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Matt Barnes a noyé le poisson : après une explication, ça va mieux entre lui et Derek Fisher

Matt Barnes Derek Fisher

Matt faisant un bisou à Derek, valable en 2011, valable aujourd’hui. Entre les deux, c’était plus des beignes que des baisers à la Blanc/Barthez.

Source image : blacksportsonline.com

Tout jeune retraité à 38 ans, cela fait un moment qu’on n’a pas aperçu Matt Barnes avec son jeu et son comportement si dirty caractéristique sur les parquets NBA. Célèbre pour son franc-parler et son caractère rappelant un brawler de saloon, nombreux sont ceux qui se souviennent de son altercation avec Derek Fisher, l’ancien rigolo coach des Knicks, en octobre 2015. Presque deux ans et demi après, l’ancien ailier est revenu sur cet épisode et sur une des situations les plus ubuesques de la NBA ces dernières années, qui semble enfin apaisée.

Un bref rappel des faits et de l’historique s’impose, pour comprendre à quel point la réconciliation entre Barnes et Fisher paraissait inconcevable il y a peu. Retour en 2015. L’élément central du conflit entre les deux hommes est la famille de l’ancien joueur des Clippers : son ex-femme, Gloria Govan, et ses jeunes jumeaux, Carter et Isaiah. Matt s’est séparé de sa compagne il y a déjà quelques temps, et joue à cette époque aux Grizzlies. Derek Fisher est lui, en 2015, le coach des New York Knicks. Il est important de rappeler que les deux joueurs ont été coéquipiers, lors du passage de l’ailier polyvalent aux Lakers, entre 2010 et 2012. Au mois d’octobre, Fisher, alors dans la Big Apple, décide d’aller passer un week-end auprès de… Gloria Govan, l’ex-femme de Barnes. Cela fait quelques mois que Fish et Govan se côtoient, et pas uniquement pour taper un Monopoly. La jeune femme vit alors avec ses deux fils jumeaux à Santa Barbara, dans la maison dans laquelle vivait Matt également avant leur séparation. C’est dans ce même lieu que Derek s’est rendu (sans le dire à aucun membre des Knicks) pour passer le week-end en compagnie de Gloria.

À cette époque, bien que séparés, Barnes se doute que son ex-femme côtoie Fisher, mais ne sait pas qu’il est chez elle, là ou il vivait avant (oui, oui, ça ressemble bien à un épisode à la con de Plus Belle la Vie). Carter, le fils du champion NBA avec les Warriors, écrit à son père à 22 heures le samedi soir. Ils s’appellent, et le jeune garçon dit à son père que « le copain Derek de maman est à la maison« . Cela ne fait qu’un tour dans la tête de Matt Barnes, le sanguin. Ni une ni deux, il prend sa voiture, parcourt près de 160 kilomètres entre Los Angeles et le domicile de Govan, et il tombe sur… Derek Fisher. S’en suit une altercation vocale et physique entre les deux hommes. Fish s’échappe et prévient la police, ce qui lui vaudra l’étiquette de snitch [balance, ndlr], prodigué par Barnes. Ce thriller à trois s’est poursuivi dans la presse, Matt s’exprimant beaucoup, et Fish essayent de calmer les tensions. Résultat ? La NBA a donné deux matchs de suspension à l’ailier. Il y a eu des retrouvailles coach vs joueur, mais pas plus de tensions que cela par la suite, l’apaisement venant peu à peu (même si Derek a bizarrement eu un bel accident il y a moins d’un an, avec une voiture au nom de Matthew Kelly Barnes…) Deux ans et demi après cette bagarre, c’est ce qu’a confirmé Matt Barnes, en interview avec Chris Broussard de Fox Sports :

Broussard lui a demandé comment s’est passé le processus de réconciliation, de pardon entre les deux :

« Vous savez, mon ex et moi sommes séparés, nous avons terminé la procédure de divorce [en 2016, ndlr]. Je pense donc que la situation est bonne maintenant. Donc je n’étais plus amoureux d’elle. Je l’aime bien, je l’apprécie toujours, elle est la mère de mes enfants. De ce point de vue, il y aura toujours de l’amour. C’est quelqu’un avec qui j’aurais aimé continuer de grandir, mais qui n’est plus là. Il faut savoir qu’on est séparés, c’est important, parce que les gens disent : ‘Tu es jaloux, Derek te l’a volée [ta femme, ndlr]’… Ce n’était pas ça. Ça a un rapport avec ça, mais c’était plutôt qu’il était autour de mes enfants, sans me le dire. Il est dans la maison pour laquelle j’ai payé, tout d’abord avec mon ex, qui est… peu importe. Mais il est surtout autour d’Isaiah et Carter. Et il sait, il sait parce qu’on était coéquipiers, à quel point mes garçons comptent pour moi. Je veux dire, on était coéquipiers quand même. C’est de ça qu’il s’agit.

