamais avoir à revivre ça. Sa mentalité et son moral à toute épreuve ont entraîné l’équipe dans une spirale positive, puisque dans la saison « de transition » sans Gordon Hayward, Utah est cinquième à l’Ouest, après une remontada de l’enfer et une série folle de 21 succès pour seulement deux défaites. Tout rentre dans l’ordre chez les Mormons. Le prospect de Draft de 2014, l’Australien Dante Exum, est d’ailleurs de retour, de quoi compléter un roster qui tourne déjà bien. Sept joueurs internationaux, des jeunes et des vétérans, des cultures diverses, mais bien une commune : celle de la gagne.

Elle est bien sûr incarnée par Rudy Gobert, qui est en train de poser un mois de mars de fou furieux : 19,3 points à 69% aux tirs, 13,7 rebonds et 2,4 bâches par match. Utah en est à 40 victoires pour 30 défaites, il ne reste que 12 matchs à jouer pour la ville du Grand Lac Salé. Gobzilla en a déjà joué 44. Si vous faites un petit calcul, vous tombez sur 56 matchs potentiels pour Rudy. De quoi essayer d’entrer dans les clous pour prétendre à être défenseur de l’année, même s’il a déjà raté 26 confrontations cette saison. Ce titre honorifique ferait sans doute plaisir à Gobert, qui le revendique. Cependant, l’essentiel est ailleurs : le Jazz déroule sa partition parfaitement en cette fin de saison, ce qui pourrait bien le conduire au grand théâtre des Playoffs. Une scène sur laquelle le collectif huilé et solidaire de Quin Snyder pourrait bien faire jouer des fausses notes aux autres orchestres de l’Ouest. Avec une pareille armada défensive (seulement 99,8 points encaissés par match), il y a de quoi faire. De surcroît, le style de jeu en postseason correspond bien à Utah : plus dur, plus lent. Cela signifie moins de possessions à jouer, de quoi tomber dans le registre musical bien hardcore des hommes de Quin Snyder. Ces derniers n’encaissent que 94,2 points toutes les 100 possessions, soit le meilleur total en NBA.

Malgré le départ de Gordon Hayward, le Jazz ne s’est pas laissé abattre. L’éclosion de Mitchell, dans la course au ROY, puis le retour de Rudy ont été prépondérants pour ne pas perdre cette mentalité de gagneur inculquée par Quin Snyder. Malgré les galères, ils n’ont pas lâché, et c’est en train de payer. Avec du travail, de la rigueur, de l’envie et de l’application, Gobert devrait mener sur ses larges épaules son crew de spartiates, morts de faim, vers les joutes printanières. Gobzilla est prêt à faire la guerre, attention aux ravages.

Source texte : USA Today

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