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Tony Allen versus Josh Huestis : que doit privilégier le Thunder dans sa conquête cette année ?

huestis allen
Source image : YouTube

Après la blessure d’Andre Roberson, victime d’une rupture du tendon rotulien, le Thunder devait combler en défense. Combler avec ce qu’il avait, faute de mieux. Aujourd’hui, OKC a la possibilité de se tourner vers Tony Allen, vraie option pour la franchise de Sam Presti. Alors, pourquoi attendre ? 

Le débat est là. Regarder dans sa formation et choisir Josh Huestis, ou regarder ailleurs et se tourner vers Tony Allen. Non, ne parlons pas d’Alex Abrines et de Terrance Ferguson. Alex est bon offensivement et du parking (quoique, il choisit ses matchs) et T-Ferg est un back-up intéressant niveau athlétique à développer. Mais en aucun cas, ces-deux là doivent devenir starters, et Billy Donovan l’a bien compris (du moins, on l’espère). Leur défense n’est pas assez développée, et l’ami Melo gère suffisamment bien sa part du boulot pour laisser en plus en face le poste de shooting-guard de libre. On se retrouve donc dans un duel potentiel entre Huestis et Allen. Duel qui ne devrait même pas réellement exister, si l’on tient compte à proprement parler de cela, car Allen ne joue pas à OKC. Du moins, pas encore, car les choses pourraient bouger. Mais alors, à qui le GM et le head-coach d’Oklahoma City devrait faire confiance ?

Josh Huestis, la jeunesse, le coté athlète

La grosse différence avec Tony Allen, c’est l’âge. Tout comme Roberson, il a 26 ans, mais ce n’est que sa troisième saison. Il évoluait auparavant en G-League, et s’était fait remarquer par sa régularité ainsi que ce package so Thunder de qualités athlétiques avec une envie naturelle de défendre. Remise en situation ? Thabo Sefolosha était le titulaire au poste 2 à OKC de 2008 à 2014. Andre Roberson a alors appris pendant un an à ses côtés, de 2013 à 2014. Au départ du Suisse, c’est donc Dre qui a pris la place de titulaire d’arrière, formant ainsi le nouveau backcourt d’OKC avec Russ. Pendant ce temps-là ? Huestis regarde les matchs du Thunder en survêtement : 5 matchs joués en 2015-16, 2 en 2016-17. Puis soudain, 53 en 2017-18, pour 3 présences dans le starting five. On pourrait parler d’un rookie, voire d’un sophomore, mais non, il est désormais considéré comme un vrai joueur. Cette année, il ne tourne peut-être qu’à 2,2 points (33,1% au tir), 2,3 rebonds et 0,7 contres en 14,5 minutes, mais Huestis apporte plus que du chiffre, comme Dédé Roberson. Plutôt grand mais surtout longiligne pour un guard, ce qui est vraiment pratique en défense, sa capacité à contester voire blocker le shooteur adverse est précieuse. Alors certes, ce n’est pas un défenseur du calibre de Dre, mais les deux hommes s’entraînent régulièrement ensemble et ont surtout le même coach ou plutôt assistant coach en Royal Ivey. Un entraîneur adjoint qui les connaît très bien, puisqu’il a également coaché le Blue d’OKC.

Ce qui est intéressant de voir, tradition oblige, c’est que selon DraftExpress, référence en terme de prospects NBA, les scouts comparaient même Huestis à Sefolosha quand il était encore joueur à OKC, dans le sens où Josh peut bloquer plusieurs postes et positions, mettant quelques shoots ouverts et aidant pour la circulation du ballon. Faire confiance à Huestis, c’est faire confiance à la formation maison, et surtout à ses coachs qui le connaissent par cœur. Un exemple ? Face aux Warriors récemment, il a posé le verrou dès le début de la rencontre, porté par une équipe soudée qui a fait la même chose. Résultat, un Klay Thompson aux aboies, 12 points à 5/13 au tir donc 2/6 du parking. Mais l’un des problèmes de Josh Huestis, qui correspond finalement au Thunder et qui le caractérise bien, c’est son irrégularité. On saluait sa constance dans la ligue de développement avec le Blue, chose qu’il n’arrive pas à reproduire dans la ligue majeure, faute d’assurance sur le terrain. Du coup on peut se poser la question suivante, ne serait-ce pas un risque à l’approche des Playoffs ? Les séries qui demandent un haut niveau de régularité et non une grosse perf sur un seul match ? C’est ce à quoi voudrait remédier OKC en prenant Tony Allen.

