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Dirk Nowitzki contredit Cuban : le géant des Mavs ne veut pas passer ses derniers mois à perdre

Dirk Nowitzki Mavs

« Ich bin Wunder Kid, und ich will spielen ! »

Source image : Youtube

Chez les Mavericks depuis 1998, Dirk Nowitzki est sur le point de conclure sa deuxième décennie complète dans le roster de Dallas. Malheureusement pour le Wunder Kid, cela ne se passe pas très bien cette saison : 19 victoires – 42 défaites, un bilan qui pourrait pousser au tanking. Mais contrairement à son propriétaire qui l’assume complètement, l’Allemand ne veut pas de ce mot ni de cet état d’esprit au sein de sa franchise.

Hier soir, Dallas s’est enfin imposé, après quatre défaites d’affilée. En défaisant les Pacers à domicile 109 à 103, les joueurs de Rick Carlisle offrent une bouffée d’air frais à toute l’organisation texane. Elle est perpétuellement à la une de l’actualité cette dernière semaine, notamment à cause de son ancien CEO Terdema Ussery, qui a été remplacé par Cynthia Marshall, une ancienne exécutive d’AT&T. Elle assurera l’intérim, en promettant une tolérance zéro sur les lieux de travail. Marshall permet de mettre un léger pansement sur la plaie énorme du scandale des comportements déplacés et pervers révélé par Sports Illustrated. Comme si cette triste affaire au sein de l’organisation n’avait pas suffi, Mark Cuban, le propriétaire de la franchise avait enchaîné, continuant la semaine galère des Mavericks. Dans le podcast de Julius Erving, le milliardaire a tout simplement déclaré publiquement que son équipe « tankait ». Pratique interdite par la NBA, il s’est vu infliger une amende somme toute insignifiante pour lui, 600 000 dollars. Comme lorsque tu prends une prune pour stationnement de 25 euros quand t’es smicard. La victoire d’hier soir contre les Pacers met donc fin à une suite d’événements infortunés pour Dallas. Au milieu de tout cela, Dirk Nowitzki, le visage de la franchise essuie les plâtres, entre interviews d’apaisement, demandes d’excuses, et les frasques de son propriétaire. En revanche, l’Allemand, en tant que grand compétiteur, ne peut décemment laisser passer les propos de Cuban, et semble obligé de prendre les devants sur le prétendu tanking des Mavericks en cette fin de saison. Il s’est exprimé dans les vestiaires, lieu emblématique et préservé de l’organisation texane, après le match d’hier soir, au micro de Tim McMahon d’ESPN :

« Ici, on ne veut pas vraiment d’une culture qui consiste à abandonner, démissionner et ne pas jouer dur. Je pense que cela dicte juste le mauvais ton pour l’avenir. Je pense que c’est important pour nos jeunes gars d’apprendre comment rivaliser et comment être compétitifs tout le temps, en jouant dur. Tu joues dur pendant tes minutes. C’est le seul moyen de s’améliorer. C’est la seule façon de jouer dans cette Ligue, et peu importe ce qu’il se passe après la saison, on partira de cette base. Mais en ce qui concerne le présent, il faut jouer dur pendant ses minutes, et jouer pour gagner. »

Bim, Dirk a parlé. Il n’est pas venu là pour cueillir des pâquerettes et regarder le money time du banc à chaque match, l’ami Nowitzki. Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir pris le contre-pied des propos de Cuban. Alors que la pratique du tanking nécessite souvent de laisser ses meilleurs joueurs sur le côté et de « développer ses jeunes » en les faisant jouer 40 minutes par match, Rick Carlisle n’en a cure. Sur les deux dernières confrontations des Mavericks, le cinq majeur (Barea, Smith Jr., Matthews, Barnes et Nowitzki) a joué un peu moins de 30 minutes en moyenne contre le Jazz, et un peu plus que cette barre contre les Pacers, avec Powell qui remplaçait Jean-José Barea. Autant dire que le fighting spirit de l’effectif Texan n’a pas disparu, et la volonté de son coach non plus. Toujours pas convaincu que les Mavericks jouent leurs confrontations à fond la caisse (sauf pour Dirk qui doit courir moins vite que Salah Mejri portant Yogi Ferrell sur son dos) ? Et bien, il suffit de regarder le comportement des autres franchises susceptibles de tanker par rapport à Dallas, et cela apparaît assez évident. Si l’on prend les neufs pires bilans de la Ligue (Suns, Kings, Grizzlies, Mavericks, Hawks, Magic, Nets, Bulls et Knicks), c’est bien l’équipe de Dirk qui a le moins de volonté de tanker, hormis les Nets, qui n’ont plus leurs picks pour la Draft 2018 (mais quel management sublime), mais dont les résultats ne sont pas éclatants. Une statistique est très parlante : avant la victoire d’hier à l’American Airlines Center, ces neufs équipes combinées avaient perdu 35 matchs de suite, à part les Nets qui ont battu les Bulls au Barclays Center hier soir (vous voyez, les Nets ne tankent vraiment pas…). En sachant que les bilans sont très serrés (18-44 pour Phoenix, 30ème de la Ligue, 20-40 pour Chicago, 23ème de la NBA), chaque victoire éloigne un peu plus une de ces équipes d’un potentiel first pick à la Draft en juillet. Si les Mavericks voulaient vraiment tanker, ils n’auraient pas lancé toutes leurs forces dans la bataille contre Utah, et auraient laissé Indiana s’imposer. On comprend la volonté du coach de Dallas et de Nowitzki de ne pas perdre volontairement, en sachant que la lutte est rude pour obtenir les pires bilans possibles, en sachant que le 30ème aura 25% de chances d’obtenir le premier choix de draft 2018. Le 29ème aura, quant à lui, 19,9% de probabilités de le décrocher, et ce sera seulement 15,6% pour le 28ème.

Autant dire que le jeu n’en vaut pas la chandelle pour Dallas, tant les probabilités sont faibles. Le tanking de Cuban ? Très peu pour Nowitzki qui préfère se concentrer sur la fin de la saison, peut-être sa dernière (il lui reste un an de contrat en team option). Le développement des jeunes et les victoires, aussi insignifiantes soient-elles pour la course aux Playoffs, restent les priorités pour le Wunder Kid. Histoire au moins de finir avec les honneurs si c’était son dernier tour.

Source texte : ESPN, NBC sports

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