Donc quand je l’ai approché – parce que je l’ai vu plusieurs fois par la suite [après l’altercation, ndlr] – il n’y avait pas de conversations. Il regardait au sol ou ailleurs, il partait ou faisait autre chose. […] On ne parlait pas. Il était aux matchs de mes enfants, parce que lui et mon ex sont toujours ensemble. Donc il est aux matchs, il est là, on ne se parle pas, et je me dis : ‘Il va falloir qu’on parle quand même’. […] Il n’y avait pas de conversations. Alors que je l’avais accepté, c’était comme ça, je n’allais pas les éloigner l’un de l’autre. On s’est battus, et ça s’est passé comme ça. Je le voyais autour de mes enfants, ça m’a fait réagir. Ils me disaient ‘Papa, on veut que toi et Derek soyez amis, c’est un bon gars’. Je savais, en dehors de cet épisode, que le gars est cool, on était coéquipiers, c’est clair que c’est un bon gars. Donc le fait que mes garçons l’aiment bien, ça m’a poussé à essayer. J’ai essayé sept à dix fois, ça n’a pas marché.

Donc une fois, après le match de football [américain, ndlr] de mes fils, je l’ai arrêté, mon ex était là aussi. Je l’ai pris à part, je lui ai expliqué pourquoi je voulais qu’on se batte. Il l’a compris, il s’est excusé, je me suis excusé qu’on en soit venus aux mains, mais ça s’est passé comme ça s’est passé. Comme je lui ai dis, ‘ce n’est pas le fait que tu sois avec mon ex, mais que tu sois dans ma maison avec mes enfants, et que tu ne me le dises pas.’ […] Maintenant, c’est cool entre lui et moi, en fait je communique mieux avec lui qu’avec mon ex. Je veux qu’ils soient heureux, c’est à propos de mes enfants maintenant. S’il rend mes enfants heureux, je suis heureux. Il y a une chose vraie, c’est qu’il voit plus mes enfants que moi. Je lui ai dit ‘tu es la principale figure masculine dans leur vie. Donc tu dois leur apprendre à comment devenir des hommes, leur donner de la discipline.’ Je lui ai donné beaucoup de considérations malgré tout ce qu’il s’est passé, je lui donne beaucoup de respect de ce point de vue. ‘Quand je ne suis pas là, c’est toi l’homme de la maison,’ lui ai-je dit. Comme je l’ai dit, je veux juste qu’ils soient heureux, et faire tout ce qui est possible pour que mes enfants aient la meilleure enfance possible, et qu’ils grandissent en devenant des bons hommes, productifs. »

En mode peace and love, le Barnes. Contre toute attente, les deux hommes, respectivement âgés de 38 ans pour Matt, et de 43 ans pour Derek Fisher, se sont expliqués, compris et réconciliés. Quand on connaît le caractère du bagarreur qu’est l’ancien ailier, et celui qu’on qualifiera de « malin » de l’ancien guard clutch des Lakers, on pourrait ne pas y croire. Cependant, ils ont réglé ça d’homme à homme, et les enfants de Barnes, de leur jeune âge, ont aidé à la résolution du conflit. La carrière des deux hommes est terminée en tant que joueur, sans doute de quoi assagir le plus jeune d’entre eux, qui faisait régulièrement partie du classement des joueurs qui prenaient le plus de fautes techniques et d’expulsions dans la Ligue. Avec environ 375 000 dollars d’amendes sur toute sa carrière en NBA, il n’était pas en reste pour les coups en douce, on le recrutait même pour cela dans certaines des neufs franchies dans lesquelles il est passé. Sa fin, en tant que champion NBA avec les Warriors en 2017, avant de prendre sa retraite, est plutôt sympathique. Fisher, lui, cherche désespérément un poste sur un banc, dans un front office, mais n’en a pas retrouvé depuis ses deux magnifiques saisons à la tête des Knicks, couronnées d’un bilan Smecta de 40 victoires pour 96 défaites. Même s’il ne l’avoue pas vraiment, ou qu’à demi-mot, cette histoire avec Matt Barnes aura sans doute terni sa réputation, puisqu’il ne s’était pas rendu à l’entrainement le lundi suivant ce sombre week-end d’octobre 2015, « à cause d’un souci d’avion » paraît-il. Une faute assez grave, qui dénote pour certains d’un manque de professionnalisme, alors que c’était une de ses grandes qualités en tant que joueur. Et on ne peut pas dire qu’il ait fait preuve d’un grand talent sur le banc de New York. Fisher y était au moins aussi bon que dans Danse avec les Stars.

Entre Barnes et Fisher, on s’est déchirés. Ceci dit, à l’initiative du plus extravagant d’entre eux, ça a discuté, ça s’est pardonné, et même rabiboché. Deux ans et demi après, la tension est retombée, et on peut tirer une croix sur cet des épisodes les plus malsains de la Ligue ces dernières années. La hache de guerre est enterrée entre deux bons vétérans, aujourd’hui tout deux retraités des parquets. Reste à voir si les deux loulous ne formeraient pas un duumvirat au poste de head coach d’un franchise NBA.

Source texte : Twitter/@FOXSports

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