Tony Allen, la sagesse, le côté expert

Il a 36 piges. Oui, ça peut faire peur au premier abord. C’est l’une des grosses différences avec Josh Huestis. Mais l’âge ici est clairement un avantage pour Tony Allen. Pourquoi ? Car autant il y a la possibilité de développer Josh Huestis et c’est une belle perspective (si tant est que ça marche, et ça c’est pas sûr), autant le retour de Roberson pourrait créer un embouteillage. On rappelle qu’Andre reviendra sur les parquets dans quelques mois et sera sous contrat, certains ont tendance à l’oublier. L’avantage de choisir Allen, c’est qu’il peut être performant tout de suite. Dès que Roberson revient, il prend tranquillement le rythme jusqu’à ce qu’il soit à 100% et reprenne sa place de titulaire, moment qui désignera le départ d’Allen. Et là est notamment l’avantage avec Allen, pas besoin de le développer, demande d’efficacité immédiate dans une saison où le Thunder souhaite aller loin.

Tony apporte évidemment son expérience. Son total des gros matchs, ses souvenirs des Playoffs. Champion 2008 avec les Celtics, la pression il connaît. Le Thunder pourrait donc non seulement se baser sur un gars qui a de l’âge dans la NBA, mais qui a de l’âge dans les Playoffs. Et ça, c’est fortement précieux à l’aube de joutes décisives pour OKC. Mieux encore : il n’a pas non plus besoin de fort temps d’adaptation, ou de manières venant du staff pour être inclus dans les plans locaux. Un contrat court, au minimum vétéran, quelques minutes de jeu et il est refait. C’est le grand avantage d’un vétéran qui se sait et ne s’invente pas de nouvelles spécialités. Dans le jeu ? C’est simple. Offensivement, on ne va pas se le cacher, ce n’est pas incroyable. Allen n’a jamais été et ne deviendra pas la sécurité offensive qu’OKC peut imaginer. Certes, 47,5% au tir dans sa dernière année à NOLA, 46% à Memphis en 2016-2017, et 47,5% en carrière. Seulement, derrière l’arc, c’est 28,2% en carrière, 27,8% dans sa pleine saison à Memphis en 2017. Soit 9,1 points à Memphis en 2016-2017 et 4,7 points à New Orleans cette saison. Evidemment, son truc, c’est la défense. Son armoire à trophées est fabuleuse : trois fois dans la All-Defensive 1st-Team (2012, 2013 et 2015) et dans la All-Defensive 2nd Team (2011, 2016 et 2017), ça pèse. Et objectivement, ça pourrait très bien le faire avec un 2-way player comme Paul George l’est. En rajoutant Tony Allen à cette équipe, Le Thunder continuerait à proposer l’une des meilleures défenses de la ligue.

Rien ne dit que PG et Carmelo vont rester à l’avenir, rien n’est sûr. Le but pour OKC avec ce potentiel recrutement, où est-il ? Il est dans la conquête du titre cette année. Alors quitte à prendre un risque, pourquoi ne pas le prendre jusqu’au bout. Sam Presti nous a fait rêver l’été dernier, avec ses coups de maître durant les trades des deux All-Stars. Autant tenter Allen, le Thunder n’a rien à perdre et n’y lâchera pas un bras, financièrement parlant. Si ça marche, tant mieux pour OKC. L’année prochaine, il aura 37 ans et prendra sa retraite après une dernière année réussie. Si c’est un échec, il n’y aura aucun regret et Presti aura tenté son coup de poker. Pendant ce temps-là, Josh Huestis continuera à se développer en espérant qu’il devienne une nouvelle pépite défensive régulière formée dans le coin.

Tony Allen semble être le bon choix, le meilleur choix. Il y a des paris à prendre quand on vise le titre, et celui-ci en est un. Ce serait évidemment la première année de Tony avec le Thunder, peut-être sa dernière, mais il se battrait corps et âme pour l’Oklahoma, lui qui a vécu les plus belles années de sa vie dans la région en étant plus jeune. On compte sur Sam Presti pour faire le meilleur choix. 

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